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Renaud Lavillenie Champion d’Europe !

Publié par Bertrand le jeudi 14 août 2014 à 15h55min, mis a jour le samedi 16 août 2014 à 17h52min - 2354 lectures

Athlétisme - Championnats d’Europe — Leader incontesté de sa discipline, le perchiste clermontois a remporté ce samedi 16 août son troisième titre consécutif de Champion d'Europe.

Renaud Lavillenie a décroché samedi son troisième titre de Champion d’Europe consécutif lors des championnats d’Europe d’athlétisme à Zurich. Déjà grand favori et en lice pour un 20ème victoire consécutive en compétitions et meeting, il est aussi très attendu après son record du monde indoor cet hiver à Donetsk. Il voulait conserver un titre obtenu à Barcelone en 2010 et conservé à Helsinki en 2012. Une performance qu’il a déjà réussi en salle avec trois titres en cinq ans.

Le clermontois affiche en tout cas toujours la même soif de victoires : « J’en suis friand, dit-il. Je n’ai pas l’intention de laisser le titre aux autres. C’est important. C’est le plus gros championnat de l’année. J’ai envie de me faire plaisir dans un stade pensé pour l’athlétisme. Et, être champion d’Europe, on ne s’en lasse jamais. »

En obtenant ce titre, il rentre un peu plus dans l’histoire en égalant la performance de l’allemand de l’est Wolfgang Nordwig qui restait le seul champion d’Europe sacré trois fois consécutivement, en 1966, 1969 et 1971.

Renaud Lavillenie vise aussi des objectifs complémentaires, comme celui de battre le record de la compétition. Le Russe Rodion Gataulin avait franchi 6 mètres lors de son titre en 1994 à Helsinki et personne n’a fait mieux depuis. Le clermontois avait échoué dans ses tentatives en 2010 et 2012 mais sait que c’est un objectif secondaire : « J’ai les moyens de tenter ce record et je peux légitimement ambitionner de le battre si les conditions sont bonnes. Mais il ne faut pas se tromper d’objectif. Il s’agit de remporter d’abord le concours. »

 Fraicheur physique et mentale

Pour bien préparer cette compétition, Renaud Lavillenie a profité d’un peu de répit après avoir répondu à des centaines de sollicitations. Après son record du monde, le nombre de demandes s’est considérablement accru. Avant ces championnats d’Europe, il a donc pu faire une pause loin des caméras et médias afin de retrouver tranquillement l’entraînement.

« Il y avait de la lassitude mentale et physique. Avec ces trois semaines qui viennent de passer, j’arrive détendu. On a pu faire un rappel de travail physique, ce qui est toujours bien, mais j’avais besoin avant tout d’une coupure mentale. J’ai connu huit à neuf semaines de sollicitations intenses. A l’entraînement, il n’y avait plus de caméra ou d’appareil photo et c’est important de se préserver une intimité professionnelle avec le coach et les partenaires d’entraînement. »

Son entraîneur Philippe d’Encausse confirme : « Ça lui a fait du bien de se ré-entraîner. Mais tout cela était bien programmé depuis le record du monde. On a vu qu’il y avait trois semaines de calme possibles avant Zurich, donc on s’est organisé en ce sens. Il était fatigué mais pas à plat. »

Le clermontois a ainsi retrouvé de la fraicheur physique mais aussi au top physiquement et de son aveu même « comme cet hiver. » Il s’est débarrassée des suites de sa blessure au pied contractée le soir de son record du monde : « Depuis un mois, je me sens totalement libéré de ma blessure, je n’ai plus aucune douleur. »

 Pas de vrai concurrent ?

A Zurich, Renaud Lavillenie ne semble pas avoir d’adversaires en mesure de l’inquiéter. Il détient la meilleure performance mondiale de l’année depuis le 18 mai et le meeting de Shangai (5,92m). Son premier poursuivant européen, le polonais de 21 ans Piotr Lizek, est 10 cm plus bas. Toutefois il progresse vite puisqu’il n’avait jamais fait mieux que 5,60m avant.

Ses concurrents Allemands ont eux déclaré forfait : Raphael Holzdeppe, champion du monde, est à court de forme, Björn Otto, médaille d’argent aux JO, est blessé et Malte Mohr, vice-champion du monde en salle, s’est justifié par des « problèmes techniques » alors qu’il était inscrit. Les allemands seront donc représentés par Tobias Scherbarth (28 ans), troisième performer européen avec une barre à 5,73m franchie à Phoenix le 24 mai dernier et qui constitue sa meilleure performance en plein air.

Konstadinos Filippidis, champion du monde en salle cet hiver, en l’absence de Renaud Lavillenie qui était blessé, n’a pas réussi à rééditer son saut à 5m80 depuis et n’a pas fait mieux que 5m62 en extérieur. Le tchèque Jan Kudlicka, médaillé de bronze aux championnats du monde en salle avec un saut à 5m80, a eu du mal à s’élever cet été pour finalement passer 5,72m début août à Ostrava.

On peut en revanche rêver d’un podium avec deux français, puisque Kevin Ménaldo a franchi 5,70m cet été et terminé deux fois sur le podium de la Ligue de Diamant. En revanche Valentin Lavillenie n’est pas là.

Cet absence de concurrents ne garanti pas pour autant le site à Renaud Lavillenie mais il a atteint une telle régularité qu’il semble pouvoir échapper à toute mauvaise surprise. D’autant que les conditions météo de l’été lui ont permis d’enrichir encore un peu plus sa panoplie en composant avec le vent, la pluie et même les deux à la fois. Il s’est à chaque fois imposé tout en restant dans des hauteurs que ses adversaires ont du mal à passer par grand soleil.

Aux championnats de France il avait aussi réduit sa foulée d’élan en cours de compétition. Une arme de plus : « C’est un grand changement, et ça va me servir pour Zurich. » Pour son titre à Barcelone il avait remporté sa dixième victoire consécutive, il vise samedi sa 20ème sans être pour autant rassasié : « Plus je gagne, plus je me rapproche de la fin de la série. Mais c’est intéressant de voir jusqu’où je peux la repousser. »

 Premier des qualifications

Renaud Lavillenie a franchi la première étape ce jeudi 14 août matin en se qualifiant pour la finale. Il l’a fait en franchissant une barre à 5,60m lors de son deuxième essai. Il termine ainsi en tête des qualifications-schline-result] et pourra défendre son titre en finale samedi (15h03).

Kévin Ménaldo sera lui aussi au rendez-vous avec une qualification à 5,50m. L’allemand Tobias Scherbarth a fait un zéro pointé mais l’Allemagne sera tout de même représenté Karsten Dilla. Piotr Lizek, Konstadinos Filippidis et Jan Kudlicka sont aussi qualifiés. Le tchèque a lui aussi franchi 5,60m.

 Une victoire en deux sauts seulement

En finale, Renaud Lavillenie a joué au chat et à la souris avec ses adversaires. Sûr de lui, le perchiste clermontois n’a en effet fait qu’un seul saut à 5m65 avant de faire l’impasse jusqu’à 5,80m.

Ses adversaires se sont eux affrontés sur ces barres en ne dépassant pas 5,70m. Une bataille qui apporta toutefois une satisfaction à la France, puisque Kévin Ménaldo s’était assuré la certitude de décrocher une médaille de bronze malgré un échec rageant à 5m75. Pawel Wojciechowski, ancien champion du monde mais oublié depuis, a lui décroché la médaille d’argent.

Quand tous ses adversaires furent éliminés, Renaud Lavillenie débuta réellement son concours. Seulement 4ème à ce moment là, il n’était aussi qu’à un saut réussi de la médaille d’or et de son troisième titre européen consécutif. Et ce fut une formalité. Le perchiste laissa passer le relais puis s’élança pour passer la barre à 5,80m dès le premier essai et retomber sur le tapis avec un grand sourire.

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Le saut victorieux

Après une petite course pour savourer le titre, il fonça vers son clan et Philippe d’Encausse pour savourer quelques secondes avant de fixer ses prochaines barres. Il manqua une première barre à 5,90m mais la passa ensuite facilement à son second essai.

Il a ensuite demandé 6,01m ce qui lui permettrait de battre le record des championnats et de repasser au dessus de 6 mètres ce qui ne lui est pas arrivé dans cet été à la météo exécrable. Malheureusement pour ses statistiques et les records il échoua mais l’important était assuré.


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois


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