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Le Tour de France 2014 de Romain Bardet

Publié par Bertrand le lundi 28 juillet 2014 à 11h58min, mis a jour le lundi 28 juillet 2014 à 12h04min - 1291 lectures

Cyclisme — Le coureur de Brioude a terminé le Tour de France à la 6e place et a longtemps porté le maillot blanc de meilleur jeune. Retour sur ses trois semaines de course.

A 23 ans, le coureur auvergnat Romain Bardet participait cette année à son deuxième Tour de France. Professionnel depuis 2012, le natif de Brioude avait terminé 15ème et premier français de sont premier Tour de France l’an dernier. Cette année il a encore fait mieux.

 Placé dans la première semaine

Traditionnellement les victoires sur les premières étapes du Tour sont réservées aux sprinteurs. Les étapes anglaises ne dérogent pas à la règle. Deuxième des deux premières étapes, Peter Sagan s’empare du classement du maillot vert du meilleur sprinter et du maillot blanc du meilleur jeune. Deuxième meilleur jeune, Romain Bardet endosse alors le maillot blanc. Une situation qui va se prolonger sur les étapes suivantes.

Cependant dans les pavés de l’étape 5 un petit groupe se détache avec dedans le jeune polonais Michal Kwiatkowski. Ce dernier termine 4ème de l’étape et prend la deuxième place au classement des jeunes avec 1m21 d’avance sur l’auvergnat. Un retard conséquent que Romain Bardet va grandement grignoter lors de la 8ème étape et l’arrivée dans les Vosges. Mais le polonais sauve son maillot et profite que le terrain ne soit plus favorable à Sagan pour prendre la tête du classement des jeunes. L’auvergnat remonte au classement général et n’a plus que 13 secondes de retard sur le polonais pour le classement des jeunes.

C’est finalement lors de la 10ème étape à La Planche des Belles Filles que Romain Bardet retrouve le maillot blanc. Il a alors 46 secondes d’avance sur Thibaut Pinot. Il grimpe aussi à la 4ème place au classement.

 La lutte pour le maillot blanc s’intensifie avec les montagnes

Dans la 13ème étape entre Saint-Etienne et Chamrousse, Romain Bardet grimpe sur le podium en profitant de la défaillance de Richie Porte, 2ème du classement général au début de la journée. Mais Thibaut Pinot est dans un grand jour et lui reprend 30 secondes. Dans cette première étape alpine, Romain Bardet sauve surtout son maillot blanc en s’accrochant à la roue de Tejay Van Garderen pour la dernière ascension.

A l’issue de l’étape, l’auvergnat pouvait toutefois être heureux d’avoir limité les dégats : « Je ne savais pas que cette année, le Tour passait par le Sahara. Peut-être qu’il y a eu des journées plus chaudes l’année dernière, mais pas avec des arrivées au sommet. Je crois que tout le monde a pris un coup sur le casque dans la dernière ascension. Alors au final, je prends la troisième place sur le podium, et je limite très bien les dégâts. Ce n’est pas une montée qui me correspond vraiment bien, elle est un peu trop roulante, alors je suis content de la façon dont je m’en suis sorti. Par rapport à Tejay Van Garderen, spécialiste du chrono, avec qui j’ai réussi à regagner du temps sur la fin, je manque de puissance pour ce type d’efforts. »

Dans l’étape suivante, Romain Bardet et son co-équipier Jean-Christophe Péraud distancent un temps Thibaut Pinot mais ne le décrochent pas. Finalement Bardet et Pinot font jeu égal dans la montée finale et arrivent dans la même seconde. S’ils ne se sont pas départagés dans cette étape, les deux jeunes français ont toutefois réussi à reprendre du temps à Valverde.

Le retour en plaine va permettre à Bardet de conserver son maillot encore quelques jours. Après l’étape arrivant à Nîmes, et avant la journée de repos, il calcule la difficile semaine qui l’attend :

« Pour l’instant le podium n’est pas un objectif. Il faut déjà que je puisse gagner du temps sur mes adversaires directs, en vue du contre-la-montre final où je risque d’en perdre. J’attends beaucoup des Pyrénées, car il y a des ascensions qui me correspondent mieux. Mais je n’ai pas une étape en particulier en tête. La première vient juste avant la journée de repos. Et les deux autres, à Hautacam puis au Pla d’Adet, ce sont à chaque fois des ascensions très difficiles pour des arrivées en sommet, et je ne peux pas en détacher une. Je ne me bats pas contre Thibaut, c’est un copain. D’ailleurs pourquoi pas termine tous les deux le plus haut possible ! »

 Bardet perd le maillot blanc dans les Pyrénées

Hélas pour Romain Bardet, la journée de repos ne va pas lui profiter et il coince dans la dernière ascension. Thibaut Pinot place une attaque à 4 km du Port de Balès et décramponne ses adversaires. Romain Bardet n’arrive pas à suivre et concèdera 1mn50 à la fin de l’étape. Il sort du podium et perd en même temps le maillot blanc.

De quoi être déçu tout en restant confiant : « J’étais bien pendant toute l’étape, et j’ai coincé dans la dernière ascension. J’ai été trop euphorique au pied et j’ai eu un coup de moins bien dans l’ascension. Il faut savoir gérer ses temps faibles. Je veux remercier toute l’équipe AG2R qui m’a aidé à ne pas perdre les pédales parce que mentalement, c’était vraiment très dur. Samuel Dumoulin m’a attendu, on a pu limiter dans la descente. Quand on cherche à attaquer, c’est vraiment difficile à encaisser. Même si j’ai perdu une bataille, il reste encore deux belles étapes dans les Pyrénées. Je vais peut-être avoir plus de liberté pour une étape de demain qui me correspond bien. J’espère avoir de meilleures jambes qu’aujourd’hui. Je pense que Jean-Christophe (Péraud) peut aller chercher le podium cette année. On va en discuter avec le staff technique, mais c’est une vraie possibilité. »

Effectivement le lendemain, Romain Bardet retrouve des jambes et est désigné coureur le plus combatif de l’étape. Parti seul il réussi à creuser un écart de 35 secondes sur le maillot jaune en arrivant dans la montée finale à 20km de l’arrivée. Ecart toutefois trop faible pour aller au bout. Il est repris et Pinot attaquera lui aussi dans la montée malgré la fatigue de la veille.

Finalement les écarts ne bougent pas sur cette étape mais Bardet était plutôt satisfait de sa journée : « C’était une étape comme je les affectionne. J’ai tenté quelque chose en attaquant dans la descente, mais cela n’a pas tout à fait fonctionné. Au moins, il reste du spectacle et de belles images. J’avais à cœur de rattraper la désillusion de la veille. Maintenant je vais encore essayer de rester dans le Top 5. »

C’est le lendemain, pour la dernière étape de montagne, que Bardet va toutefois définitivement faire une croix sur le maillot blanc. Pinot accélère dans la dernière montée pour aller assurer une place sur le podium et creuse un peu plus l’écart en plus de déloger Valverde. L’espagnol glisse à la 4ème place et laisse le podium à Pinot et Péraud. Bardet est alors 5ème et compte 2m17 de retard au classement du maillot blanc.

L’étape suivante aurait du être plus tranquille mais Romain Bardet va se faire une grosse frayeur en chuat à Bergerac, à 3km de la ligne d’arrivée : « C’était assez nerveux, avec un peu de vent et beaucoup de pluie. C’est tombé devant moi dans un virage, des coureurs ont glissé et cela a fait un beau petit strike. Heureusement, on a pu se relever. »

Une chute sans conséquence sur le chrono car l’incident est intervenu dans les trois derniers kilomètres, où les chronos sont ’’neutralisés’’ en cas de chute. S’ils ont passés la ligne plus de 3 minutes après Ramunas Navardauskas, victorieux de cette 19e étape, Romain Bardet mais aussi Péraud lui aussi pris dans la chute, sont crédités du même temps que le peloton et l’ensemble des leaders. « Heureusement, cela ne gâche pas le travail de toute l’équipe » a soupiré Bardet à l’arrivée. Il s’en tire avec « quelques courbatures mais rien d’anormal après une chute. »

 Cruel contre-la-montre

Il reste à Romain Bardet le contre-la-montre individuel entre Bergerac et Périgueux pour défendre cette 5ème place avant l’arrivée à Paris. Moins bon que ses adversaires sur cette discipline et notamment le très bon rouleur américain Tejay van Garderen, Romain Bardet va en plus faire preuve de malchance.

Avec seulement 2’07’’ d’avance sur l’américain, l’Auvergnat tient le coup sur les 19 premiers kilomètres, mais n’a plus que 20’’ de marge sur son rival américain au passage au km 39. Arrêté par une crevaison dans les 10 derniers kilomètres, Bardet continue de s’accrocher, mais franchit la ligne d’arrivée… deux secondes trop tard pour résister à Tejay van Garderen qui lui pique la 5ème place.

Très rageant pour le jeune coureur de Brioude : « Trois semaines de travail ininterrompu et voilà… Tout est réduit à néant à deux kilomètres de l’arrivée. Ca n’allait pas aujourd’hui, je n’ai eu aucune information chronométrique, mon compteur ne marchait pas, je n’avais aucune information jusqu’à ce que je crève. C’est la loi du sport. Rater le podium pour deux secondes, c’est vraiment rageant. La ligne d’arrivée franchie, c’est un effort maximum pour tout le monde. Je n’avais jamais fait un contre-la-montre de cette longueur-là. Je pense que sans ma crevaison, j’assurais ma cinquième place. Je suis dans la roue de Jean-Christophe pour qui j’ai énormément de respect. »

Il peut effectivement se réconforter avec la deuxième place de son coéquipier Jean-Christophe Péraud qui prend la deuxième place. Thibaut Pinot assure lui la troisième place et remporte le maillot blanc du jeune coureur.

La dernière étape arrivant à Paris ne change rien au classement et Romain Bardet peut se féliciter de sont deuxième tour de France. Il termine 6ème, 2ème meilleur jeune et remporte avec son équipe AG2R La Mondiale le classement par équipes :

« Bien sûr, on retient le positif. Le reste ce sont les aléas, il y a plus grave… Deuxième et sixième, on aurait signé des deux mains au départ de Leeds. Ce que je regrette, c’est le manque un petit peu de réussite, cette crevaison sur le chrono sans laquelle je conservais ma 5ème place. Mais ce n’est que mon deuxième Tour de France, je manque un peu d’expérience parfois. Sixième, c’est vraiment une grosse performance. Il y a une grosse génération en France. Avec Thibaut, on va être amenés à lutter dans les années à venir, mais il y a aussi une belle concurrence internationale. Courir si vite et si jeune à ce niveau, c’est bon pour la suite. Maintenant, nous allons passer une bonne soirée tous ensemble avec toute l’équipe et ma famille. Nous réalisons une performance d’abord collective, tout le monde a répondu présent. »

Cette deuxième participation au Tour de France lui aura permis d’apprendre encore beaucoup et de voir où il doit s’améliorer.


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois


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