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Des joueurs de l’ASM Clermont Auvergne agressés à la machette à Millau

Publié par Bertrand le dimanche 20 juillet 2014 à 18h12min, mis a jour le vendredi 1er août 2014 à 23h37min - 2273 lectures

Julien Pierre, Benjamin Kayser et Aurélien Rougerie ont été victimes d'une violente agression à Millau alors que le groupe partait en stage à Falgos. Ils seront absents un mois et huit agresseurs ont été mis en examen.

C’est par un communiqué du club que la nouvelle est tombée : « Alors qu’ils rentraient, à pied, à leur hôtel dans la nuit de samedi à dimanche, un groupe de joueurs clermontois a été agressé par une dizaine d’individus munis d’armes blanches dont machettes, sabres... Des faits d’une extrême violence qui ont conduit à l’hospitalisation de plusieurs joueurs de l’effectif montferrandais dont Julien Pierre, Aurélien Rougerie et Benjamin Kayser. Le seconde ligne est le plus touché (au niveau de la crête iliaque) et devrait subir dans les prochaines heures une opération chirurgicale réparatrice. »

Les faits se sont passés à Millau dans l’Aveyron où les joueurs passaient la nuit du 19 au 20 juillet avant de rejoindre Falgos (Pyrénées-Orientales) pour leur stage de pré-saison. Les joueurs sortaient d’une boite de nuit après la première soirée de cohésion avec l’ensemble de l’équipe. Le stage est en effet le premier moment où toute l’équipe était réunie puisque les internationaux avaient eu le droit à des vacances après les tournées estivales.

Et avant cette agression l’ambiance était au beau fixe :

Benjamin Kayser (blessures au bras), Aurélien Rougerie (blessures au bras) et Julien Pierre (blessures à la hanche) ont du être hospitalisés avec des plaies sévères.

 Deux personnes mises en examen

Yves Delpérié, procureur de la république de Rodez a fait un point le mardi 22 juillet. 
« Cinq personnes avaient été identifiées sur photographies par les témoins et les victimes. Sur ces 5 personnes la responsabilité de deux est confirmée par les auditions et par des présentations derrière une glace sans teint même s’ils contestent encore leur responsabilité dans la rixe. Ces deux là seront présentés dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire. L’enquête a permis de faire surgir de nouveaux noms de personnes qui seront interpellées dans les jours qui viennent. Les deux personnes qui sont présentées sont mises en examen au chef de violences aggravées, c’est à dire violences ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à 8 jours, avec armes en réunion et avec préméditation. »

Le procureur a indiqué que parmi les gardées à vues « une personne était connue pour extorsion avec violence et l’autre pour usage de stupéfiant. » Ils ont 20 et 22 ans. Les trois autres personnes ont été laissés libres « et ne seront pas poursuivis sauf si la suite de l’instruction les mets en cause. » Cinq autres personnes étaient aussi recherchées pour déterminer leur rôle.

Le procureur a aussi précisé les faits : « Le motif est assez futile. Il semblerait que Aurélien Rougerie soit intervenu parce qu’un petit groupe de personnes à la sortie de la boite de nuit importunait une jeune femme. Il leur a demandé, très calmement d’après tous les témoins, d’arrêter de l’importuner. Et puis voyant qu’il avait en face de lui des gens très agressifs il n’a pas insisté en disant qu’il ne voulait pas d’ennuis et qu’il rentrait à son hôtel. »

Un version que n’a pas confirmé totalement Aurélien Rougerie : « Je ne suis pas intervenu sur quoi que ce soit. Ils étaient devant l’entrée, je suis passé devant eux. Et en passant ils n’ont pas hésité à me prendre à partie alors qu’on partait. Ils m’ont pris parce que j’étais le premier qui passait. Ils avaient envie de s’amuser…On a senti le piège, c’est pour éviter que ça dégénère qu’on rentrait à l’hôtel. On a été d’autant plus surpris qu’on pensait que la situation était évitée. Cela semblait apaisé, on allait rentrer tranquillement et tout allait bien se passer. »

La suite est connue. Alors que les joueurs prenaient le chemin de leur hôtel en petits groupes, les agresseurs sont alors revenus avec machettes, couteaux, pelle de chantier affutée et sabre de fabrication artisanale. Pour le procureur « l’agression de Rougerie était décidée. Les autres joueurs prennent parce qu’ils sont là ». Il aussi précisé que les joueurs n’étaient pas alcoolisés.

 Six nouvelles personnes mises en examen

On a appris le jeudi 31 juillet que six personnes ont été mises en examen, ce qui porte le total des agresseurs poursuivis à huit. Ce sont six jeunes de 21 à 29 ans qui ont été arrêtés, tous résidents de Millau et pour la plupart déjà connus des services de police. Ils ont été mis en examen pour « violence aggravée avec armes » et incarcérés.

Les forces de l’ordre ont indiqué au cours d’une nouvelle conférence de presse ce 31 juillet que les enquêteurs ont découvert des casques, une pelle de chantier, des morceaux de palettes et des « objets tranchants. » Selon le brigadier en chef de la police de Millau, Cédric Vidal, « les agresseurs n’étaient pas au courant qu’il s’agissait de joueurs de l’ASM. »

 Un mois avant de reprendre l’entraînement

Aurélien Rougerie a été blessé au coude par un coup de pelle tranchante s’est vu reconnaître quinze jours d’interruption de travail temporaire (ITT). Benjamin Kayser a lui été lacéré au dos et au bras (10 jours d’ITT). La blessure de Julien Pierre (8 jours d’ITT) était plus profonde avec une sévère entaille au niveau du muscle fessier et une cinquantaine de points.

Un jeune homme qui a tenté de s’interposer a été plus sérieusement blessé avec 21 jours d’ITT. Il a témoigné de l’agression sur RMC Sport : « Le guet-apens a eu lieu quand on ramenait les joueurs de l’ASM à leur hôtel, qui est à 550m environ de la boite de nuit. A environ 350m de la boite, j’ai vu deux scooters arriver devant nous, avec des lames. Il y a avait des joueurs isolés, donc ils ont pris le premier groupe. » Deux passants qui ont voulu prévenir les policiers ont également été blessés mais sans gravité.

Le lundi 21 juillet le club a fait le point sur les blessures des joueurs :

  • Julien Pierre, le joueur le plus sérieusement atteint, a été opéré dimanche en fin d’après-midi pour soigner ses coupures importantes. Il a été nécessaire de suturer le muscle touché puis la plaie pour soigner ses blessures. L’opération s’est déroulée sans aucune complication. Il pourra reprendre l’entraînement d’ici un mois environ.
  • Benjamin Kayser, touché au bras et à la main, a lui aussi subi une intervention pour soigner ses coupures. Un muscle extenseur de la main a été atteint et sa convalescence est estimée à 4 semaines avant d’être apte. Il est sorti de l’hôpital le dimanche et a pu rentrer chez lui dans la soirée.
  • Aurélien Rougerie a quant à lui reçu un coup de pelle au coude qui a engendré une plaie profonde. Son tendon a été légèrement touché et il aura besoin de 3 à 4 semaines avant de reprendre l’entraînement normalement.

Le reste du groupe suit le stage prévu initialement avec un programme physique intensif. Aurélien Rougerie est sorti dimanche soir et et a rejoint ses coéquipiers dans la journée de lundi à Falgos. Benjamin Kayser et Julien Pierre ont rejoint Falgos le mercredi 23 juillet.

 Les joueurs s’expriment

Leur programme de reprise a forcément été revu les plaies empêchant tout entraînement pendant plusieurs jours. Aurélien Rougerie indiquait jeudi 24 juillet qu’il pourrait reprendre la course mais les plaies doivent être protégées et les contacts interdits.

Mais il était important pour les joueurs de retrouver le groupe comme l’a expliqué Benjamin Kayzer à Falgos : « Ça m’a fait beaucoup de bien de retrouver ma famille pendant un ou deux jours et ensuite de venir en stage ici, c’était essentiel pour débriefer avec les mecs, de se sentir ensemble et c’est le meilleur moyen de passer à autre chose car on a tous envie de tourner la page. »

Les joueurs en ont parlé avec tout le groupe mais aussi avec une psy comme l’a expliqué Aurélien Rougerie : « On a même eu la présence d’une psy qui est venue un peu pour échanger, pour s’ouvrir et puis, pour tourner la page et se préparer pour la saison. » Jean-Marc Lhermet a expliqué cette démarche : « On n’est pas compétent pour régler ce genre de stress post-traumatique. C’est pour cela que ces professionnels sont intervenus. »

Julien Pierre a lui mis en avant la solidarité : « Je tiens à remercier le club, remercier tous les joueurs qui nous ont soutenus, tous les gens qui étaient là, les supporters qui nous ont envoyé des nombreux messages. Ce que je retiens de cette aventure, c’est la solidarité du groupe parce que je crois que c’est grâce à ça qu’on est tous là. On a été solidaires jusqu’au bout. Encore une fois, je remercie tous les mecs qui étaient là tout simplement. »

 Vif émoi

Les trois joueurs et le club ont bien entendu porté plainte comme l’a indiqué Aurélien Rougerie sur RMC : « Bien-sûr que je vais porter plainte. Parce qu’on l’aurait cherché, j’aurais pu comprendre mais là, ce n’est juste pas possible. Les gens qui souhaitent se faire la loi pour rien du tout, surtout avec ce genre d’armes, ce n’est pas possible aujourd’hui, en 2014. »

Christophe Saint-Pierre, maire de Millau, a lui aussi porté plainte « pour troubles graves à l’ordre public et pour atteinte à l’image de la ville. »

Les réactions ont aussi été nombreuses dans les médias et sur les réseaux sociaux. Proche de certains joueurs, Renaud Lavillenie avait par exemple réagi et donné quelques nouvelles sur RMC :
« J’ai échangé avec Julien (Pierre), avec qui je suis très proche, confie le perchiste. Il m’a rassuré pour son état physique. Malheureusement, il va avoir pas mal de semaines d’indisponibilité. Du côté d’Aurélien (Rougerie) et Benjamin (Kayser), ce n’est plus de peur que de mal. Mais c’est quand même une horrible histoire. J’espère qu’on saura le fin mot de l’histoire et que les coupables seront jugés correctement. »

Des joueurs, clubs et supporters ont eux aussi réagi :


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois