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Comprendre la fusion des régions et les élections régionales

Nous votons les 6 et 13 décembre pour les nouveaux conseillers régionaux qui seront en place à partir du 4 janvier 2016 au sein du nouveau conseil régional regroupant l’Auvergne et Rhône-Alpes. Ce dossier a pour objet de regrouper les informations essentielles sur cette fusion et ces élections.

Sommaire:

Hyperloop, taxes, sécurité... les curiosités des tracts des candidats aux régionales en Auvergne-Rhône-Alpes

Publié par Bertrand le samedi 5 décembre 2015 à 20h58min, mis a jour le samedi 5 décembre 2015 à 20h59min - 1223 lectures - 1 partage

Ils sont arrivés dans votre boite aux lettres il y a quelques jours. Les avez-vous lus ? Moi oui, et voici ce que j'en ai retiré.

 Le Front National veut baisser des taxes qui n’existent pas

Le programme présenté par le parti de Marine Le Pen est très classique pour l’extrême droite. Si on n’a un peu de mal à savoir ce que « manger français dans les cantines » signifie vraiment on comprend sans problème a proposition de « supprimer toutes les subventions aux associations communautaristes et d’accueil des clandestins. »

Mais on a bien du mal à savoir comment son candidat va faire pour « baisser le niveau des taxes régionales.  » Effectivement, vous ne trouverez aucune imposition directe de la part d’un Conseil régional sur votre fiche d’impôts locaux. Et pour cause, la région se finance principalement par les dotations et l’emprunt et très peu par l’imposition directe. Depuis 2011 et la mise en place de la Réforme de la taxe professionnelle, la Région ne vote ainsi plus de taux de fiscalité directe. Le Conseil régional n’a une autonomie fiscale que sur une partie de la taxe sur les cartes grises et la taxe intérieure sur les produits énergétiques (essence, gazole). Difficile donc de baisser des taxes qu’on ne vote pas.

 Lutte ouvrière n’a rien à faire de la région

Le tract de LO est clair : « Les salariés, les chômeurs, les retraités, n’ont rien à attendre des conseils régionaux, quel que soit leur composition. » Et d’ajouter quelques lignes plus loin « le bulletin de vote ne permet de changer les choses. »

Le vote pour Lutte Ouvrière est donc purement contestataire, mais que feraient donc leurs élus ?

 ... l’UPR non plus

Plutôt inconnu, le parti Union Populaire Républicaine utilise cette élection pour promouvoir ses idées plus que son programme pour la future région. Clairement, il n’y a aucune proposition locale mais une seulement des propositions qui s’appliquent à toutes les régions.

Au verso du tract, le parti ne parle même quasiment plus de région si ce n’est pour montrer son opposition à la fusion : « Non aux grandes régions, aux Eurorégions et au démantèlement de la France. » L’UPR « appelle ainsi à la sortie de l’Union Européenne, de l’Euro et de l’Otan. » Le problème c’est qu’ils ne disent rien de ce que leur liste apporterait au quotidien aux citoyens de la région.

 Deux listes Front de Gauche

On retrouve le logo Front de Gauche sur deux tracts, preuve de la variété mais aussi de la disparité de la formation politique. C’est logiquement la candidate du Parti Communiste qui l’affiche. Rappelons que le PCF est fondateur du Front de Gauche.

Mais on retrouve aussi le logo sur la profession de fois de la liste « Rassemblement 2015 » conduite par Europe Ecologie Les Verts avec Nouvelle Donne et Nouvelle Gauche Socialiste. A noter la présence sur cette liste de Bruno Gaccio. L’ancien auteur des Guignols est présenté comme auteur et producteur originale de la Loire.

 Wauquiez invente des compétences

Le tract de Laurent Wauquiez est une collection :

  • « Zéro charge pour le 1er emploi créé » : comme si c’était de la compétence du conseil régional. C’est l’Etat qui a cette prérogative. Et même si on passait par un remboursement des charges par la Région comme l’a annoncé le FN encore faudra-t-il trouver le budget.
  • « Un grand plan d’aide au maintien à domicile pour nos aînés » : intention louable, mais qui n’est pas du ressort des régions mais plutôt des départements. Laurent Wauquiez pourrait à la limite en faire une partie via le développement des maisons de santé mais elles ne sont pas destinées spécifiquement aux personnes âgées.
  • « Lutter contre l’insécurité, remettre de l’autorité, vidéo protection et peines d’intérêt général pour ceux qui dégradent » : la sécurité ne fait pas partie des compétences du conseil régional. C’est même la seule collectivité qui n’a aucune compétence dans le domaine. Il pourrait cependant participer à l’équipement des gares et des rames de train en vidéosurveillance ou installer des caméras et de portiques dans les lycées. Dans tous les cas, la condamnation à des peines d’intérêt général ne relève pas de lui mais de la justice et du code pénal.

Quant à « l’engagement avec soeur Emmanuelle en Egypte » il fait partie de ses petits arrangements avec la vérité. Et si Carole Montillet semble avoir gobé qu’il était « un des rares à avoir refusé les primes d’ancien ministre » il s’avère encore une fois que c’est une fable car du fait de son mandat de député il n’aurait de toute façon pas pu toucher le moindre euro.

 Le candidat de Debout la République ne parle que de Lyon

Le candidat du parti de Nicolas Dupont-Aignan semble avoir oublié que l’Auvergne et Rhône-Alpes fusionnent dans les jours qui viennent. En dehors d’une évocation de la RCEA, aucune proposition concrète pour l’Auvergne. En revanche, il souhaite « s’opposer à la vente de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry » et de « meilleures liaisons vers l’aéroport », la « mise au gabarit du canal Rhin-Rhône » ou « s’opposer au projet du Lyon-Turin »... Les autres propositions restent vagues mais n’évoquent pas de projet concret pour l’Auvergne.

 Jean-Jacques Queyranne et la SNCF

Le président sortant de Rhône-Alpes promet d’« exiger de la SNCF ponctualité et confort. » Bien mais pourquoi ne le fait-il pas depuis qu’il est président ? Ou alors il le fait sans que la SNCF ne l’écoute vraiment malgré les millions injectés par la Région dans le matériel pour les TER, les travaux sur les lignes et les péages pour faire circuler les trains.

En témoigne d’ailleurs le cas du TER Clermont-Lyon direct qui ne sert à rien pour les professionnels car il arrive trop tard. D’ailleurs ce train direct figure dans le programme du président, au moins est-il sûr d’y arriver.

 100% Citoyens envisage la construction d’un Hyperloop

C’est probablement la proposition la plus surprenante de tous les programmes. La liste 100% citoyens a ainsi inscrit dans son programme « l’évaluation de la mise en place d’un réseau de transport à très haute vitesse Hyperloop. »

L’Hyperloop est un projet qui consisterai à voyager à plus de 1 102 km/h dans une capsule se déplaçant dans un double tube surélevé. L’intérieur du tube est sous basse pression pour limiter les frictions de l’air. Les capsules se déplacent sur un coussin d’air généré à travers de multiples ouvertures sur la base de celles-ci, ce qui réduit encore les frottements. Les capsules sont propulsées par un champ magnétique généré par des moteurs à induction linéaires placés à intervalles réguliers à l’intérieur des tubes.

Selon son initiateur Elon Musk, cofondateur de PayPal et désormais de Tesla (voitures électriques) et SpaceX (fusées), Hyperloop pourrait aboutir d’ici une dizaine d’années. En attendant, on espère que les trains Clermont-Paris et Clermont-Lyon gagneront quelques minutes sur leurs trajets.


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