Cyberbougnat

La Présidentielle 2017 vue d’Auvergne

A la veille des élections présidentielles et législatives, Cyberbougnat vous propose une série d’interviews politiques de ceux qui font bouger l’Auvergne.

Sommaire:

Olivier Bianchi : « J’ai toujours aimé la phrase de Pierre Mendès-France : “Si vous voulez que la politique change, faîtes de la politique !” »

Publié par Catherine Lopes le vendredi 21 avril 2017 à 07h50min, mis a jour le vendredi 21 avril 2017 à 08h03min - 3469 lectures

Regard sur la présidentielle — Nous poursuivons notre série avec le regard de ceux qui font bouger l’Auvergne sur l’élection présidentielle. Aujourd'hui voici celui du maire de Clermont-Ferrand.

Il est le maire de Clermont-Ferrand et le président de Clermont Auvergne Métropole depuis 2014. Elu socialiste, ce proche de Manuel Valls a finalement décidé de suivre le candidat du parti à la rose, Benoît Hamon. Il nous confie ses impressions sur cette campagne présidentielle.

Catherine Lopes : Est-ce que vous suivez de près cette campagne présidentielle ?
Olivier Bianchi : Oui je la suis. Et par ailleurs j’y participe. Les campagnes présidentielles c’est toujours un moment extrêmement important de la vie politique. J’ai l’intuition que celle-ci va participer d’une grande recomposition des forces politiques dans notre pays.

CL : Comment la trouvez-vous : passionnante, pourrie, imprévisible ? Ou un autre adjectif ?
OB : Surprenante. Décevante. Inquiétante. Définitivement la place des réseaux sociaux, d’Internet, de la civilisation de la communication, de la télévision, font que tous les codes habituels sont en train de voler en éclat, que les partis politiques qui structuraient depuis longtemps la vie de notre pays sont eux-mêmes débordés.

Elle est décevante car elle se résume à un mauvais feuilleton télévisé. Avec des candidats par leur comportement irrespectueux de la morale décrédibilisent la fonction à laquelle ils aspirent. Inquiétante car comme elle est imprévisible, elle pourrait voir arriver des forces politiques de régression, d’exclusion ou qui prônent la stigmatisation. Elle est ainsi très inquiétante.

CL : Comprenez-vous le désintérêt des Français pour cette campagne ?
OB : Je ne suis pas sûr que les Français se désintéressent de la campagne. Ils se désintéressent des candidats et de la forme que cette campagne prend. Et je les comprends en partie. Elle n’évoque pas les vrais sujets. Elle traite peu du fond. Elle se concentre sur des anecdotes plus ou moins sordides. Autant je le comprends, autant je ne l’accepte pas.

Je continue à croire que celui ou celle qui gèrera la destinée de notre pays pour les cinq prochaines années prendra des décisions qui auront des incidences positives ou négatives sur la vie de tous. Je pense qu’il ne faut surtout pas s’en désintéresser. Il faut encore plus être attentif, chercher les informations. J’ai toujours aimé la phrase de Pierre Mendès-France : “Si vous voulez que la politique change, faîtes de la politique !

CL : Comment vous informez-vous ?
OB : Comme je suis au coeur des choses, il m’arrive de bénéficier de dispositifs comme des fiches, des éléments de langage, des argumentaires. Pour l’essentiel mon information se fait à travers la presse et de plus en plus à travers les réseaux sociaux. Je lis Le Monde, L’Obs, Le canard enchaîné. Je regarde les chaînes d’info continues. J’écoute France Inter. Je suis Facebook et Twitter.

CL : Quel est votre bilan du quinquennat Hollande ?
OB : Aujourd’hui on est dans une simplification où tout devrait être bien ou tout devrait être mauvais. D’ailleurs, avec l’histoire il y a toujours des réinterprétations. Il faudra laisser à l’histoire le temps de faire le tri. Il y a des faits objectifs qui sont venus polluer et colorer de façon négative ce quinquennat.

Comme l’affaire Cahuzac, Thévenoud, les divisions qui ont émaillé la vie entre les frondeurs et le gouvernement. Je pense aussi à la présidence normale qui n’était pas l’attente des gens. Mais au milieu de ce climat, il faut quand même rappeler qu’il y a eu des choses importantes : le retour des fonctionnaires dans l’Education Nationale, la politique internationale, l’intervention au Mali, le mariage pour tous, le compte personnel d’activité, les accords de Paris sur le climat.

CL : Votre choix pour le premier tour est-il fait ?
OB : Oui je voterai Benoît Hamon. Nous sommes dans le même parti depuis plus de vingt ans. Nous nous connaissons et avons l’essentiel des valeurs en commun. Nous sommes deux socialistes. Je suis un socialiste pur jus. Je vais voter pour le candidat socialiste. Je n’ai pas de tentation du “ni droite ni gauche”. Pour le deuxième tour, je mettrai toutes mes forces à m’opposer à l’arrivée d’une candidate qui n’est pas républicaine.


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