Cyberbougnat

La Présidentielle 2017 vue d’Auvergne

A la veille des élections présidentielles et législatives, Cyberbougnat vous propose une série d’interviews politiques de ceux qui font bouger l’Auvergne.

Sommaire:

Flavien Neuvy : « Il est fort possible que je vote blanc au premier tour et contre Le Pen au deuxième. »

Publié par Bertrand le samedi 22 avril 2017 à 08h05min, mis a jour le samedi 22 avril 2017 à 07h05min - 2445 lectures

Regard sur la présidentielle — Fin de notre série d'interviews des personnalités avant l'élection présidentielle. Aujourd'hui c'est le maire de Cébazat qui nous donne sa vision de cette échéance. Et il a trouvé la campagne désespérante.

Flavien Neuvy est maire de Cébazat depuis 2014. Ia vécu la moitié de sa vie en Afrique. Il est aussi économiste, directeur de l’Observatoire Cetelem. Il est aussi Conseiller départemental du Puy-de-Dôme et membre du bureau politique de l’UDI.

Catherine Lopes : Est-ce que vous suivez de près cette campagne présidentielle ?
Flavien Neuvy : Oui, de très près.

CL : Comment la trouvez-vous : passionnante, pourrie, imprévisible ? Ou un autre adjectif ?
FN : Désespérante. Je trouve que le débat n’est pas à la hauteur des enjeux. On parle beaucoup de choses qui ont plutôt tendance à décourager les électeurs d’aller voter. C’est le moment le plus fort de notre vie démocratique, cette élection présidentielle, c’est la colonne vertébrale de notre République, c’est là où doivent avoir lieu les débats les plus importants, et finalement c’est désespérant, le niveau n’est pas terrible.

CL : Comprenez-vous le désintérêt des Français pour cette campagne ?
FN : Les Français sont intéressés par la politique. Contrairement à ce qu’on pense, la politique les intéresse. En général, pour une élection présidentielle, le taux de participation est élevé, autour de 80%. Il y a tellement eu de scandales emblématiques sur ces dernières années, comme Cahuzac, que ça a donné le sentiment aux Français que ceux qui font de la politique magouillent, trichent et sont des voleurs. Donc évidemment, quand on renvoie cette image-là, c’est pas un facteur à même de mobiliser les gens.

C’est détestable car on ne peut pas construire quelque chose de positif. L’électeur est en situation de défiance vis-à-vis de la classe politique. C’est vrai en France et aussi en Europe : seuls 11% des Européens font confiance en leur classe politique. Les élus locaux sont peut-être un peu moins concernés mais ça a tendance à éclabousser tout le monde. Les partis politiques doivent montrer l’exemple.

CL : Comment vous informez-vous ?
FN : Je lis beaucoup la presse et les médias audiovisuels. Mais aussi les réseaux sociaux. Sur les réseaux sociaux, les citoyens m’interpellent directement. Je leur réponds. C’est une façon de répondre à cette défiance. Avec les réseaux sociaux, ce qui m’intéresse, c’est d’avoir la température d’un élément. Par exemple, quand on m’annonce la mise en examen de François Fillon, j’aime bien aller voir les réactions sur les réseaux sociaux.

CL : Que dire du rôle des médias ?
FN : Je pense quils font leur travail. S’il y a une affaire Fillon, ce ne sont pas les médias qui ont fourni des costumes gratuitement. Les médias font leur boulot. Je trouve honteux que des hommes politiques fassent siffler les journalistes pendant les meetings. Certes il y a de la presse d’opinion, Mediapart est de gauche, Le Figaro de droite, les positionnements sont clairs. Mais le lecteur le sait. Il n’y a pas de démocratie sans liberté de la presse. C’est la liberté de critiquer, de dénoncer. On n’est pas en Corée du Nord.

CL : Quel est votre bilan du quinquennat Hollande ?
FN : Ce qui a planté, ce sont les deux premières années du quinquennat. Depuis 2014, sa politique économique va dans le bon sens et porte ses fruits aujourd’hui. Les deux premières années avec la loi allure sur le logement et avec le matraquage fiscal, il a bloqué l’économie.

CL : Votre choix pour le premier tour est-il fait ? (question posée il y a 2 semaines)
FN : Je peux faire le 50/50 ou un appel à un ami ? Je n’ai pas choisi. J’irai voter. Je refuse l’abstention. Il est fort possible que je vote blanc au premier tour et contre Le Pen au deuxième.


Vous avez aimé cet article ?

Recevez les articles par e-mail :

Les dernières actus tous les matins dans votre boite e-mail

Partagez
Partagez-le avec vos amis pour le faire voyager et le faire connaître au plus grand nombre
Soutenez Cyberbougnat

Cyberbougnat limite la pub et ne touche pas de subvention. Mais il faut tout de même un peu d'argent pour vivre. Alors soutenez la vie du site avec un coup de main ponctuel ou régulier. Les entreprises et collectivités peuvent aussi opter pour le sponsoring. Vous pouvez aussi aider Cyberbougnat via Tipeee.

Nouveau : Soutenez en un clic via Paypal sans créer de compte :