Cyberbougnat

La Présidentielle 2017 vue d’Auvergne

A la veille des élections présidentielles et législatives, Cyberbougnat vous propose une série d’interviews politiques de ceux qui font bouger l’Auvergne.

Sommaire:

Cécile Coulon : « J’ai tellement l’impression d’être dans House of cards ou dans un Game of thrones moderne »

Publié par Catherine Lopes le jeudi 20 avril 2017 à 10h53min, mis a jour le jeudi 20 avril 2017 à 10h53min - 4867 lectures

Regard sur la présidentielle — Nous poursuivons notre série avec le regard de ceux qui font bouger l’Auvergne sur l’élection présidentielle. A quelques jours du premier tour, la jeune écrivain Cécile Coulon a accepté de se prêter au jeu des questions politiques.

A 26 ans, Cécile Coulon est souvent comparée à Françoise Sagan pour son talent et sa précocité. Elle vient de sortir un superbe roman, Trois saisons d’orage. Elle est en lice pour de nombreux prix. Cyberbougnat vous proposera bientôt son portrait.

Catherine Lopes : Est-ce que vous suivez de près cette campagne présidentielle ?
Cécile Coulon : J’essaie de ne pas la suivre de près. J’essaie juste de suivre les programmes. Je pense qu’il n’y a jamais eu de tel précédent pour cette campagne. Je crois que la plupart des gens oublient que l’on n’est pas dans une série américaine, qu’une campagne ne doit pas être un spectacle. Je trouve que ça se joue plus sur les réseaux sociaux et sur les petites histoires des uns et des autres. Pour moi une campagne présidentielle, c’est d’abord un programme et des gens qui le défendent. Pas des gens qui répondent à des questions sur leur vie privée, sur avec qui ils couchent...

CL : Comment la trouvez-vous : passionnante, pourrie, imprévisible ? Ou un autre adjectif ?
CC : Je la trouve scandaleuse. D’un point de vue d’auteur, c’est génial. Un jour il y aura un bouquin ou une série télé sur cette campagne. J’ai tellement l’impression d’être dans House of cards ou dans un Game of thrones moderne. Mais d’un point de vue citoyen, c’est une catastrophe. On parle de tout sauf du programme.

CL : Comprenez-vous le désintérêt des Français pour cette campagne ?
CC : Je ne sais pas si c’est du désintérêt ou un côté blasé, voire dépité. Oui je le comprends parce que la campagne est gangrénée par les histoires financières ou intimes des candidats. Et par leur mise en scène. Je ne suis pas sûre que les débats politiques à la télé fassent changer la donne.

CL : Comment vous informez-vous ?
CC : Je vais sur les sites des candidats. J’essaie de lire la presse. Ca peut être Rue 89, Le Monde, L’Obs, Slate ou Vice. Je pense qu’il faudrait avant tout lire les programmes. C’est vrai qu’on peut se demander comment Fillon ou Le Pen peuvent se présenter, avec ces scandales qui les touchent. Je crois qu’en fait en France on aime bien ça.

CL : Que dire du rôle des médias ?
CC : Le principe d’un média est de donner un point de vue. Si un média est totalement objectif, ce n’est plus un média, c’est une notice de médicament. Le problème est qu’ils prennent une place tellement importante. Et aussi celui qui était le petit frère des médias et qui est devenu le grand frère, Internet : tout est possible, tous les articles sont mis en ligne, n’importe qui peut écrire ou faire une vidéo. C’est la crédibilité de certains médias que je remets en cause. Ce ne sont pas les médias. On ne peut pas mettre sur un même pied d’égalité Courrier International et Closer.

CL : En tant qu’artiste, votre regard sur les Français et ceux qui les gouvernent est-il différent ?
CC : Avec un regard de narrateur, on va regarder l’histoire, la petite histoire. En tant que citoyen ce n’est pas du tout la même chose. Le problème c’est que l’avenir est dans une semaine, pas dans cinq ans. La vision à long terme reste assez absente.

CL : Quel est votre bilan du quinquennat Hollande ?
CC : Dans dix ans on dira que finalement ce n’était pas si mal que ça. Je fais partie de ces minorités un peu naïves qui auraient voté pour François Hollande s’il s’était représenté. Je n’ai aucune honte à le dire. Je pense qu’il y a eu des mauvaises choses de faites mais pas que des mauvaises choses. Ca aurait pu être pire. Mieux aussi. J’ai du mal à comprendre l’acharnement qu’il y a eu sur sa personne.

CL : Votre choix pour le premier tour est-il fait ?
CC : Oui, ce sera Benoît Hamon. Ce n’était pas mon premier choix. Mais en lisant son programme je me suis dit qu’il avait une vraie vision à long terme. Certaines de ses propositions sont vraiment révolutionnaires, pas d’un point de vue médiatique mais politique. Peut-être que ce garçon est beaucoup trop en avance sur son temps. J’ai du mal à comprendre pourquoi quelqu’un qui ne serait pas en couverture de Paris Match serait moins à l’aise que quelqu’un d’autre à la place de président.

A lire aussi : Cécile Coulon a dressé le portrait de Benoît Hamon dans La Croix


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