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Clermont-Ferrand lance la construction d’une usine d’ultrafiltration de l’eau potable

Publié par Bertrand le jeudi 19 décembre 2013 à 06h30min, mis a jour le samedi 21 décembre 2013 à 08h03min - 3766 lectures - 1 partage

La Ville de Clermont va construire une nouvelle usine de traitement de l'eau à Cournon pour améliorer la qualité mais aussi la sécurité de l'approvisionnement.

La Ville de Clermont-Ferrand a décidé de construire une unité de traitement de l’eau sur le site de l’actuelle usine élévatoire à Cournon d’Auvergne. Depuis les années 1020, cette usine pompe l’eau dans la nappe alluviale de l’Allier par l’intermédiaire de soixante et onze puits filtrants. L’usine ne fait quasiment pas de traitement car l’eau est filtrée naturellement. Son rôle est surtout de faire remonter l’eau jusqu’au réservoir du Puy de Bâne. Clermont est alors alimentée à 70% de sa consommation en eau par gravité depuis ce réservoir.

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L’autre partie est de l’eau de source captée du côté la Chaîne des Puys. Et si la Ville procède à des recherches d’autres sources, elle estime ne pas être en mesure de trouver assez d’eau de source pour remplacer le captage de l’Allier. Les nouvelles sources viennent en remplacement de sources dont le captage ne peut être assez protégé de la pollution urbaine. Toutefois les recherches se poursuivent.

 Qualité, sécurité, santé

La nouvelle usine de traitement sera située à quelques mètres de l’usine élévatoire. Elle traitera l’eau pompée dans les puits de captage puis enverra l’eau potable traitée vers l’usine élévatoire actuelle qui propulsera l’eau jusqu’au réservoir du Puy de Bâne comme c’est le cas actuellement.

Cette usine fonctionnera sur le principe de l’ultrafiltration. L’eau sera ainsi filtrée par une membrane capable de retenir des éléments 100.000 fois plus petits que le millimètre. Elle sera en mesure de stopper les bactéries, les virus et les parasites pour produire une eau d’« extrêmement bonne qualité. »

Cette usine anticipe aussi des problèmes qui se développent comme la présence de nouveaux polluants, pesticides ou médicaments dans l’Allier. L’usine sera aussi capable de faire face à une pollution accidentelle de l’Allier mais aussi aux grandes crues. Celle de 2003 avait conduit à l’arrêt de l’usine pendant une semaine car dans ce cas l’eau n’est plus filtrée naturellement.

Outre ces amélioration pour la santé et la sécurisation de l’approvisionnement, l’usine permettra aussi d’améliorer le confort. Le fer et le manganèse naturellement présents en quantité dans l’eau souterraine peuvent être à l’origine de certains désagréments pour l’usager : goût métallique, coloration rouge ou noire. Un traitement adapté améliorera l’eau sur ce plan là aussi.

Mise en service en début 2016, cette nouvelle usine sera gérée par le service municipal de l’eau de la Ville de Clermont-Ferrand. Son coût de 18,3 millions d’euro sera financée par la facture d’eau des clermontois et occasionnera une légère augmentation du prix du m3. Actuellement à 2,86 euros le m3, l’usine devrait contribuer à une augmentation de 20 centimes environ puisque le coût de production du m3 passera de 11 centimes actuellement à environ 35 centimes.

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L’usine élévatoire de Cournon a été créée dans les années 1920

 Pas de gestion communautaire

Dans son discours de présentation, Serge Godard a mentionné que la capacité maximale de production de cette usine sera presque le double de la consommation actuelle de la Ville. Il a rappelé que l’eau est gérée par une régie municipale mais a plaidé pour le passage dans le futur à une gestion de l’eau au niveau de Clermont Communauté.

Ce n’est en effet pas le cas actuellement même si cela apparaît comme une drôle de curiosité. En effet, en matière d’eau et d’assainissement, les communes sont fortement dépendantes les unes des autres. Par exemple, Clermont capte de l’eau dans les communes environnantes et dispose d’importants réservoirs en hauteur à Durtol ou Chamalières. Ce dernier alimente les quartiers du plateau central, Delille, gare SNCF, Saint-Alyre, Fontgiève, Salins, Stade Marcombes et pas du tout Chamalières. De même, si Cournon abrite l’usine élévatoire de Clermont, la commune se fournit en eau avec ses propres puits de captage même si elle complète par l’achat de 300.000 à 700.000 m3 d’eau par an à Clermont.

En matière d’assainissement aussi, les communes sont liées. Les villes les plus basses doivent venir en aide aux communes en hauteur pour gérer l’évacuation des eaux d’assainissement.

Serge Godard a d’ailleurs rappelé que la distribution d’eau potable faisait partie des missions du Syndicat intercommunal d’équipement de l’agglomération clermontoise (SIEAC). Créé en 1967 à l’initiative de Gabriel Montpied et dissout en 2000, ce syndicat est l’ancêtre de Clermont Co. Si la partie assainissement est bien gérée par Clermont Co, ce n’est pas le cas de l’approvisionnement en eau potable. Certaines communes sont ainsi fournies par le SIVOM d’Issoire.

Dans un soucis d’efficience et de gestion publique, peut-être serait-il intéressant de mutualiser cette gestion de l’eau au niveau de Clermont Communauté.


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois