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Thiers va-t-elle perdre le droit de produire des couteaux Laguiole ?

Publié par Bertrand le mercredi 5 juin 2013 à 22h53min, mis a jour le jeudi 6 juin 2013 à 09h56min - 1904 lectures

Les couteliers s'inquiètent d'un projet des professionnels de Laguiole qui conduirait à l'exclusion du bassin de Thiers de la zone de production du célèbre couteau.

Jean-Yves Gouttebel a écrit la semaine dernière à Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, pour attirer son « attention sur la vive inquiétude que suscitent, chez les couteliers du bassin de Thiers, les dernières évolutions du projet de mise en place d’une Indication Géographique Protégée (IGP) pour le couteau Laguiole. »

L’IGP désigne des produits dont les caractéristiques sont étroitement liés à une zone géographique, dans laquelle se déroule au moins leur production, leur transformation ou leur élaboration.

Comme le rappelle le président du Conseil général du Puy-de-Dôme, le bassin de Thiers assure à lui seul environ 80% de la production nationale de couteau Laguiole. Mais l’inquiétude est forte du côté de Thiers car « des professionnels de Laguiole s’organisent pour déposer une demande d’IGP excluant leurs confrères thiernois. »

Si ce projet se réalisait, les couteliers de Thiers ne pourraient plus produire le célèbre couteau à l’abeille. Or cette production de Laguiole représente près de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et fait travailler 350 personnes dans le bassin de Thiers.

Un enjeu économique important qui justifie donc pour Jean-Yves Gouttebel « que le cahier des charges de l’IGP fasse l’objet d’un consensus entre les couteliers de Thiers et de Laguiole. » De plus, le président du Conseil général fait valoir l’intérêt commun des deux bassins de production :

Outre les conséquences économiques très lourdes pour ce bassin déjà en difficulté, il est clair que si les professionnels thiernois se voyaient exclus de l’IGP, la production française de couteaux Laguiole s’effondrerait car le bassin aveyronnais ne serait pas en mesure de satisfaire, à lui seul, la demande. Le risque serait grand, de surcroît, de voir se développer la contrefaçon.

Dans un article publié par Le Point sur la couteliers de Thiers, le président de la fédération française de la coutellerie, Jacques Raynaud faisait valoir de son côté le savoir-faire historique : « On ne peut pas exclure Thiers du projet de loi sur la consommation réformant les IGP. Il y a historiquement un savoir-faire apporté par Thiers à Laguiole depuis les années 1800. »

A l’échelle du monde les 200km séparant les deux villes ne représentent pas grand chose et l’idée d’une IPG couvrant les deux bassins semblaient logique. Leurs artisans partagent de plus des visions proches de la qualité des produits et de la défense nécessaire des traditions et savoir-faire locaux.

La guerre des couteaux entre Thiers et le village de l’Aveyron n’est pas récente. Mais les deux bassins de production avaient eu jusque là trouvé un intérêt commun : faire front contre les contrefaçons made in China !


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois


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