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J’ai testé un Clermont-Paris en car Flixbus

Publié par Bertrand le mardi 3 novembre 2015 à 07h33min, mis a jour le mardi 3 novembre 2015 à 16h38min - 23333 lectures - 5 partages

Sommaire de l'article

Depuis la rentrée, il est possible de voyager en bus vers plusieurs grandes villes françaises. J'ai testé un voyage vers Paris dans un bus vert Flixbus.

Depuis la rentrée, la loi dite Macron permet l’ouverture de lignes de bus entre les villes françaises alors que seules les lignes internationales étaient possibles jusqu’à maintenant. Depuis, plusieurs compagnies se sont positionnées sur ce marché. Starshipper avait commencé avec une liaison Lyon - Clermont - Bordeaux dans la continuité de Turin. D’autres se sont positionnées comme Isilines ou le leader allemand Flixbus.

J’avais un rendez-vous à Paris jeudi dernier. Décidé seulement quelques jours avant, j’ai dû m’organiser rapidement. Mon premier réflexe fut de vérifier le tarif et la disponibilité du train Intercités Clermont-Paris. Les places sont disponibles, mais pas en dessous de 60 euros l’aller. Je fais alors une recherche dans les bus et constate que Flixbus propose un Clermont-Paris dont les horaires sont compatibles avec mon rendez-vous. En effet, si les tarifs des bus sont intéressants, la compagnie propose seulement deux allers-retours dans une journée contre cinq pour le train.

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Les bus longue distance côtoient les destinations locales

Flixbus me propose un départ à 6h45 pour une arrivée à 12h15 à Paris soit 5h30 de voyage et 15 euros. Moins cher qu’un covoiturage avec Blablacar pénalisé par le prix du péage. Flixbus annonce, comme les autres sociétés, des bus confortables, écologiques et disposant d’une connexion internet WiFi. Je valide ma commande sur le site internet et je paie en ligne. Flixbux me propose alors de télécharger mon billet et une étiquette à découper pour ma valise.

En parlant de valises, vous pouvez avoir deux bagages en soute et un bagage à main. Flixbus annonce des limites de taille et de poids pour chaque bagage. Par curiosité j’ai mesuré ma valise et mon sac, aucun problème je suis largement en dessous des 30kg maximum pour le voyage en soute. Je suis prêt à partir.

 Bus neuf et WiFi

Le départ est fixé à 6h45 de la gare routière à Clermont-Ferrand. Flixbus vous demande de vous présenter au moins 15 minutes avant. Venu en bus et tramway, j’arrive 25 minutes avant et ne trouve aucun car à la gare routière, mais quelques personnes attendent aussi. Je m’installe donc quelques minutes dans la petite salle d’attente de la gare routière, peu confortable, mais lumineuse et propre. Les écrans affichent bien le bus pour Paris. A 6h30 un bus vert Flixbus se présente au quai 4 comme indiqué.

Deux chauffeurs en descendent et ouvrent les trois soutes à bagages : une pour Paris, une autre pour Bourges et une autre pour Massy. La ligne fait en effet des étapes rapides dans ces villes. Comme les autres passagers, je range ma valise, je me dirige vers la porte. Le chauffeur scanne mon billet et je monte pour m’installer. Au passage je constate qu’il n’a pas vérifié les dimensions des valises et encore moins le poids.

Le bus est neuf, propre, dispose de toilettes. Si vous avez l’habitude du train, les places sont moins larges et moins espacées, mais vous avez de l’espace pour les jambes même si vous faîtes 1,83m comme moi. Pour les très grands ce sera peut être moins confortable. Comme dans le train chaque place dispose d’une tablette. Je constate aussi entre les sièges deux petites prises usb. Pratique pour brancher dessus un chargeur. Le chauffeur indique un peu plus tard la présence de vraies prises électriques dans l’allée centrale.

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Chaque passager a sa propre pris USB

A 6h45 le bus s’est bien rempli. Il n’est pas plein, mais très bien garni. Il démarre et nous voilà en route pour Paris. Nous sortons à peine du parking de la gare routière quand le deuxième chauffeur donne les consignes au micro : emplacement des prises, mettre sa ceinture de sécurité obligatoire, il indique que des boissons et snacks sont en vente à l’avant. Le bus n’atteint toutefois pas le niveau de service que j’ai connu dans les lignes équivalentes en Turquie ou un steward passait dans les allées avec boisson et eau de Cologne. L’ensemble du bus esquisse aussi un sourire quand notre chauffeur recommande pour la stabilité et la propreté de s’assoir si on va aux toilettes.

Comme je l’avais remarqué avec le chauffeur validant le billet, les chauffeurs sont français. Normal, Flixbus opère avec des compagnies auvergnates qui sont propriétaires des bus et emploient les chauffeurs. La société allemande est surtout une grosse centrale de réservation qui apporte son savoir faire dans la planification du réseau, la commercialisation et une marque déjà très connue en Europe. En fait seul le bus et le nom du point d’accès WiFi sont allemands.

 En route !

J’avais entendu une légende selon laquelle les bus ne prenaient pas l’autoroute pour faire des économies et proposer des tarifs attractifs. Ce n’est pas vrai dans notre cas, nous partons bien vers Paris via l’A75. Nous en sortirons environ deux heures plus tard pour faire notre première escale à Bourges. En attendant, j’ai le temps de tester le WiFi. Magique, il marche bien du premier coup et la vitesse de connexion est supérieure à celle que nous avions à la maison avec notre ADSL très lent. Les prises USB marchent elles aussi pour charger mon téléphone. Flixbus annonce sur son site qu’il proposera aussi bientôt un catalogue de films et de musique.

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Vitesse wifi très satisfaisante

A Bourges, le bus s’arrête sur le parking d’un supermarché et finit de se remplir. Il est ainsi quasiment plein quand nous partons ce qui confirme ce que m’avaient rapporté des étudiants qui avaient dû repousser leur départ en vacances faute de place. Les « bus Macron » sont un succès sur ce plan et la concurrence tarifaire entre les différentes sociétés joue pour les clients.

Le bus reprend ensuite l’autoroute et se dirige vers la région parisienne. La vitesse de connexion internet varie au rythme de la 4G, mais pas la conduite qui reste toujours très douce. En fait, il secoue bien moins que l’Intercités qui a tendance à me donner le mal de mer aux alentours de Nevers, surtout dans le wagon de queue qui nous est souvent affecté pour les réservations internet. Les kilomètres défilent rapidement comme nous pouvons le constater sur les écrans du bus qui montrent une carte GPS en direct avec les kilomètres restants et l’heure d’arrivée prévue. Nous arrivons à Massy, le bus s’arrête sur le bord de la rue à proximité de la gare SNCF. Quelques personnes descendent et nous repartons.

Jusqu’à maintenant le bus est dans les temps, mais les 25 kilomètres restants vont changer la donne. Quelques travaux d’abord sur l’autoroute et puis le fameux périphérique parisien qui roule au pas. Le bus est beaucoup plus sujet aux aléas de circulation que le train. Le temps file, nous arrivons Porte Maillot avec 25 minutes de retard. Pas anecdotique, mais finalement pas si loin des « normes » de l’Intercité. Qui n’est pas arrivé avec 15 à 30 minutes de retard avec le train Clermont-Paris ?!

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On arrive sur le périphérique

Le gros avantage de la porte Maillot est qu’elle est bien desservie par les transports parisiens. Le bus arrive sur une mini-gare routière ou attendent d’autres bus. Des Flixbus qui partent en Allemagne, d’autres compagnies qui vont vers l’aéroport de Beauvais d’où partent les vols low-cost. Vous avez aussi un accès rapide aux navettes vers les aéroports parisiens. Sur le parking d’autres passagers attendent et se pressent déjà de charger leurs bagages pour partir vers Clermont. Le métro est à 200 mètres environ, à moi la vie parisienne !

 Conclusion

Flixbus apparaît comme une solution intéressante. Le voyage est plus long et vous avez moins de créneaux horaires qu’en train, mais le prix est bien inférieur. J’ai payé 15 euros l’aller, ma voisine 9 euros, la compagnie proposait des places à 1 euro. Attention cependant, pour certains jours et certains jours et horaires le tarif peut tripler : jeudi dernier Flixbus proposait des billets à 27,5 euros le lendemain, 35,5 euros le samedi et 45,50 euros dimanche 1er novembre (surcoût pour un jour férié ?). Je suis d’ailleurs revenu de Paris en train le lendemain avec un billet à 37 euros.

A vous donc de comparer, mais que ce soit en train ou en bus vous aurez plus de chance d’avoir un billet moins cher en réservant à l’avance. Flixbus vous permet de réserver deux mois l’avance. En revanche je n’ai plus trouvé trace des billets à un euro.

Le voyage s’est déroulé sans soucis. Le bus est probablement moins confortable qu’un train refait, mais probablement plus qu’un vieux wagon aux amortisseurs fatigués. Là où Flixbus l’emporte c’est qu’il dispose d’une connexion Wifi pour travailler pendant le voyage ce que la SNCF ne semble pas encore prête à proposer sur le train Paris-Clermont.

C’est donc pour moi un test très satisfaisant et il est probable que je revoyage par ce biais d’autant que le comparatif avec la SNCF est encore plus en faveur du bus pour d’autres destinations.


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois


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