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Les belles histoires de la Clermontoise Cécile Coulon

Publié par Catherine Lopes le jeudi 1er juin 2017 à 11h39min, mis a jour le vendredi 16 juin 2017 à 11h32min - 2883 lectures

Littérature — Avec Trois saisons d’orage, Cécile Coulon signe, à 26 ans, déjà son neuvième roman. Très bien accueillie par le public et la critique la romancière auvergnate s'est imposée sur la scène littéraire française comme l'un des auteurs les plus prometteurs de sa génération, au point d'être parfois comparée à Françoise Sagan. Rencontre avec une écrivain des plus brillantes.

Teint de porcelaine, cheveux blonds platine, petites fossettes, Cécile Coulon ne passe pas inaperçue dans le bar clermontois où elle accorde son interview. Elle répond à chaque question avec un large sourire. Son dernier roman Trois saisons d’orage est en lice pour de nombreux prix littéraires et a été salué par la critique. Un succès qui la surprend à chaque fois :

« A partir du Roi n’a pas sommeil qui est sorti en 2012, il y a eu un vrai truc, une bonne surprise, et depuis ce n’est pas vraiment retombé. A chaque livre on a eu la chance d’avoir une belle exposition, on a bien été suivi par les journalistes. Je n’ai pas à me plaindre. A chaque fois qu’un livre sort je me dis qu’on va peut-être se faire lâcher et en fait non, les lecteurs sont au rendez-vous, les journalistes et les libraires aussi. »

Pour ce dernier roman, il a déjà eu un long travail de recherche intellectuelle, pendant au moins 6 mois, sans prendre aucune note. Et après il lui fallu 2 mois d’écriture pour le premier jet. Cécile a envoyé le manuscrit à son éditrice et après la relecture et la réécriture se sont faites pendant 5 mois.

 Les lieux au coeur des choses

Contrairement à d’autres écrivain, Cécile n’a pas besoin de conditions particulières pour écrire. Il lui faut juste de l’espace. Elle explique : « Je suis quelqu’un qui a grandi dans des maisons et à la campagne et qui ne se sent bien que quand il y a de la place. J’ai besoin d’espace, pour courir, pour bouger. J’ai besoin de réfléchir et je ne peux pas faire ça dans une chambre de bonne. J’écris quand j’en ai envie, ça prend le temps que ça prend. J’ai besoin de liberté. »

Et cet espace dont elle a besoin, elle me met au coeur de son dernier roman. Trois saisons d’orage évoque le destin de trois générations qui habitent Les Fontaines. Elle raconte : « Je suis intimement persuadée que les lieux étaient là avant nous et qu’on a tendance à oublier qu’on est très formatés, éduqués, façonnés par les lieux. Ca m’intéresse de voir à quel point on peut être bouleversé, taillé par un lieu et non l’inverse. »

Les premières pages de ce roman sont intenses, chaque mot est pesé, le décor est planté d’une façon magistrale. Cécile se justifie :

« Pour moi les premières pages sont extrêmement importantes car c’est là-dessus que va se jouer l’envie du lecteur de continuer ou pas. Ce sont des chapitres qui sont travaillés, retravaillés, pour faire en sorte qu’ils accrochent. »

 L’écriture sous toutes ses formes

Roman aujourd’hui, nouvelles hier, Cécile est une touche à tout. Elle écrit aussi de la poésie, notamment sur les réseaux sociaux, elle aimerait écrire du théâtre. Elle s’est également essayé au jeu vidéo en écrivant un scénario, et écrit aussi un peu pour la musique.

Son regret ? Que les journées ne fassent que 24 heures. Car en plus de son travail d’écriture sous toute ses formes, elle planche également sur une thèse dont le sujet est le sport et la littérature.

Ses amis s’étonnent de la voir « si conne dans la vie et si intelligente dans ses livres ». Elle se justifie ainsi : « je mets beaucoup de noirceur et de pesanteur dans les livres et dans la vie je suis quelqu’un de beaucoup plus léger, voire drôle, ça m’arrive... Je crois que je suis quelqu’un qui n’a pas envie d’emmerder les autres avec ses problèmes. Si j’ai un problème je vais trouver un moyen dans la fiction d’en parler. J’ai pas envie que les autres, qui ont déjà leurs problèmes, portent les miens aussi. »

A chaque nouveau roman Cécile dit vouloir réussir à prouver qu’elle vaut plus que le roman précédent et le succès ne lui monte pas à la tête : « C’est vraiment agréable d’avoir beaucoup travaillé avec plusieurs personnes et quand le résultat est là. Quand on écrit quelque chose, qu’on y met toutes ses tripes, toute son énergie, et que personne n’est au rendez-vous pour le lire c’est vraiment difficile, c’est une déchirure. De voir qu’il y a un vrai engouement, que les lecteurs sont fidèles de livres en livres, c’est un soulagement énorme. »

Cécile est aujourd’hui une romancière accomplie et elle aime raconter comment tout cela a démarré :

« Quand j’étais petite, mes parents nous lisaient des histoires, à mes frères et moi. On allait beaucoup au cinéma. On allait aussi un peu au théâtre. Il y avait une bibliothèque. Pour mes parents c’était important de proposer ça à leurs enfants. Et peut-être que ça a été extrêmement prégnant chez moi : j’ai tellement aimé lire des histoires que je me suis dit que j’allais essayer, parce que ça m’apporte des belles choses et que je peux apporter des belles choses aux gens. J’ai essayé et puis ça a marché. C’était une tentative au départ, je ne me suis jamais dit que je voulais être écrivain. »

Cécile Coulon pense déjà à la suite : « Là j’ai déjà le prochain roman en tête. J’ai plusieurs idées, que je vais se laisser se battre entre elles, et celle qui va gagner sera la bonne. » A coup sûr que celle qui va gagner sera la bonne, tant le talent de Cécile est immense.

Mise à jour : Cécile Coulon a reçu le 8 juin le Prix des Libraires pour son roman Trois saisons d’orage. Fondé en 1955, ce prix récompense chaque année des auteurs n’ayant pas encore obtenu de prix littéraires majeurs. 2000 libraires ont été invités à voter, pour les trois livres finalistes. Pour cette 63ème édition, Laurent Gaudé, était le président d’honneur.

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Auteurs
Catherine Lopes

Journaliste multimedia, portauvergnate heureuse, bloggueuse curieuse de tout.


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