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Petites phrases du débat de politique générale de la dernière session du Conseil général du Puy-de-Dôme avant les élections

Publié par Bertrand le mardi 24 février 2015 à 10h02min, mis a jour le dimanche 29 mars 2015 à 12h57min - 1677 lectures - 1 partage

Comme dans beaucoup de collectivités, la première partie de la session du Conseil général est consacrée au discours et débat de politique générale avec un lien plus ou moins important avec le département lui même. Mais à un mois des élections

La dernière session publique du Conseil général du Puy-de-Dôme s’est ouverte ce lundi 23 février 2015. Elle est consacrée au débat d’orientations budgétaires. Le budget sera lui voté après les élections départementales fin mars. Un point qui n’a pas manqué de faire parler.

Les élus sont aussi confrontés à de futures compétences imprécises et des financements en question. Jean-Yves Gouttebel a toutefois indiqué dès l’ouverture qu’il n’y aura « pas d’augmentation des taux pour la quatrième année consécutive. »

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, la première partie de la session est toujours consacrée au discours des différents groupes politiques sur la politique générale du pays. A un mois des élections c’était l’occasion pour les uns et les autres de revenir sur les sujets nationaux comme les attentats, la crise économique et le chômage, la loi Macron, la montée du Front National. Revue des petites phrases entendues.

1. Jean-Yves Gouttebel

Après avoir rappelé des points sur certains dossiers importants, et rappelé sa lutte active avec l’Association des Départements de France pour maintenir les départements, le président du Conseil général a terminé avec quelques mots sur la campagne :

 « Je veux vous remercier du fond du coeur pour le travail fait ensemble. Si nous avons eu des désaccords et des débats vifs nous avons toujours travaillé dans l’intérêt des puydômois. Je rappelle que 90% de mes dossiers on été votés à l’unanimité.
La campagne électorale est lancée, je souhaite qu’elle soit digne et je m’y attacherai lors de la campagne dans mon canton. C’est par une campagne digne que nous inciterons les citoyens à voter, et que les citoyens ne se contenteront pas d’être des utilisateurs mais aussi des citoyens acteurs des choix des équipes. »

2. Jean-Marc Boyer

Le président du groupe de la droite a longuement critiqué la politique gouvernementale jugeant que « la majorité de gauche à l’Assemblée Nationale s’est macronisée avec le 49-3. »

Mais c’est aussi la campagne qui a occupé la fin des propos de Jean-Marc Boyer :

« Monsieur Gouttebel vous trompez les français et les puydômois. Si ce n’est pas le cas, dites que vous soutenez François Hollande, que vous êtes socialiste, que vous soutenez la baisse des dotations (...) La droite et le centre sont unis pour proposer un projet départemental réfléchi et concertés avec une vision du Puy-de-dôme, des objectifs clair et affirmés, une gouvernance cohérente, une politique économique tournée vers l’emploi et pas seulement l’assistanat. »

3. Alexandre Pourchon

Le président du groupe des Elus socialistes et républicains a d’abord hommage à tous les élus du conseil général alors que nombre d’entre eux ne reviendront pas :

« Ils ont été à la fois les défenseurs de nos territoires, celles et ceux qui se sont battus pour que nos concitoyens, et souvent les plus fragiles, puissent espérer encore dans leur avenir, les plus grands soutiens à des projets fédérateurs, toujours dans un esprit de solidarité et de redistribution des ressources à ceux qui en ont le plus besoin. Assistantes sociales souvent, entrepreneurs parfois, médecins de l’âme de nos territoires tous les jours, ils n’ont pas ménagé leurs efforts pour tenter de faire de notre collectivité celle qui protège, mais aussi celle qui accompagne. »

Il a ensuite reprécisé les attentes de son groupe concernant le budget. L’occasion de rappeler à Jean-Yves Gouttebel que si la hache de guerre entre socialistes et « Gouttebelliens » a été enterrée depuis la crise de 2008 avec des accords dans bon nombre de cantons, il reste des divergences de vue sur le projet politique et les équilibres budgétaire :

« Tout d’abord, qu’on le veuille ou non, et comme nous en faisons toutes et tous le constat depuis déjà quelques années, les finances départementales ne nous permettront plus autant de générosité que par le passé, nous obligeant à faire des choix, parfois difficiles, mais nécessaires.
A la proposition de réduire de manière identique ou presque, tous les budgets de fonctionnement de 15%, ce qui reviendrait à considérer sur le même niveau d’urgence et de besoin, l’humain et la solidarité, l’économie, l’aménagement du territoire, le tourisme et j’en passe, nous préférons afficher clairement nos priorités, ou plutôt celles de nos concitoyens et nos territoires les plus en demande. »

4. Jocelyne Glace Le Gars

Le Front de Gauche n’a pas manqué de revenir sur les attentats et sur une critique de la loi Macron. Mais c’est aussi les difficultés à financer les missions de solidarité locale qui furent pointées du doigts :

« L’Etat nous abandonne en rase campagne ! Quelques compétences pour les futurs départements ? A ce jour, nous sommes certains de garder la solidarité, mais la solidarité avec quels moyens. Nous sommes convaincus que le niveau territorial est le plus pertinent pour accompagner les personnes fragiles mais nous devons avoir les moyens pour mener nos missions. La rentabilité et la compétitivité ne peuvent être les seuls paramètre d’évaluation des dispositifs d’une politique d’action sociale que l’on souhaite ambitieuse. A ce jour, dans notre département et du fait du désengagement de l’Etat, sont mises à mal les structures de l’insertion, de la petite enfance, de la sauvegarde de l’enfance, celles des personnes âgées et des personnes handicapées. »

5. Maurice Mestre

Le groupe majoritaire divers gauche, dont fait partie Jean-Yves Gouttebel, a rappelé l’importance du département, collectivité qui était condamnée dans l’esprit du gouvernement il y a quelques mois :

« Oui, le Département a tout sa place dans nos institutions rénovées. Il assure efficacement au quotidien les services publics indispensables, pour grandir sereinement,vivre décemment, vieillir dignement, et ceci quel que soit notre lieu de vie. Il permet un développement équilibré des territoires en aidant les communes et les intercommunalités dans leurs projets de développement. Il organise la solidarité envers les plus fragiles afin de leur permettre de vivre plus dignement. Il garantit les solidarités sociales, culturelles et territoriales.
Pour faire vivre cette politique au quotidien, la vraie, celle qui consiste à se mettre au service de nos concitoyens, cette politique peu spectaculaire, peu médiatique, nous avons besoin d’élus locaux, proches de la population. Ces élus ont droit au respect, à la reconnaissance, car ils sont les piliers du fonctionnement de nos institutions
 »

6. Serge Lesbre

Serge Lesbre s’est exprimé au nom du groupe de la gauche solidaire et a profité de son dernier discours « au terme de 33 années de mandats électifs » pour se lancer dans une longue dissertation historique sur la gauche et l’extrême droite remontant jusqu’à la guerre.

Extrait sur une partie consacrée au Front National :

« Une grande partie de l’électorat populaire qui, quoi qu’en pensent certains a oublié d’être sot, se prend à jouer les apprentis sorciers : par dépit, par colère, il vote Marine Le Pen ! Sans état d’âme ! Après avoir essayé tout le reste, nous dit-il ! Ne serait-ce que pour voir si le FN fera mieux que l’UMPS ! Et notamment sur le plan de l’immigration devenue chez quantité de gens, une préoccupation majeure qui relève à la fois du sécuritaire et de l’identitaire.
La dynamique est donc bien du côté du FN et elle n’est pas prête, hélas, de s’atténuer. Au dire des supporters de plus en plus nombreux d’une telle mouvance, cette dynamique s’explique, et principalement, par la « virginité » gouvernementale d’un Front National qui n’a jamais exercé le pouvoir. Une « virginité » qui demeure actuellement encore son meilleur gage de succès ! »

Cette première partie de la session a été conclue par Jean-Yves Gouttebel avant le travail des commissions : « Tout le monde a pu s’exprimer librement. Je veillerai à ce que ça continue si je suis réélu. »

La session publique se déroule toute la journée de ce mardi 24 février. Vous pouvez la suivre en direct sur internet


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Auteurs
Bertrand

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