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Manuel Valls veut réduire le nombre de région : que deviendra l’Auvergne ?

Publié par Bertrand le mercredi 9 avril 2014 à 06h30min, mis a jour le jeudi 10 avril 2014 à 11h56min - 2621 lectures

Manuel Valls veut réduire le nombre de régions ce qui pose ainsi l'avenir de l'Auvergne. Fusion avec Rhône-Alpes, Limousin, grande région Massif Central... ? Chacun a son idée.

Manuel Valls a prononcé ce mardi son discours de politique générale à l’Assemblée Nationale et décidé de s’attaquer au « millefeuille administratif. » Une annonce phare du nouveau Premier ministre est de réduire de moitié le nombre de régions en France d’ici au premier janvier 2017. Soit un passage de 22 à 11 régions en métropole. Il aussi proposé la suppression des conseils généraux à l’horizon 2021.

Il en a précisé les modalités :

« Il s’agit de faire confiance à l’intelligence des élus. Les régions pourront donc proposer de fusionner par délibérations concordantes. En l’absence de propositions, après les élections départementales et régionales de mars 2015, le gouvernement proposera, par la loi, une nouvelle carte des régions. Elle sera établie pour le premier janvier 2017. »

Le comité Balladur avait déjà imaginé une telle proposition en 2009 mais avait provoqué la grogne des élus locaux. Toutefois, François Hollande avait repris à son compte cette idée en janvier dernier. Il envisageait alors la possibilité d’une France métropolitaine découpée en 15 régions.

Manuel Valls souhaite une telle réforme pour les rendre plus fortes : « elles auront tous les leviers, toutes les compétences, pour accompagner la croissance des entreprises et encourager les initiatives locales. »

Pour les conseils départementaux, nouveau nom de conseils généraux, Manuel Valls « propose leur suppression à l’horizon 2021. » Le Premier ministre a aussi annoncé « une nouvelle carte intercommunale, fondée sur les bassins de vie. »

Surtout, ce profond bouleversement de la carte de France s’accompagnera de la « suppression de la clause de compétence générale » des collectivités territoriales, un vieux serpent de mer. Autrement dit, les compétences des différentes collectivités seront exclusives alors que cette clause permet actuellement à une collectivité, région, département ou commune, d’intervenir dans tous les domaines qu’elle juge nécessaire.

Une clause qui est souvent la cause de l’éparpillement des politiques entre plusieurs acteurs voir des concurrences entre collectivités qui devraient travailler ensemble.

Avec quelle région l’Auvergne doit-elle fusionner ?

Cette annonce de Manuel Valls relance le débat sur l’avenir de l’Auvergne qui semble condamnée à fusionner avec une autre région. En 2009, le comité Balladur avait proposé une fusion entre les régions Auvergne et Rhônes-Alpes sans pour autant recueillir les suffrages tant du côté auvergnat que du côté lyonnais.

Gérard Longuet s’était lui prononcé lui prononcé pour la fusion entre Limousin et Auvergne. Une solution qui ne tient plus vraiment la corde d’autant que le Limousin se tournerait plutôt vers l’ouest.

Sur France 3 Auvergne, René Souchon, président du Conseil régional d’Auvergne a donné sa vision d’une grande région Massif Central :

« C’est l’Auvergne, avec une partie seulement du Limousin car la Haute-Vienne n’appartient pas au Massif Central et n’a aucune envie de venir chez nous. Avec une partie de la Bourgogne qui est la Nièvre avec le Morvan, une petite partie de Rhône-Alpes, une partie plus significative de Languedoc-Roussillon avec la Lozère et éventuellement une partie de Midi-Pyrénées. Mais tout ça se discute. Ce serait une grande région avec une identité géographique et historique pour une part, et une forte identité économique. Quand on veut développer la filière bois, la filière bois ce n’est pas celle de l’Auvergne, de Limousin, de Rhône-Alpes, c’est celle du Massif Central. »

Enfin, la député PS de l’Hérault Anne-Yvonne le Dain a elle imaginé l’idée d’une fusion de l’Auvergne avec le Languedoc-Roussillon : « Je vais vous étonner mais moi je verrais bien une grande région Auvergne-Languedoc-Roussillon. Un axe Clermont-Ferrand Montpellier, l’Occitanie commence à Clermont. »

Enfin, dans un débat devant le club de la presse avant les élections, Olivier Bianchi avait donné un éclairage intéressant sur les dynamiques territoriales et souhaitait positionner Clermont-Ferrand comme un pôle vert et bien être autour de Lyon :

« A Lyon, la fusion métropole-département va changer l’équilibre. On a un gros pôle qui va structurer le territoire français et européen. Il faut jouer notre carte et devenir un pôle de ce territoire. Grenoble est devenu un pôle blanc de cette métropole. Marseille a décidé de devenir depuis longtemps le pôle bleu de Lyon. On peut devenir le pôle vert, être la capitale du bien être pour se nourrir de la dynamique. Depuis 30 ans, les villes ont agglomérés les communes rurales. Maintenant, la prochaine étape, ce sont les très grandes métropoles qui vont agglomérer d’autres pôles qui vont être rattachées dans des constructions en archipel. Nous ne sommes pas un petite ville, mais nous ne serons jamais une des 10 villes structurantes de la France. Il faut que notre ville joue son rôle. »

Cette fusion annonce donc des débats passionnants qu’il faudra éclairer par d’autres données que l’histoire ou la géographie.


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Bertrand

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