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Bonnes feuilles : « Brennus ou la grandeur de l’Auvergne » par Mohammed Chahid

Publié par Bertrand le dimanche 11 novembre 2012 à 21h48min, mis a jour le dimanche 11 novembre 2012 à 21h40min - 1479 lectures

Dans livre collectif, L’Auvergne au XXIe siècle, Mohammed Chahid incite l'Auvergne a avoir de l'ambition pour sa jeunesse et son développement. Large extrait...

La jeune maison d’édition clermontoise Page Centrale a publié il y a quelques mois le livre L’Auvergne au XXIe siècle. Un ouvrage collectif dans lequel 16 contributeurs d’horizons différents (élus, chercheurs, chefs d’entreprises, responsables d’institutions, acteurs de la société civile) réfléchissent au devenir de l’Auvergne.

Parmi eux Mohammed Chahid, né à Casablanca et qui revendique l’Auvergne où il est installé depuis un quart de siècle comme une seconde patrie. Consultant en développement local auprès des collectivités, professeur associé de l’université Blaise Pascal et à l’Institut d’Auvergne du développement des territoires (IADT), il invite l’Auvergne à avoir de l’ambition.

La maison d’édition m’a autorisé à reproduire ici une partie de ce chapitre qui devrait selon moi être lu par le plus grand nombre. En voici donc un large extrait.

L’Auvergne du XXIe siècle reste à rêver. Dans le pays du pneumatique et pour reprendre une expression publicitaire culte des années quatre vingt-dix vantant les mérites d’une voiture : « Elle a tout d’une grande. » Le plus redoutable est qu’elle semble ne pas se reconnaître dans sa propre image, elle qui a pourtant fait de si grands pas.

Mais les temps changent, l’Auvergne communique, et c’est nouveau. Appellations, slogans et magazines fleurissent : « l’Auvergne juste et grande », « l’Auvergne en Grand », le « Grand Clermont », etc. La marque Auvergne nouveau monde appelle à « renforcer l’attractivité et l’image de l’Auvergne » en mobilisant les Auvergnats eux-mêmes à ce grand défi. Ces nouvelles postures sont un appel à la grandeur, au décloisonnement des esprits, rompant le cou à une modestie pluriséculaire des Auvergnats.

Ces encouragements prometteurs sont cependant récents. Il faudra du temps pour réussir cet appel à faire bouger les lignes. L’invitation à conquérir le monde devient une impérieuse nécessité. Ici ou là émergent des initiatives locales montrant le signe d’une vitalité retrouvée et d’un réel dynamisme. C’est l’Auvergne qui invente, qui créé et qui innove.

En revanche, d’autres projets ont du mal à éclore, certaines initiatives sont mort-nées. Les pouvoirs publics sermonnent régulièrement les territoires en pointant le manque de dynamisme et l’absence de projets novateurs et structurants. Les causes sont connues : vieillissement des décideurs locaux, conservatisme, individualisme, rareté des porteurs de projets, faible coopération territoriale, manque de cofinancements, etc.

Au final, l’Auvergne ressemblerait à une bouteille d’eau (si possible minérale) à moitié vide et à moitié pleine. Côté plein, il y a de quoi se réjouir lorsqu’elle réussit et emporte l’adhésion de tous, comme en 2010, où l’Association sportive montferrandaise Clermont Auvergne (ASM) remporte le championnat de France de rugby à XV. Mais les « maudits » ont mis un siècle à brandir le trophée, après onze finales perdues dont trois consécutives, un record.

Le club avait pourtant mis le paquet dès 2006 : un entraîneur aguerri, un public fidélisé, des recrutements de haut niveau et un budget conséquent. De l’aveu même de l’entraîneur Vern Cotter, il fallait agir sur la psyché des joueurs. Si près de la victoire, la haute marche restait inaccessible.

Lorsque la chose fut faite, plus de cent mille personnes se sont rassemblées dans une manifestation populaire, place de Jaude, comme un jour de libération. Un « peuple auvergnat » était né sous le regard médusé de Vercingétorix tenant drapeau jaune et bleu. Le summum était la catharsis opérée par la récompense suprême.

D’écoles en maisons de retraite, d’administrations en entreprises, de ville en ville, nombre d’Auvergnats ont voulu toucher « le bout de bois », autre surnom du bouclier de Brennus. N’était-ce pas un moment de revanche et d’espoir des petits, contre la malédiction et l’arrogance des puissants ?

Cette peur de la victoire, cette difficulté à devenir gagnant – le « syndrome de Brennus » –, semblent révélatrices du comportement des Auvergnats. Trois traits peuvent l’expliquer : le douloureux complexe d’infériorité, l’insoutenable discrétion et une timide ambition.

La suite est à lire dans le livre, mais pour conclure, une dernière phrase de Mohammed Chahid, « Faire dans le petit et rester petit est un crime contre la jeunesse et le développement. Auvergnats du monde, de Paris et d’Auvergne, encore un petit effort ! »


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois

Mots clés
1 - Auvergne - Livre

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