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Laurent Wauquiez désigné tête de liste UMP pour la région Auvergne-Rhône-Alpes ne fait pas l’unanimité

Publié par Bertrand le lundi 9 février 2015 à 12h08min, mis a jour le lundi 9 février 2015 à 12h08min - 1401 lectures

Régionales 2015 — Sans surprise, Le maire du Puy-en-Velay a été désigné tête de liste UMP pour les prochaines élections régionales. Mais ce choix ne fait pas l'unanimité chez les partisans de Michel Barnier qu'ils soient à l'UMP ou chez les partenaires potentiels de l'UDI et du Modem.

Numéro trois de l’UMP, Laurent Wauquiez a obtenu l’investiture de son parti pour les élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes. La Commission Nationale d’Investiture (CNI) de l’UMP a ainsi désigné les chefs de file pour 7 régions. En professionnel de la politique, le maire du Puy-en-Velay avait bien préparé le terrain depuis plusieurs mois en obtenant des soutiens locaux et en commandant aussi un sondage qui lui était très favorable.

Début octobre, un sondage réalisé à la demande de La Droite sociale, le club politique de Laurent Wauquiez, le plaçait ainsi en tête des opinions favorables à droite pour conduire la liste devant l’ancien commissaire européen Michel Barnier (56% contre 43%). Le sondage le donnait gagnant dans un deuxième tour contre le président sortant socialiste de Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne (41% contre 35%). Des soutiens à Michel Barnier, tel Damien Abad, conseiller régional en Rhône-Alpes et député UMP de l’Ain, avait dénoncé la « mascarade » de ce sondage.

Dans un sondage publié le 29 janvier et commandé par Le Progrès à l’IFOP, les sympathisants UMP/UDI en Rhône-Alpes et Auvergne préférait toujours Laurent Wauquiez à Michel Barnier pour conduire une liste d’union aux prochaines élections régionales, mais moins nettement (52% contre 48%). Sa liste arriverait en tête au premier tour devant celle du FN, le PS n’arrivant que troisième.

Ce sondage montrait d’ailleurs qu’en termes de popularité, Michel Barnier arrivait en tête avec un score de 56% de très bonne ou assez bonne opinion, contre 49% à Laurent Wauquiez et 44% au socialiste Jean-Jack Queyranne. A noter que Louis Giscard d’Estaing obtient lui aussi 49% dans ce même sondage et devançait même ses homologues comme personnalité la plus connue de la future grande région avec 71% de notoriété, devant Michel Barnier (69%) et Laurent Wauquiez (66%).

Laurent Wauquiez a déjà déclaré qu’il abandonnerait la mairie du Puy-en-Velay s’il est élu à la tête de la nouvelle grande région. Mais il se verrait bien cumuler président de région et député si la loi, ou plutôt l’abrogation de la loi sur le non-cumul, le lui permettait.

 Le centre uni contre l’UMP

Mais Laurent Wauquiez est un personnage clivant et ses nombreuses prises de positions politiques ne font pas l’unanimité, y compris à droite. Bien entendu, en fin de semaine dernière, Laurent Wauquiez claironnait que « les élus des deux régions ont été entendus avant de voter et de me désigner à l’unanimité. Pour eux il n’y avait pas photo, honnêtement c’est la région qui a posé le moins de problèmes, avec les Pays de la Loire et le Nord-Pas-de-Calais. »

Dans les faits, c’est beaucoup moins net. Michel Barnier a déjà indiqué qu’il refuserait de rejoindre la future équipe de Wauquiez et déclarait à La Montagne : « C’est un passage en force que rien ne justifie, sauf à imposer une ligne qui n’est pas la mienne et qui ne correspond pas à l’intérêt de cette région. Ce sont des méthodes d’autrefois. » L’ancien commissaire européen avait reçu de nombreuses signatures de soutiens dont les signatures de 100 élus territoriaux.

Le Maire de Chamalières et vice-président de l’UDI Louis Giscard d’Estaing avait lui apporté son soutien à Michel Barnier pendant l’automne, indiquant dans une lettre qu’il « partage son analyse sur l’attente de nos concitoyens d’un changement de cap par la mise en place d’un projet régional à l’échelle de nouvelle collectivité. ». LGE souhaitait aussi « le rassemblement de toutes les familles politiques de la droite et du centre afin que ce projet régional soit porté d’une seule voix dès le premier tour. »

Or ce rassemblement a pris du plomb dans l’aile avec la désignation de Laurent Wauquiez. Avant même l’officialisation de la désignation de Laurent Wauquiez, l’UDI avait déjà montré son désaccord. Mardi et mercredi dernier, son président Jean-Christophe Lagarde s’était montré très clair :

« Il y a un problème de ligne politique : si c’est Michel Barnier qui est désigné par l’UMP, nous avons des lignes politiques similaires et donc nous pouvons parfaitement faire une liste commune. Si c’est Laurent Wauquiez, qui a marqué une droitisation extrême au cours de ces derniers mois et de ces dernières années, nous ne pourrons pas être sur la même liste. »

Dans un communiqué, il accusait aussi le candidat UMP de « tentatives de débauchages incessantes, insultantes et insupportables » envers des centristes. Voyant dans « la désignation de Laurent Wauquiez est un signe inquiétant », il annonçait ainsi l’investiture d’un candidat UDI fin mars.

François Bayrou a aussi montré son désaccord. Dans une interview accordée au Progrès, le président du MoDem s’est montré très clair : « Je pense que Laurent Wauquiez n’est pas le bon candidat du tout pour cette région, car il est un candidat d’affrontement et très politicien. » Il jugeait aussi sa personnalité comme trop « clivante ». Selon lui, contrairement à Laurent Wauquiez, l’ancien commissaire européen au Marché intérieur « a la stature internationale que réclame une région telle que Rhône-Alpes-Auvergne. »

Les négociations pour faire une liste d’union semblent donc bien mal parties même si Wauquiez a obtenu un soutien prudent de Louis Giscard d’Estaing :

 « Compte tenu de la gravité du contexte politique national, et du poids économique de la 2éme Région de France, j’en appelle au sens de la responsabilité collective des responsables régionaux des formations politiques aspirant à des alternances régionales comme nationales pour œuvrer ensemble, si les conditions se trouvent réunies, à la constitution d’un projet commun. Dans un esprit de rassemblement, il faut réunir tous les acteurs majeurs politiques comme économiques de la région pour y parvenir. Conformément aux résultats du sondage IFOP publié par LE PROGRES le 29 janvier dernier, je suis prêt évidement à y apporter toute ma contribution. »

 René Souchon s’en amuse

Côté PS, où le candidat n’a pas encore été désigné mais où il ne fait guère de doute que l’investiture ira à Jean-Jack Queyranne, on constate un brin amusé cette désignation clivante. René Souchon n’a pas manqué de taclé l’élu ponot qu’il apprécie très peu : « Wauquiez est tellement clivant, il a tellement glissé vers l’extrême droite qu’une partie de la droite n’en veut pas »

Jean-Jack Queyranne, a rappelé que sur le choix « qui a fracturé l’UMP » la semaine dernière sur la consigne de vote entre PS et FN dans le Doubs, Laurent Wauquiez était « celui qui avait parlé le premier et la position la plus à droite, celle d’une droite dure. »


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Auteurs
Bertrand

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