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L’Auvergne doit-elle fusionner avec une autre région ?

Publié par Bertrand le vendredi 17 janvier 2014 à 13h32min, mis a jour le vendredi 17 janvier 2014 à 15h53min - 3773 lectures

Dans quelle région habiterons-nous dans quelques années : Auvergne-Limousin ou Rhône-Alpes-Auvergne ? L'idée de fusionner des régions n'est pas nouvelle mais s'est toujours heurtée à des réticences.

Dans sa conférence de presse de mardi, François Hollande a annoncé sa volonté de fusionner certaines régions sur la base du volontariat avec un système de bonus-malus pour inciter les récalcitrants. Pour le chef de l’Etat, « les collectivités seront invités à se rapprocher, les régions d’abord dont le nombre peut évoluer. »

L’objectif est de passer de 22 régions à une quinzaine mais l’idée est aussi de supprimer au passage quelques départements. Une idée qui n’est pas nouvelle et qui avait provoqué une levée de boucliers quand d’autres gouvernements l’ont envisagé par le passé.

Pour autant, alors que les financements manquent, il semble plus que nécessaire de trouver comment simplifier le fameux millefeuille territorial. Selon les décomptes du Monde, la France compte pas loin de 600.000 élus en 2013 : 1 880 conseillers régionaux, 4 052 conseillers généraux et 38 646 maires, ainsi que 519 417 conseillers municipaux.

 Une vieille idée

La volonté de rapprocher les régions est souvent de copier le modèle allemand et les fameux länders très puissants. Mais leur puissance vient aussi d’une réelle décentralisation quand la France s’est arrêtée en route tant politiquement qu’économiquement.

En 2009, le comité Balladur envisageait déjà la fusion de régions sous la forme du volontariat. Gérard Longuet s’était prononcé pour la fusion entre Limousin et Auvergne et le rapport évoquait le mariage entre Auvergne et Rhône-Alpes. Avec 1,6 million d’habitants, l’Auvergne apparait souvent trop petite et aucun projet ne laisse seule dans son coin.

A l’époque les élus locaux s’étaient déjà montrés très virulents contre cette réforme. Brice Hortefeux tenait à la région Auvergne qui fait partie selon lui « des trois régions identifiées par les Français. » René Souchon avait trouvé cette proposition « stupide. » Valéry Giscard d’Estaing avait lui demandé à ce que les Auvergnats ne soient pas séparés : « Mais ne séparez pas les Auvergnats, de divisez pas l’Auvergne. »

A gauche les réactions sont toutefois plus modérées, sous l’ère Hollande que sous celle de Nicolas Sarkozy. Sur France 3, Jean Mallot, président du groupe PS au Conseil régional, admettait que « L’Auvergne peut tirer bénéfice d’un rapprochement avec la Région Rhône-Alpes. » Il aussi rappelé que « la Région Auvergne avait émis le projet il y a très longtemps de se rapprocher du Limousin » avant de se rendre compte « que ce n’était pas forcément une bonne idée. »

Pour l’Auvergne, les scénarios Balladur sont ressortis : fusion avec le Limousin ou intégration en Rhône-Alpes.

Deux options logiques géographiquement mais déjà expérimentées par certains. La Caisse d’Epargne regroupe déjà Auvergne et Limousin avec son siège à Clermont-Ferrand. La chambre régionale des comptes d’Auvergne a fusionné avec Rhône-Alpes et a déménagé à Lyon. Le cancéropôle CLARA regroupe déjà Auvergne et Rhône-Alpes. De plus, les échanges entre Clermont et Lyon sont déjà très importants, et que les études portant sur le Grand Clermont souhaitaient la promotion de la coopération avec Rhône-Alpes.

 Trop d’élus... communaux ?

Et tant qu’à parler de diminutions des élus, une enquête du député apparenté PS René Dosière, spécialiste de ces questions de finances était très claire sur le coût. L’ensemble de nos 600.000 élus touchent un total de 1,4 milliard d’euros d’indemnités, dont 1,17 milliard pour les seuls élus municipaux qui sont eux les plus nombreux.

Peut être alors faudrait-il penser à fusionner les communes déjà réunies au seins des communautés de communes. Alors que les communes se touchent toutes, que la métropole Clermont-Vichy-Auvergne est en route, que certains candidats souhaitent cumuler poste de Maire de Clermont et président de Clermont Co, et que d’autres candidats à la mairie de Clermont habitent les communes voisines la coexistence des mairies et de l’agglomération devrait tout autant poser question quand on parle de simplification.


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois


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