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L’école supérieure d’art de Clermont-Ferrand ouvre son fablab au public

Publié par Bertrand le mercredi 1er avril 2015 à 19h21min, mis a jour le vendredi 10 avril 2015 à 00h47min - 3597 lectures - 5 partages

Espace d'expérimentation et d'invention, Protolab propose au public de découvrir et utiliser les technologies permettant de fabriquer ses objets.

Installé dans une petite salle de l’École Supérieure d’Art de Clermont Métropole, le Protolab ressemble plus à un atelier de bricoleurs électroniques qu’à celui d’un artiste traditionnel tel qu’on l’imagine. Pendant que la découpeuse laser termine la forme d’un poisson, tradition du 1er avril oblige, l’imprimante 3D termine une sorte de petite salamandre en plastique qui permettra de former avec d’autres le logo du lieu.

Branchée à un ordinateur, l’imprimante a déjà craché diverses pièces allant du petit plot de chantier à un la réplique d’un cocon d’insecte en passant par des pièces diverses et des engrenages. Pour peu que vous sachiez modéliser l’objet en 3D, l’imprimante sera capable de le reproduire. En face, la brodeuse avec ses dix bobines de fil et son écran de la taille d’une tablette permet de réaliser des créations sur tissus mais aussi sur bois. Le long du mur on découvre une découpeuse vinyle pilotée par ordinateur traditionnellement utilisée pour faire des stickers ou personnaliser les textiles.

Sur une table à côté, on s’amuse d’un joyeux bric à brac de fils, de tiges de bois et d’appareils électroniques. On y reconnait un Arduino, un ensemble de composants électroniques et de circuit imprimé open source, permettant de créer facilement ses propres objets électroniques. Bienvenue dans le monde des « Makers ».

 Nouvelle révolution industrielle ?

Dans son livre justement intitulé « Makers », le journaliste Chris Anderson voit dans ces pratiques la future révolution industrielle. Elle sera permise par internet et ces nouveaux outils numériques mais aussi une nouvelle philosophie mettant le « Do-It-Yourself » électronique à la portée de tous. Dans son livre l’auteur analysait ainsi la démocratisation des outils de productions numériques permettant ainsi aux bricolo-créateurs d’inventer les objets dont ils ont besoin, d’apprendre à les créer, les partager.

Tout cela peut sembler hors de portée du néophyte. Alors justement, le concept de fab lab (contraction de l’anglais fabrication laboratory) vise à démocratiser cette approche en donnant accès à des lieux équipés de machines mais aussi à des compétences pour vous aider. La charte des fablabs mise en place par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) prône en effet l’ouverture au public, la pratique solidaire et collaborative et la rencontre des publics.

Ceux qui ont des idées rencontrent ainsi ceux qui ont les compétences pour les aider à les réaliser. La charte prévoit aussi que ce qui est créé soit redistribué sous licence libre pour pouvoir être recréé, amélioré dans d’autres lieux similaires tout autour de la planète. Le fablab clermontois entend bien coller à la charte pour être reconnu d’autant que dans le monde le concept a prouvé son efficacité quand les lieux sont bien animés.

Les fablabs permettent de faire plutôt qu’utiliser, essaie de faire en sorte que l’obsolescence programmée ne soit pas une fatalité tout en essayer de libérer les consommateurs de la dépendance au producteur. Ils peuvent aussi faire le pont entre recruteurs et étudiants et s’avèrent aussi de très bons moyens d’aborder la technologie pour certains publics. Ils font aussi probablement quelques vocations d’inventeurs chez les plus jeunes.

 Un fablab tourné vers la création artistique

Les fablabs se sont ainsi multipliés ces dernière années dans le monde et celui de l’école d’art n’est pas le premier en Auvergne. Le concept est même devenu un enjeu politique, avec une dynamique lancée par le gouvernement. Au niveau local, nombreux sont les élus, souvent en milieu rural d’ailleurs, à avoir évoqué l’idée d’un fablab d’autant que le cahier des charges du programme de la French Tech intègre la nécessité pour le territoire candidat de comporter un fablab.

Mais celui de l’école clermontoise a une caractéristique de par son origine. Le ProtoLab est ainsi tourné vers les pratiques artistiques et l’art numérique.

Il ne s’agit là que du deuxième artlab français après Paris et trois existent en Belgique. Si ces oeuvres ne sont pas encore dans les musées, les artistes ont eux déjà bien intégré ces outils comme en témoigne la Biennale Internationale Design Saint-Étienne 2015.

Les élèves peuvent venir au Fablab utiliser les machines avec l’aide des enseignants. Le grand public peut lui aussi venir fabriquer ses inventions avec l’aide d’enseignants, élèves et artistes. Pour le grand public, le fablab demandera seulement de payer le temps d’utilisation des machines, les consommables pour réaliser les produits et éventuellement des prestations d’accompagnement. A vous alors de venir avec vos idées et l’envie de devenir un « maker »...


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois


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