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Décès de Jacques Barrot

Publié par Bertrand le jeudi 4 décembre 2014 à 08h48min, mis a jour le jeudi 4 décembre 2014 à 08h38min - 545 lectures

Haute-Loire — Elu très attaché à l'Auvergne et à la Haute-Loire, européen convaincu, Jacques Barrot était aussi célèbre pour ses larmes après les résultats du premier tour des élections présidentielles 2002.

L’ancien député, ministre et commissaire européen Jacques Barrot est décédé ce mercredi 3 décembre après un malaise dans le métro parisien. Selon une source policière, il a fait un « malaise » à la station Sablons, à Neuilly-sur-Seine, et a été pris en charge par les secours. Réputé pour son engagement européen, il était une figure du centre et de la politique en Auvergne et en France.

Né en 1937 à Yssingeaux en Haute-Loire, il était devenu le plus jeune député en 1967 en étant élu dans la circonscription de son père, ancien résistant mort en cours de mandat. Un siège qu’il a occupé jusqu’en 2004. Il cède alors son siège à son suppléant Laurent Wauquiez quand il est nommé vice-président de la Commission européenne, aux côtés du président José Manuel Barroso.

Quatre ans plus tard, il remplace Franco Frattini dans ses fonctions de commissaire à la Justice, à la Liberté et à la Sécurité. En 2010, Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, le nomme au Conseil constitutionnel pour succéder à Pierre Joxe. Poste qu’il occupait toujours.

Professionnel de la politique il a occupé un nombre de fonctions impressionnante :

  • conseiller municipal puis maire d’Yssingeaux de 1965 à 2001,
  • conseiller général puis président du conseil général de la Haute-Loire de 1966 à 2001, avant d’en redevenir simple conseiller général jusqu’en 2008 ;
  • secrétaire d’Etat au Logement de 1974 à 1978, ministre du Commerce et de l’Artisanat en 1978-1979 et de Santé et la sécurité sociale (1979-1981). Il investit de nouveau un ministère une quinzaine d’années plus tard, sous Jacques Chirac cette fois, au Travail et aux Affaires sociales (1995-1997).

Il avait aussi oeuvré pour l’intégration du centre au sein de l’UMP. Avant de rejoindre Bruxelles il avait présidé le groupe UMP à l’Assemblée Nationale. Il reste aussi dans les mémoires ses larmes du 21 avril 2002 après la qualification de de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Suivi dans son bureau de l’Assemblée Nationale aux côtés d’un très jeune Laurent Wauquiez, il avait alors évoqué « une catastrophe démocratique » et n’avait pu finir sa phrase sous le coup de l’émotion

« Stupéfiant, stupéfiant. C’est dur pour des gens comme moi qui font de la politique avec le fond de leurs tripes. Je suis content que Chirac ait 20 %, mais pour la France, merde... »

Réactions émues

Dans un communiqué de l’Elysée, le président de la République a fait part de sa « vive émotion », saluant « une grande figure de la famille centriste en France et de la démocratie chrétienne européenne. » Manuel Valls a rendu hommage à « un homme de conviction, qui a incarné les valeurs de dialogue, d’ouverture, d’humanisme et de la démocratie chrétienne. »

Emotion compréhensible aussi chez Laurent Wauquiez : « Jacques Barrot était un grand serviteur de la France et de l’Europe. Un grand monsieur nous quitte et je n’oublie pas ce que je lui dois. » Nicolas Sarkozy, ancien chef de l’Etat et président de l’UMP, a pour sa part évoqué un homme dont « toute la vie a été guidée par la volonté de servir les Français. »

Gérard Larcher, président du groupe UMP au Sénat, a évoqué un « grand serviteur de l’Etat (...) qui tirait de ses convictions un humanisme qui inspirait chacune des fonctions qu’il a exercées. »

François Bayrou, président du MoDem, a lui parlé d’« un choc pour tous ceux qui ont partagé cette aventure politique qu’à été l’histoire du centre en France, spécialement dans le grand courant de la démocratie chrétienne. »

Mêmes réactions au niveau européen, avec José-Manuel Barroso « Mes profonds sentiments pour le decès de mon ami, ancien commissaire et grand européen Jacques Barrot. » L’activité de Jacques Barrot en tant que commissaire européen a aussi été saluée par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne :

« J’ai beaucoup apprécié le travail qui fut le sien en tant que ministre français, j’ai plus qu’apprécié son travail en tant que commissaire français à Bruxelles. C’est une mort qui me rend triste. »

René Souchon, président du Conseil régional d’Auvergne lui a aussi rendu hommage

Elu épris de la vie publique et de l’intérêt général, ce passionné de l’Auvergne et de la Haute-Loire aura occupé de nombreuses fonctions électives et des responsabilités gouvernementales dans un esprit d’ouverture et de dialogue reconnu par toutes et tous.

Européen convaincu, Jacques Barrot fut notamment un Commissaire européen très actif et soucieux des territoires. Il a beaucoup milité pour une Europe proche des citoyens, une Europe à visage humain au service des populations.

En tant que Président du Festival de la Chaise-Dieu, il aura également très largement contribué au rayonnement national et international de la Haute-Loire et de l’Auvergne.

Peu après l’annonce de sa mort, les députés ont observé une minute de silence à l’Assemblée nationale.


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois

Mots clés
Auvergne - Haute-Loire - Politique