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Crise de l’hébergement d’urgence à Clermont-Ferrand et dans le département

Publié par Bertrand le mardi 3 septembre 2013 à 11h09min, mis a jour le vendredi 6 septembre 2013 à 08h11min - 1665 lectures

Faute de moyens suffisants, le 115 a été stoppé quelques jours dans le département et des centaines de personnes dans la rue.

Le logement d’urgence est en crise à Clermont-Ferrand. Il y a quelques jours, l’ANEF, l’association gestionnaire du 115 dans le Puy-de-Dôme avait décidé de ne plus payer à compter du 2 septembre les hôteliers assurant ces hébergements. L’effet a été immédiat avec 350 personnes, dont 150 enfants environ, à la rue après avoir du quitter l’hôtel où elles dormaient.

Le service assure l’hébergement de demandeurs d’asiles ou déboutés du droit d’asile, mais aussi des mères seules avec enfant(s), des femmes victimes de violence ou des SDF. Rassemblées Place de Jaude toute la journée, environ 200 personnes mises à la rue ont dormi à l’intérieur de l’église des Minimes. D’autres ont été réparties dans le département.

Une solution transitoire qui a rapidement posé problème. Ce matin, la préfecture indique ainsi que « des dégagements de fumée liés à un début d’incendie ont conduit à l’évacuation du bâtiment. » Le SAMU n’a toutefois constaté aucun blessé.

La préfecture indique que les services de l’Etat ont proposé en lien avec la Ville de Clermont-Ferrand, « une solution d’hébergement d’urgence collectif aux personnes en détresse, et regrettent que cette dernière ait été refusée. » Elle indique que « cette solution d’urgence est maintenue afin d’accueillir l’ensemble des personnes, familles et enfants, qui souhaiteraient bénéficier d’un accueil. »

 Dette de l’Etat

C’est le financement qui est au coeur du problème. Gilles Loubier, directeur général de l’ANEF, a justifié son choix à l’AFP : « Depuis janvier 2013, l’Etat ne nous a remboursé que 5% environ des 2,3 millions d’euros, soit 350 000 euros par mois, que nous avons engagés pour loger ces personnes. Nous ne pouvons plus continuer car ce serait mettre en danger la survie de l’association et de ses 110 salariés. »

L’ANEF gère en effet aussi une quinzaine des établissements et services spécialisés dans la protection de l’enfance et l’insertion sociale et professionnelle par le logement, à Clermont-Ferrand, Riom et Vichy. Selon son directeur, « ce sont tous les services de l’association qui vont être mis à mal, faute de trésorerie, et on ne pourra pas payer les salaires de septembre. » L’ANEF se défend d’avoir voulu faire un coup de force et affirme « que les services de l’Etat sont au courant depuis plusieurs mois de la situation. »

L’Etat, qui est responsable de l’accueil et de l’orientation des personnes défavorisées en situation de détresse médicale, psychique et sociale, notamment via le service du 115, a d’abord appelé « à rétablir et maintenir le 115, dont le fonctionnement est d’ores et déjà financé pour l’année 2013. »

Le Préfet a ensuite organisé une réunion de concertation ce lundi pour trouver des solutions avec l’ANEF et les autres partenaires locaux concernés par l’hébergement d’urgence dans le départ du Puy-de-Dôme. Le Préfet a ensuite annoncé le débloquage de « moyens supplémentaires à hauteur de 400 000 euros pour assurer l’hébergement hôtelier dans les semaines qui viennent. »

Le Préfet a aussi indiqué qu’à l’issue de son conseil d’administration de ce lundi, « l’ANEF a décidé de remettre en fonctionnement le 115 afin de répondre aux demandes d’extrême urgence et de les orienter vers les formes d’hébergement disponibles en dehors du parc hôtelier. » Le 115 refonctionne donc depuis ce lundi soir.

 Des besoins en constante augmentation

Le Préfet du Puy-de-Dôme a aussi dressé un bilan de l’augmentation des capacités d’accueil et du coût que cela représente pour l’Etat :

depuis un an, le nombre de places d’urgence a doublé, passant de 49 à 113 pour l’hébergement généraliste (64 places nouvelles), et de 55 à 131 pour l’hébergement des demandeurs d’asile (76 places nouvelles). Le nombre total de places permettant d’héberger des personnes défavorisées dans le département et financées par l’Etat atteint aujourd’hui 775, et sera bientôt augmenté de 50 nouvelles places d’hébergement d’urgence. L’effort financier de l’Etat en faveur de l’hébergement d’urgence dans le Puy-de-Dôme n’a cessé de s’accentuer, passant de 1,8 millions d’euros en 2010 à 2,08 millions en 2011, 2,17 millions en 2012 et 2,21 millions en 2013, soit une hausse de plus de 20 % entre 2010 et 2013.

Selon la Préfecture une cellule opérationnelle, qui rassemble les acteurs publics et associatifs du département, est en train d’identifier des solutions individuelles d’hébergement. Les 400 000 euros mobilisés par l’Etat afin de financer un hébergement hôtelier pour les cas d’extrême urgence risquent de ne pas suffire longtemps surtout s’ils viennent seulement combler les arriérés de paiements. Dans ce cas là la solution proposée ressemble plus à une impasse qu’au règlement du problème.

Une manifestation de soutien est organisée ce mardi à 18h Place de Jaude


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Auteurs
Bertrand

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