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5 choses à savoir avant le procès de l’affaire Fiona

Publié par Catherine Lopes le lundi 14 novembre 2016 à 07h00min, mis a jour le dimanche 13 novembre 2016 à 20h56min - 3186 lectures - 6 partages

Le procès de Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, et de Berkane Makhlouf, son compagnon de l'époque débute ce lundi 14 novembre. Il se déroule à la Cour d'Assises du Puy-de-Dôme, à Riom et les débats devraient durer 10 jours.

 1 — Quelles sont les dates-clés de l’affaire Fiona ?

  • Dimanche 12 mai 2013 : Cécile Bourgeon déclare la disparition de sa fille Fiona, 5 ans, dans le parc Montjuzet à Clermont-Ferrand
  • Le 13 mai 2013 : la police lance un appel à témoin
  • Le 14 mai 2013 : une information judiciaire pour enlèvement et séquestration sur mineur de moins de 15 ans est ouverte
  • Le 16 mai 2013 : Cécile Bourgeon entre en scène. Elle se porte partie civile et lance un appel aux médias pour qu’on lui ramène sa fille
  • Le 22 mai 2013 : Berkane Maklouf, le beau-père, se constitue à son tour partie civile
  • Fin août 2013 : Cécile Bourgeon accouche de l’enfant de Berkane Maklouf à Perpignan où le couple a déménagé
  • Le 25 septembre 2013 : Cécile Bourgeon et Berkane Maklouf sont interpellés à Perpignan, placés en garde à vue et avouent la mort de Fiona
  • Les 26 et 27 septembre 2013 : les premières recherches du corps de Fiona ont lieu près du lac d’Aydat en présence de la mère et du beau-père
  • Le 26 septembre 2013 : Cécile Bourgeon et Berkane Maklouf sont incarcérés
  • Le 10 octobre 2013 : les recherches du corps reprennent
  • Le 22 octobre 2013 : Cécile Bourgeon est mise en examen à son tour pour "coups mortels aggravés", tout comme Maklouf
  • Le 12 mai 2014 : de nouvelles recherches du corps de Fiona, un an après sa disparition, ont lieu

 2 — Quelles sont les charges qui pèsent contre Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf ?

Cécile Bourgeon est renvoyée devant la Cour d’Assises du Puy-de-Dôme des chefs de :

  • violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, sur mineure de 15 ans, par ascendant, en réunion
  • non assistance à personne en péril
  • recel de cadavre
  • modification de l’état des lieux d’un crime
  • dénonciation mensongère à l’autorité judiciaire de faits constitutifs d’un crime ou d’un délit ayant provoqué des recherches inutiles

Berkane Makhlouf est renvoyé devant la Cour d’Assises du Puy-de-Dôme des chefs de :

  • violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, sur mineure de 15 ans, par personne ayant autorité, en réunion
  • non assistance à personne en péril
  • recel de cadavre

Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf encourent 30 ans de réclusion criminelle.

 3 — Quelques chiffres sur cette affaire hors norme

  • Plus de 3000 procès-verbaux ont été compilés tout au long de la procédure par les enquêteurs de la Police Judiciaire de Clermont-Ferrand
  • Près de 250 personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de l’affaire, dont de nombreux délinquants sexuels
  • C’est au cours de sa 4e audition dans les locaux du SRPJ de Perpignan que Cécile Bourgeon a craqué et a avoué son terrible mensonge
  • Sur Facebook, la photo de la fillette a très vite été partagée, dès l’annonce de sa disparition. Un groupe de soutien comptant près de 18 000 membres avait même vu le jour

 4 — Les policiers ont-ils renoncé à retrouver le corps de la fillette ?

Pierre Sennès, le procureur de la République de l’époque a été très clair dans ses déclarations. Il l’a affirmé à nos confrères du Point le 23 septembre 2014 :

« C’est une question délicate. Il est évident que s’il y avait un élément nouveau, crédible et digne d’intérêt qui pourrait nous amener à faire de nouvelles recherches, on le ferait, car personne n’a renoncé à retrouver ce corps. Mais ces éléments nouveaux pourraient venir des deux principaux intéressés. Or, on a malheureusement épuisé le sujet avec eux. La dernière fois, nous avons même changé de stratégie pour orienter les recherches en les transportant sur place après avoir présélectionné des lieux susceptibles de correspondre à leurs déclarations. Ils n’ont pas pu se souvenir de l’endroit où ils ont enfoui la fillette. On a ratissé le plus largement possible et cela n’a rien donné. Retourner chercher avec eux sur place n’est plus envisageable. »

 5 — La cause de la mort de Fiona est-elle la principale zone d’ombre de l’affaire ?

Les circonstances de la mort de la fillette vont être au cœur des débats. Est-elle morte sous les coups de son beau-père ? Est-elle décédée après avoir ingéré de la drogue au domicile de sa mère ? Voici les hypothèses qui sont évoquées. Mais ce n’est pas la seule zone d’ombre.

En effet, les enquêteurs se sont longuement penché sur la séquence de l’enterrement de l’enfant, tel que les deux prévenus le certifient. Ils affirment avoir enterré Fiona sur la commune d’Aydat. Pour l’instant, aucun élément matériel ne le confirme : ni l’enquête au sol, ni les recherches aériennes, ni la minutieuse enquête de voisinage ne l’ont démontré.

La juge d’instruction va même jusqu’à dire dans son ordonnance de mise en accusation :

« Cette séquence de l’enterrement serait un ultime mensonge auquel les deux accusés ont intérêt. »

Une phrase lourde de sens, car Cécile Bourgeon invoque l’amnésie et Berkane Makhlouf l’impossibilité de se repérer dans l’espace.


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Auteurs
Catherine Lopes

Journaliste multimedia, portauvergnate heureuse, bloggueuse curieuse de tout.