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Fadela Amara et le bidonville d’Herbet

Publié par Bertrand le vendredi 3 août 2007 à 08h02min, mis a jour le mercredi 25 février 2015 à 05h43min - 3078 lectures

Politique — Fadela Amara vient de lancer deux blogs sur la politique de la ville. Dans sa présentation sur l'un d'eux elle décrit le quartier d'Herbet de son enfance à Clermont-Ferrand comme un bidonville. Amplification ou réalité ? Je recherche des témoignages...

Fadela Amara, désormais secrétaire d’Etat à la politique de la ville, vient de lancer deux blogs destinés à des publics différents. Le premier, très classique et institutionnel, s’adresse à tout le monde (www.fadela-amara.net).

Le deuxième, lui, sort de l’ordinaire car il a été créé sur la plate-forme skyblog, très prisée des adolescents et emprunte les codes de langage des "djeuns" (www.pourmaville.skyblog.com) : « Salut, je m’appelle Fadela. Dis-moi qu’est-ce que tu attends pour ton école, pourquoi tu galères ? Comment tu construis ton quartier idéal ? N’hésite pas à lâcher plein de comms et des idées qui te tiennent à coeur, je répondrai régulièrement à vos messages ».

Ces deux blogs sont bien entendu des outils de communication politique qui doivent servir à créer le débat. Tout diffère dans la présentation (présentation, langages, attitudes) mais ce qui va sûrement faire parler un peu plus sur le plan local est son billet "Qui je suis, d’où je viens" sur son skyblog.

Dans son livre La Racaille de la République, Fadela Amara explique que ses parents "se sont installés dans une cité supposée être de transit à l’époque, le quartier d’Herbet, à Clermont-Ferrand. Dans ce quartier, il n’y avait pas de mélange. Quand je suis née, 99 % de la population était d’origine algérienne ou du nord du Maghreb. J’ai vécu dans un village arabe, algérien."

Mais dans son skyblog, la cité de l’ancienne présidente du mouvement Ni putes, ni soumises s’est transformée en bidonville. En France les bidonvilles ont disparu au milieu des années 1970 et Fadela Amara est née en 1964 ce qui peut correspondre. Mais Herbet était il vraiment un bidonville comme on les imagine maintenant et comme il s’en créé de nouveau aux portes de Clermont ou un cité peu confortable que Fadela Amara noircie un peu plus pour appuyer son message : « C’est la preuve qu’on peut réussir même quand on est dans la merde. Même si on est né dans la merde, on peut arriver à ce qu’on veut vraiment. Même si c’est plus dur que pour tout le monde... » ?

La réponse se trouve peut être entre les deux comme l’explique cet article paru dans Interdépendances : « Née en 1964 à Clermont-Ferrand de parents immigrés kabyles, Fadela Amara a grandi dans ce qu’on appelait à l’époque des cités d’urgence, qu’elle renomme, elle, bidonvilles : " « Notre quartier était vraiment touché par la misère. Je retiens de mon enfance le froid et la promiscuité. » "

Je ne souhaite pas ici faire de polémique, mais recherche plutôt des témoignages de ce qu’était vraiment ce quartier à cette époque.

Témoignages reçus

Annie : « Fadela Amara, a à peine forcé le trait, en tout cas pas de quoi casser la mine du crayon. Bien sûr, le quartier d’Herbet n’était pas fait de planches doublées de journaux et de tôles ondulées comme tu l’imagines, le tout agrémenté de calendriers pour boucher les courants d’air. C’était bien pire. La ville avait monté des baraquements en fibrociment, glacial l’hiver et torride l’été. Sans aucunes commodités. D’ailleurs quand on parlait de ce quartier, on ne disait que "les baraquements d’Herbet". »

Témoignage non signé : « C’était la misère profonde pour les immigrés, mais pas des bidonvilles. Ensuite c’est devenu un quartier de voyoux. Avec sous Giscard un grand nettoyage type charter d’aujourd’hui ou un grand nombre de jeunes magrebins ont été ramené en algérie. Ils en sont revenus très vite vu les conditions d’accueil sur place mais la plupart se sont rangés dans des boulots honnettes type maconnerie les autres ont continué et fait de la prison. C’est là que Fadela c’est battue contre la double peine (prison en france et renvoit dans le pays d’origine) »

Témoignage non signé : « Ce sont justement ceux là, où Fadela est née. Il y a aussi le boxeur Salim Medjkoune qui vient de ce quartier. La ville a un peu barbouillé les façades de peinture, il y a quelques années et refait les toits mais sinon ce sont toujours les mêmes baraquements. Toujours aussi agréable d’y vivre, ça me fait penser à ce téléfilm avec SmaÏn "Harkis". Même ambiance, même paysage. J’ai des harkis dans ma famille alors je connais plutôt bien le problème. »

Témoignage non signé : « Bonjour moi je viens d’Herbet et je peux vous dire que ce quartier s’est transformé en ghetto. Beaucoup de gens en sont parti mais ceux qui restent aiment ce quartier et ne veulent pas qu’on le rase. Les offices HLM ont muré les caves et les appartements vacants avec du ciment et de la tôle ce qui donne une image encore plus négative du quartier. »

Témoignagne de Thierry : « C’est la seule cité de Clermont ferrand qui n’ait jamais eu la moindre rénovation depuis 40 ans. L’article dela Montagne du 11 avril est edifiant, abandon général, habitat insalubre et indigne, les bandes qui font tout en toute impunité et les pauvres gens agés laissés à l’abandon. Quand la vérité dérange les élus tels qu’ils soient... »


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Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois


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