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Edouard Michelin est mort

Publié par Alexandra, Bertrand le vendredi 26 mai 2006 à 23h35min, mis a jour le samedi 27 mai 2006 à 09h21min - 2356 lectures

Le PDG du groupe Michelin s'est noyé vendredi après-midi dans le naufrage d'un bateau de pêche au large de l'île de Sein.

Edouard Michelin était parti en mer en matinée pour pêcher le bar dans le raz de Sein avec le président du comité des pêches d’Audierne (Finistère), Guillaume Normant, qui est lui-même porté disparu.

L’alerte a été donnée vendredi à 15h00 quand des professionnels du port d’Audierne ont constaté l’absence du bâteau Liberté de Guillaume Normant, un fileyeur-ligneur de 8,50 m, qui aurait dû rentrer à 14h00.

Un patrouilleur de la Marine nationale, deux vedettes de la SNSM et des Douanes, une dizaine de bateaux de pêche et un hélicoptère de la Sécurité civile ont participé aux recherches. En soirée, un hélicoptère Super Frelon a pris le relais. Le corps sans vie d’Edouard Michelin a finalement été repêché au large de l’île de Sein.

Pour l’instant les raisons du naufrage demeurent inconnues. Le raz de Sein, entre la pointe du Raz et l’île de Sein, est l’un des endroits les plus dangereux de la côte bretonne, mais aussi les plus prisés pour la pêche au bar de ligne, qui se fait à bord de petites embarcations. "C’est une zone à risques où seuls des professionnels avertis peuvent pêcher. Il y a des rochers, des courants, c’est une vraie lessiveuse", a souligné Jean-Marie Figue, porte-parole de la préfecture maritime de l’Atlantique.

 Un bilan brillant

Ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris (promotion 1987), il avait effectué ses premiers stages dans l’entreprise familiale à 22 ans. Après avoir exercé diverses responsabilités dans les domaines de la recherche, de la production et du commerce, notamment aux Etats-Unis.

En 1991, il devient cogérant du groupe à 28 ans aux côtés de son père et de René Zingraff. Il s’était beaucoup impliqué dans la réorganisation du groupe par "lignes de produits" (tourisme, poids lourds, génie civil...) et non plus par zones géographiques ainsi que dans le développement d’une stratégie multimarques. Il avait succédé à son père François à la tête du groupe en 1999.

Il a aussi engagé le groupe dans les pneus verts réduisant la consommation d’essence et les pneus haut de gamme. Il avait aussi une grande vision internationale et avait amorcé le développement du groupe en Asie et à son ouverture vers les nouveaux marchés d’Europe centrale et orientale, et d’Amérique Latine.

Arrivé dans un groupe endetté, il laisse une entreprise florissante, numéro un mondial des pneumatiques avec près d’un cinquième du marché mondial et qui a dégagé l’an dernier un résultat net de 889 millions d’euros avec un chiffre d’affaires de 15,6 milliards d’euros.

Conformément aux statuts de Michelin, M. Michel Rollier, cogérant en exercice, exercera la continuité de la direction du Groupe.

 Nombreuses réactions

La disparition d’Edouard Michelin a aussitôt suscité des réactions au plus haut niveau de l’Etat. Jacques Chirac a exprimé sa "grande tristesse" et fait l’éloge de l’engagement d’un homme qui, "tout au long de sa carrière, s’est entièrement dévoué à son entreprise". Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, a estimé qu’avec la mort accidentelle d’Edouard Michelin, "l’économie française perd tragiquement l’une de ses figures montantes", et "un homme brillant, dynamique et profondément humain".

Le ministre de l’Economie et des Finances. Thierry Breton a quant à lui salué, dans un communiqué, « la mémoire d’un dirigeant dynamique et clairvoyant qui a su maintenir au meilleur niveau mondial un très grand groupe industriel français, enraciné au cœur de notre pays ».

Au niveau local, de nombreuses personnalités ont exprimé leur tristesse pour un homme très attaché à son entreprise et à la ville de Clermont-Ferrand.

Serge Godard a fait part vendredi soir du "choc" qu’il a éprouvé à l’annonce de la disparition d’Edouard Michelin et déclaré à Associated Press : "on pouvait craindre à un moment qu’Edouard Michelin n’était pas aussi attaché à la ville comme l’avait pu l’être son père François, puisqu’il avait fait la plupart de ses études aux Etats-Unis où il avait également travaillé. Mais en fait, Edouard Michelin a démontré son attachement à la ville, notamment en rénovant totalement le siège de la manufacture, et puis en restructurant les usines clermontoises. Les syndicalistes ont pu lui reprocher de ne pas préserver les emplois, mais en fait, à Clermont-Ferrand, il n’y pratiquement jamais eu de licenciement, et ce d’autant qu’il était très attaché à la formation des salariés".

De nombreux clermontois et auvergnats sont atristés par cette nouvelle tragique. En effet, rares sont les clermontois qui n’ont pas un membre de leur famille ou un ami qui travaille ou a travaillé dans le groupe Michelin.

Ce soir, nous pensons à ses proches, sa famille et à ses 6 enfants et leur adressons nos sincères condoléances.


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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois

Alexandra
Mots clés
Edouard Michelin - Michelin