Eric Delzant nommé préfet de la région Auvergne, préfet du Puy-de-Dôme

L’Auvergne a depuis ce mercredi matin un nouveau Préfet. Eric Delzant succède à Francis Lamy resté en Auvergne seulement 13 mois.

Publié le mercredi 11 juillet 2012 à 23h52min,
mis a jour le mercredi 11 juillet 2012 à 23h35min
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Auteurs
Bertrand

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Eric Delzant, a été nommé ce mercredi 11 juillet 2012 en Conseil des Ministres préfet de la région Auvergne, préfet du Puy-de-Dôme. L’ancien préfet, Francis Lamy, retourne à son corps d’origine, le Conseil d’Etat, après seulement 13 mois en Auvergne.

Ancien élève de l’ENA aujourd’hui âgé de 55 ans, ancien préfet de l’Ariège et de la Haute-Corse, Eric Delzant avait pris ses fonctions de directeur général des services de la Cub le 1er septembre 2009.

Dans un communiqué, Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine de Bordeaux, a tenu « à saluer les qualités humaines et professionnelles de ce haut fonctionnaire très attaché au service public. Il a notamment contribué à adapter la Communauté urbaine aux défis d’une agglomération en plein mutation, à mettre en adéquation les moyens et ambitions du nouveau projet métropolitain porté par les élus, tout en portant la volonté d’une plus grande proximité de l’institution. »

Le retour d’un banni

C’est aussi le retour dans le rang préfectoral d’un homme écarté par Nicolas Sarkozy. Cet ancien du cabinet de Daniel Vaillant (ministre de l’Intérieur du gouvernement Jospin) avait été nommé préfet d’Haute-Corse en 2001 juste avant le retour de la droite au pouvoir.

Bien qu’étiqueté socialiste, Éric Delzant fut maintenu à son poste par Nicolas Sarkozy devenu Ministre de l’Intérieur du gouvernement Raffarin. Mais les choses tournent mal le 21 juin 2003.

A l’époque le Préfet était chargé de mettre en place le nouveau statut de l’île puis d’organiser le référendum. La situation dans l’île de Beauté était alors particulièrement tendue. Dans cette situation, Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy souhaitent faire un meeting pour prôner le oui. Craignant des problèmes, le Préfet tente de les dissuader, mais sans succès.

La suite est connue. Les deux ministres ne purent tenir meeting, les forces de l’ordre ayant été débordées par des manifestants. Le meeting est improvisé sur deux chaises de l’aérogare de Poretta. Avant même de redécoller, le ministre de l’Intérieur avait scellé le sort du « préfet incompétent ». Après avoir présenté sa démission il est remplacé au Conseil des ministres suivant.

Eric Delzant ne s’est jamais exprimé sur cette affaire en dehors du livre « Sarko m’a tuer » par Gérard Davet et Fabrice Lhomme (Éditions Stock). Il avait alors livré cette confidence : « Il faut exécuter quelqu’un en place publique. C’est la méthode du pilori, il s’agit de laver un affront. C’est extrêmement dur à vivre. Moi, j’avais assumé la décision de démission, mais c’est la mise en scène qui a été la plus pénible. Mettre quelqu’un plus bas que terre, c’est une forme de lâcheté. Elle a bon dos la culture du résultat, c’est surtout la culture de la peur et de la terreur. »

Valse des préfets

Avec la loi de décentralisation, les collectivités locales ont plus de responsabilités, le rôle de préfet est réduit à celui de chef d’orchestre et de relais entre le territoire et l’Etat. Le rôle d’un préfet est plutôt d’expliquer la politique de l’Etat et d’arbitrer dans la totale neutralité.

Et si le corps préfectoral a toujours subi les foudres de l’exécutif, depuis les années 1980 la pression du politique s’est faite plus forte sur le corps préfectoral. La fonction de préfet n’a jamais autant été politique que ces dernières années. Exemple le plus flagrant en Auvergne, Patrick Stefanini était un ancien membre du RPR et un proche de Brice Hortefeux.

La valse des préfets est donc devenue une tradition. Avec les alternances successives, les gouvernements inscrivent leur travail sur le court terme et désormais les préfets sont mutés plus rapidement.

Selon une étude sur les préfets menée par le politologue Luc Rouban, 55 préfets de départements et dix de régions avaient changé de préfet dans les trois mois suivant l’accession au pouvoir de François Mitterrand.

Pour autant, la gauche n’a pas le monopole de cette valse puisque 33 changements avaient été notés après le retour au pouvoir de la droite en 1993. Le rythme de remplacement s’était accéléré depuis l’élection présidentielle de 2007. Certains préfets n’ont ainsi passé que 7 mois dans leur poste.

En Auvergne, Francis Lamy a passé 13 mois à son poste et son prédécesseur Patrick Stefanini n’avait passé que 2 ans en Auvergne. Pas de quoi travailler sur le long terme alors que les dossiers qu’ils ont a traiter comme l’incinérateur, la métropolisation ou le TGV s’étalent sur une ou plusieurs décennies. Souhaitons donc qu’Eric Delzant puisse s’inscrire dans la durée.

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