Blanzat et Cébazat éteignent la lumière

Publié par Bertrand le vendredi 1er juin 2012 à 10h18min, mis a jour le vendredi 1er juin 2012 à 10h16min - 1909 lectures

Eclairage public — La maitrise de l'éclairage public est au coeur des préoccupations des communes. Cébazat et Blanzat le coupent pendant la nuit, Clermont mise sur la modulation.

Les communes de Blanzat et Cébazat ont toutes les deux décidé de couper l’éclairage public en milieu de nuit à partir du 1er juin. Dans les deux cas il s’agit de faire des économies. A Cébazat, la coupure nocturne de minuit à 5h doit permettre d’économiser près de 40.000 euros par an, soit une réduction de la facture électrique de 30%. La coupure concerne l’ensemble de la commune à l’exception d’un rond point à l’entrée de Clermont et du parc d’activité de Ladoux. Un bilan sera fait dans 6 mois.

A Blanzat il s’agit d’un test jusqu’à fin novembre. La quasi totalité des lampadaires seront éteints de minuit à 5h en semaine et de 1h à 6h pendant le week-end. La Mairie annonce ensuite une concertation publique en septembre/octobre sur cette expérimentation pour éventuellement adapter le dispositif.

 Enjeu environnemental

Ce ne sont pas les premières communes de France a tenté l’expérience. Depuis plusieurs années, l’association Agir pour l’Environnement sensibilise sur la question et coordonne l’événement Le jour de la nuit pendant lequel l’éclairage est coupé pendant une nuit.

En dix ans, le nombre de points lumineux a augmenté de 35 % en France et s’élève à plus de 8,7 millions de points. En France les villes et les villages seraient suréclairées avec en plus souvent des systèmes d’éclairage mal conçus qui renvoient la lumière vers le ciel. Il faut y ajouter l’éclairage publicitaire et les magasins qui laissent néons et vitrines allumés.

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), 40% des luminaires sont obsolètes et une simple modernisation du parc permettrait d’économiser 20% d’énergie. Mais l’enjeu de telles coupures n’est pas qu’économique. L’éclairage nocturne empêche par exemple d’observer les étoiles et perturbe surtout la flore et la faune et menace les insectes.

On étudie aussi l’impact encore méconnu de la pollution lumineuse sur la santé humaine. L’exposition à la lumière artificielle entraîne des troubles du sommeil et réduit la sécrétion de mélatonine dans le corps, une hormone pourtant essentielle au bon fonctionnement du système artériel.

 Coupure ou réduction ?

Le problème a donc été pris en compte par le Grenelle de l’environnement qui a souhaitait que la réduction de la pollution lumineuse soit inscrite dans le droit. Un décret de juillet 2011 permet ainsi d’imposer des restrictions d’éclairage de la voirie, de la mise en valeur du patrimoine et façades de bâtiments, équipements sportifs, parcs de stationnement ou chantiers en extérieur. Toutefois ce texte ne s’applique pas à la publicité et aux enseignes lumineuses...

Reste à faire passer de telles mesures dans l’opinion publique. Des habitants, commerçants ou entreprises craignent ainsi pour la sécurité des rues plongées dans l’obscurité. On pense aussi aux piétons ou cyclistes qui rentrent tardivement chez eux et pourraient ne pas être vus. D’autres ont peut être tout simplement peur du noir à en croire le maire de Cébazat.

Les communes n’optent donc pas forcément pour une coupure complète mais peuvent préférer une modération de l’éclairage public en fonction de l’heure. La Ville de Clermont-Ferrand a ainsi investit dans un dispositif d’éclairage public avec modulation et baisse de l’intensité via une télégestion des 16.000 points lumineux de la ville. L’objectif est de réduire la facture électrique de 35 à 40% mais sans sensation d’obscurité et d’insécurité.

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Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois