boum
Par Bertrand le 21 février 2002

On peut reprocher ce que l’on veut au Parc Européen du volcanisme : volonté politique de Giscard, coût pharaonique, danger écologique.... On notera d’ailleurs au passage que le danger écologique défendu par les verts a poussé les concepteurs à prendre des mesures encore plus importantes pour protéger l’environnement ce qui n’a d’ailleurs pas dû être étranger au budget en hausse.
Et puis il faut toujours une volonté politique pour faire avancer les choses. Dommage que VGE aie plus fait pour Vulcania que pour un TGV, d’ailleurs maintenant que Vulcania est terminé on parle enfin d’un TGV à Clermont" pour dans 20 ans" .
Maintenant que Vulcania est là et bien là, il est temps qu’il serve à quelque chose : se remplir de touristes, faire parler de l’Auvergne. Et là je lis à droite ou à gauche : "Et la Dordogne, la Sioule, Chaudefour, le Saint-Nectaire, les basiliques romanes, les Salers, la gentiane, le Cézallier, la banne d’Ordanche... on s’en fout ? N’est ce pas plus intéressant que d’aller observer les volcans martiens 30 mêtres sous terre ?" Source Entre Truilère et Sanadoire.
C’est un avis que je ne partage pas réellement, et je serai presque tenté de dire : "Oui !!!! je m’en fous royalement". Mais je vais quand même m’expliquer : pour attirer du monde il faut leur proposer des choses. Certes tous les lieux naturels ont de quoi remplir de très belles journées, mais le Parc n’est il pas une alternative, ou plutôt un élément d’attraction en plus et non en remplacement de ce qui existe déjà.
Offre touristique
Ne vous en déplaise, une région touristique c’est comme un supermarché. Tout le monde n’achète pas tout, mais c’est parce que chacun peut y trouver ce qu’il veut que tout le monde y va. Alors certains cherchent la nature brute et naturelle, ils sont servis l’Auvergne a de quoi leur en mettre plein la vue. D’autres préfèrent la tranquilité, ils sont servis, l’Auvergne peut être très très calme. D’autres encore veulent du gastronomique, d’autres du golf, d’autres sont fans des églises ou d’architectures, d’autres viennent en cure et certains aiment faire du tourisme industriel....
Alors si certains veulent en savoir plus sur les volcans, et bien maintenant ils peuvent. Et si ça se trouve chacun veut un peu de tout. Car l’humain est ainsi fait qu’il aime choisir entre 5 produits, même si au final il prend toujours la même chose, il aime avoir le choix.
Communication
Visiblement il n’y a pas de doute, les personnes de Vulcania ont bien fait les choses en parcourant tous les salons du tourisme d’ici et de là, et le parc semble déjà prometteur. Certes les CE et clubs du troisième age sont d’abord les plus nombreux, viendront aussi sûrement les écoles, mais il faut aussi voir que les touristes et personnes individuelles ne réservent pas 6 mois à l’avance leur place dans un parc.
Mais la vraie question et plutôt de se demander si les détracteurs n’ont pas gagné la bataille médiatique. Il est facile de prendre les journaux et de constater qu’il n’y a pas un article qui ne remette en cause le projet : giscardoscope, coût, nature... vous connaissez le tiercé gagnant. Certains espérent sûrement que ce soit un plantage magnifique, attitude typiquement française, et l’Auvergnat ne déroge pas à la règle sur ce point.
En fait, encore une fois j’ai l’impression que le produit n’a pas été assez bien vendu aux grands médias. L’intention de VGE était pourtant bien de faire un grand coup de projecteur sur Clermont et l’Auvergne.
Mais les premiers à ne pas vendre le parc ce sont bien les auvergnats. A force d’avoir été plongé dans une marmitte de moqueries (Michelin ville et ville noire) le Clermontois ne sait même plus se vendre. Résultat, récemment Rouen est passée aux journaux télévisés de 20 heures pour son bus Civis à guidage optique, soit disant le seul projet en Europe. Alors que Vulcania a eu droit à un p’tit reportage plus polémique que vendeur au journal de 13 heures hier. Peut être est-ce là un élément de déception, l’ouverture de ce parc qui devait être un point d’attraction médiatique ne l’a peut être pas été autant que nous l’espérions.
Conclusion
Cela me fait penser avec du recul, à la réaction d’un journaliste de La Montagne dans une émission au sujet de l’A89 vers Bordeaux. Monsieur se plaignait que finalement l’autoroute ne servirait à rien, car dans 20 ans peut être une autre autoroute vers l’atlantique serait construite et serait concurrente. Ce à quoi lui a répondu la personne sur le plateau : "oui mais monsieur, l’A89 est bientôt là alors que l’autre autoroute n’est encore qu’un projet".
Ce qui revient à dire, quand l’outil est là au lieu de le critiquer, vendons le, utilisons le, c’est le meilleur moyen pour repousser l’échec que vous redoutez tant. De toute façon on va pas le démonter maintenant.