Spiegel en clôture de saison de la Comédie

La Comédie clôt sa saison 2007-2008 avec le spectacle de danse Spiegel. Figure marquante des années 90, le chorégraphe belge Wim Vandekeybus a composé une soirée reprenant les scènes clés de son œuvre. Roulades, envolées, luttes, corps suspendus dans les airs n’ont rien perdu de leur instinct et de leur époustouflante énergie.

Publié le mardi 3 juin 2008 à 14h00min,
mis a jour le mardi 3 juin 2008 à 14h23min
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Communiqué de presse

Indique qu’une très grande partie de cet article ou la totalité est un communiqué de presse.

Mots clés
Danse - Sortir

Un danseur lance une brique en l’air et reste dessous, impassible, jusqu’à ce qu’un autre danseur accoure pour le pousser ou le tirer, et attraper la brique à son tour. C’était en 1987, la première de What the Body Does Not Remember était donnée par la compagnie Ultima Vez. Devenue une pièce-manifeste du travail de Wim Vandekeybus, elle surprit le monde de la danse par ses ruades au sol, ses corps survoltés, ses gestes véhéments et excessifs, par son énergie rebelle et virile.

Vingt ans après – et presque autant de créations internationales – le chorégraphe flamand compose une soirée reprenant les scènes clés de son œuvre, tirées de sa première création comme de sa dernière. Les roulades, les envolées, les luttes, les corps suspendus dans les airs n’ont rien perdus de leur force vitale, de leur instinct et de cette beauté sauvage, exacerbée par le danger. Les neufs jeunes danseurs, tous excellents, enchaînent les scènes dans un rythme intense, portés par la pulsation puissante d’une musique elle-même composite. Il en ressort une pièce puzzle qui livre une mémoire marquante des années 90 et un style époustouflant.

Fin 1986, Wim Vandekeybus se retire à Madrid avec un groupe de jeunes danseurs novices et il fonde sa compagnie Ultima Vez (en espagnol « La dernière fois »). Neuf mois plus tard a lieu au Toneelschuur à Haarlem (NL) la première de What the Body Does Not Remember. De “petits jeux” sont mis en scène : un danseur lance une brique en l’air et reste dessous, impassible, jusqu’à ce qu’un autre danseur accoure pour le pousser ou le tirer, et attraper la brique à son tour. Chaque mouvement, si grossier ou désinvolte qu’il paraisse, requiert un minutage extrêmement précis. L’irrésistible énergie des corps sur scène ajoute à l’impact physique sur les spectateurs. Les risques auxquels les danseurs – propulsés par la musique de Thierry De Mey et de Peter Vermeersch – s’abandonnent, font frémir les spectateurs, qui retiennent leur souffle.

What the Body Does not Remember connaît rapidement une percée internationale, et en 1988 Wim Vandekeybus, Thierry De Mey et Peter Vermeersch reçoivent le Bessie Award à New York pour : « une confrontation brutale de la danse et de la musique : le paysage dangereux et combatif de What the Body Does Not Remember ».

Le risque, le conflit, la force, l’énergie, l’instinct, ‘la catastrophe imaginaire’, l’attraction et la répulsion restent des constantes dans le travail de Vandekeybus. Au fil des ans, il insère de plus en plus d’éléments narratifs dans ses chorégraphies : des textes, des références littéraires et mythologiques sont incorporés dans les spectacles ou dans les films qui en font partie.

Si Wim Vandekeybus reste fidèle à son intuition en matière de danse et de mouvement, le contexte dans lequel sa danse s’exprime a subi des modifications sensibles. Il montre l’énergie, la force du corps, mais aussi la fragilité et la précarité de l’individu, qui s’en remet à ses réflexes et à son instinct. Peu à peu, on voit s’insinuer davantage d’intimité et de tendresse dans les créations ; l’angoisse, la vie et la mort deviennent des thèmes majeurs.

À mesure que les spectacles gagnent en complexité, le besoin se fait sentir d’une musique qui ne se contente pas de propulser, mais qui engage des rapports plus étroits avec l’atmosphère mise en scène. En témoignent les compositions que Wim Vandekeybus commande, entre autres, à David Byrne, Marc Ribot, Charo Calvo, Eavesdropper et David Eugene Edwards.

Vingt ans après la première de What the Body Does Not Remember - et après presque autant de créations avec des distributions internationales changeantes - Wim Vandekeybus compose une soirée reprenant des scènes clé de son œuvre.

Avec neuf danseurs Wim Vandekeybus regarde dans le miroir. Ils explorent tour à tour ses premiers spectacles et ses créations plus récentes, source d’un nouveau travail sur le matériel de mouvement. Pas de collage, mais une quête sur l’essence de son idiome de mouvement. Une rétrospective de l’énergie et des émotions qui furent à la base de ses créations

Spiegel

danse - mardi 3 juin 2008 à 20:30 à la Maison de la culture - Clermont-Ferrand
présenté par La Comédie de Clermont

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