Par Bertrand le 6 mai 2008
Les annonces de l’automne avaient redonné un peu d’espoir aux clermontois frustrés de n’avoir pas de TGV et de n’apparaître dans aucun projet. Enfin, pouvions-nous rêver à ne plus être les oubliés de la grande vitesse. Le Grenelle de l’environnement qui avait abouti sur une volonté de mettre en avant le transport durable était un espoir supplémentaire. Lors de sa venue à Clermont-Ferrand pour soutenir Anne Courtillé, Jean-Louis Borloo n’avait-il pas soit disant “rappelé aussi combien il était attaché à l’arrivée du TGV en Auvergne, autre grand projet à inscrire dans la politique du développement durable définie par le Grenelle de l’Environnement” ?
Hélas, les semaines sont passées et on sait ce qu’il advient des promesses de campagne. Le ministre de l’écologie et du développement durable vient ainsi d’annoncer un projet de loi Grenelle 1 porteur d’une nouvelle déception pour les clermontois et les auvergnats. Si le projet prévoit bien la construction de 2000 km de lignes grande vitesse avant 2020, ces lignes ne concernent malheureusement pas Clermont-Ferrand ni même le massif central puisque ni le Clermont-Paris ni le Poitiers-Limoges ne sont programmés.
Voici un extrait de l’article 11 du projet de loi qui sera présenté par Jean-Louis Borloo :
La politique durable des transports vise à offrir aux voyageurs des solutions de transport plus performantes de façon à réduire la dépendance aux hydrocarbures et les émissions de gaz à effet de serre, les pollutions atmosphériques et autres nuisances, et à accroître l’efficacité énergétique, en organisant un système de transports intégré et multimodal privilégiant les transports ferroviaires dans leur domaine de pertinence.
(...)
III - Le maillage du territoire par des lignes ferrées à grande vitesse sera poursuivi, non seulement pour relier les capitales régionales à Paris, mais aussi pour les relier entre elles et assurer la connexion du réseau français au réseau européen.
A cet effet, outre la ligne Perpignan-Figueras et la première phase de la branche Est de la ligne Rhin-Rhône actuellement en travaux, la réalisation de 2000 km de lignes ferroviaires nouvelles à grande vitesse sera lancée d’ici 2020 : la ligne Tours-Bordeaux, le contournement de Nîmes et de Montpellier, la ligne Montpellier-Perpignan, la ligne Bretagne-Pays-de-la-Loire, les deuxièmes phases de la ligne Est et de la branche Est de la ligne Rhin-Rhône, l’interconnexion Sud des lignes à grande vitesse en Ile-de-France, la ligne Provence – Alpes – Côte d’Azur, la ligne Bordeaux-Toulouse, la ligne Bordeaux-Hendaye, les branches Sud et Ouest de la ligne Rhin-Rhône.
Le programme de lignes à grande vitesse fera l’objet d’ici la fin 2008, d’une concertation - prenant en compte l’impact sur la biodiversité - avec les collectivités territoriales, en particulier les régions : priorités, tracés, alternatives à la grande vitesse, clef de financement.
En fait il faut chercher en fin d’article une référence, minime et peu engageante, aux projets qui pourraient nous concerner. Ils seront ainsi peut être intégrés dans un hypothétique Grenelle 2 qui pourrait prévoir la construction de 2.500 km supplémentaires, et encore sous réserve d’études, mais surtout pas avant 2020-2030 si on considère le temps de construction. Voici l’extrait de l’article 11 qui évoque ces grandes lignes supplémentaires :
Un programme supplémentaire de 2 500 kilomètres sera défini dans une perspective de long terme incluant notamment la mise à l’étude d’un barreau est-ouest. Les grandes villes qui resteraient à l’écart du réseau à grande vitesse verront la qualité de leur desserte améliorée en termes de vitesse et de confort, notamment par l’aménagement des infrastructures existantes et le cas échéant dans le cadre de missions de service public via un système de péréquation.
Brice Hortefeux a beau y voir un signe positif, il est bien le seul et on ne peut que se sentir floués après les espoirs nés par les annonces de l’automne. Le Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du développement solidaire affirme dans La Montagne de mardi que “l’Auvergne peut légitimement espérer son inscription aux 2.500 km”, et donc pour la partie à réaliser après 2020. Le Ministre qui attend que le gouvernement ait pu consulter les conclusions de l’étude de RFF sur cette ligne annonce “qu’il se battra de toutes ses forces pour que Paris-Clermont soit effectivement décidé”.
Pour l’Auvergnat cela ressemble une fois de plus à un espoir déçu, une nouvelle promesse non tenue. Ce qui ressemblait à une avancée à l’automne, on parlait alors d’un TGV pour 2015 en gare de Clermont, débouche sur rien... comme d’habitude.
Les auvergnats ont maintenant l’habitude de ses promesses électorales concernant le TGV et elles ne sont d’ailleurs même plus suffisantes. Ces annonces n’avaient pas boosté l’image de Brice Hortefeux alors candidat potentiel à la mairie de Clermont, et Anne Courtillé, tête d’une liste UMP au slogan "l’avenir à grande vitesse", n’a pas fait un score exceptionnel.
Peut être faudra-t-il aussi revoir notre manière de faire du lobbying. Avec trois pétitions, plusieurs associations mais peu d’actions pour mobiliser le grand public, l’Auvergne n’a pas fait fort pour plaider sa cause. Et on vient à se demander si cela nous sert vraiment à quelque chose d’avoir quatre ministres auvergnats...
Il ne faut pas se leurrer. L’idée d’une LGV à Clermont avant 2020 n’a jamais été crédible. L’ensemble des lignes citées dans le projet de loi ont déjà fait l’objet d’études très approfondies, d’un débat public et même pour certaines les travaux ont déjà commencé. L’inscription d’une transversale est-ouest pour l’après 2020 est déjà une très bonne chose. Et il est évident qu’il faudra faire quelque chose pour la congestion de la LGV Paris - Lyon à cet horizon. Il s’agit donc d’y croire, de lancer durablement les choses, et de faire en sorte que les annonces se transforment en études sérieuses. Sur ce point je suis quand même assez optimiste.
Pour ce qui est du Poitiers - Limoges il ne sera bien entendu pas réalisé en 2016. Ce n’était qu’un projet personnel porté par Chirac mais cette ligne a toute sa pertinence à un horizon plus lointain (je dirais le même que la liaison Clermont-Lyon)
Tu as raison Brad. Rien n’est perdu mais rien n’est encore gagné. Bien sûr les éléctions sont passées et les ardeurs de certains à utiliser, à des fins éléctorales, des hypothéses encore très hypothétiques se sont retournées contre eux... (et pour mon plus grand plaisir, ceci dit entre parenthéses).
Mais cela ne doit pas signifier que nous devons cesser le combat. Seul ceux qui ne combattent ont perdu d’avance, et j’espere que cet espoir qui est né, ne va pas s’éteindre pour qu’enfin les auvergnats se mettent à réclamer ce qui leur est dû. Et non pas rentrer dans leur tanière pour se lamenter sur son sort comme ce que nous avons toujours fait jusqu’à présent.
Il faut absolument continuer la lutte et dire plus fort notre volonté d’avoir un TGV (et cette fois ci tous ensemble et pas seulement à des fins éléctorales). et peut être qu’ainsi le TGV arrivera plus vite en gare de clermont que cette déclaration le laisse penser (ce ne serait pas la première décision d’hommes politiques qui recevraient un démenti qq années plus tard ;) )
LE TGV AURAIT PU SE FAIRE SI LES CLERMONTOIS AVAIENT CHANGE DE MAIRE
EN 1995 !QUILLOT NE VOULAIT RIEN PAS DE ZENITH PAS DE TGV UNE PLACE DE JAUDE QUI RESEMBLAIT A UN QUAI DE GARE ETC....LE DERNIER ESPOIR EST LE CHANGEMENT DE MAJORITE AU COSEIL REGIONAL EN 2010.
Il ne faut pas rêver, le tgv ne serait jamais arrivé à Clermont avant Marseille, Bordeaux, Strasbourg ou Rennes. Il y a quand même des logiques qu’on ne dépassera pas de sitot même en évoluant sensiblement. En l’occurrence l’homme politique local qui a le plus nuit au tgv est bien VGE qui n’a jamais cru au tgv, en particulier lors du projet de première ligne qu’il aurait pu orienter d’avantage vers l’Auvergne (et réaliser finalement le doublement que l’on veut du Paris - Lyon mais du premier coup) avec un peu de clairvoyance... Et l’obstination avec le projet de raccordement par Montchanin a clairement nuit à un autre projet bien plus crédible : la desserte Paris Orléans Bourges Montluçon Limoges/Clermont ou LGV Massif Central. De plus Altro demande depuis des années à rencontrer Brice Hortefeux, chose qu’il a toujours refuser. Aujourd’hui ce dernier a porté un sujet à simple but électoral mais n’a pas vraiment d’idée globale pour le développement ferroviaire en Auvergne.
Pour ce qui est de la grande vitesse à Clermont c’est bien vers Lyon que c’est le plus important. En effet il faut bien reconnaître que le projet de doublement Paris - Lyon mettrait Clermont au mieux à 2h de Paris à très grands frais pour l’Auvergne alors que les aménagement déjà prévus vont permettre de descendre à 2h45 et une mise à v220 permettrait d’aller plus loin encore. La grande vitesse vers Paris ce serait donc bien mais attention à ce que ça nous couterait vu l’argent qu’on demande aux collectivités aujourd’hui. Une LGV vers Lyon permettrait par contre de passer de 2h20 à 45min (soit trois fois moins de temps) alors que les relations entre les deux villes et régions sont bien plus intenses qu’avec Paris. Attention donc aux priorités et à se rappeler que l’argent n’est pas limité...
PS : Cher anonyme ci-dessus : pas besoin d’écrire en majuscules. Ca ne t’ajoute que du discrédit.
je vous rappelle que ce n’est plus la SNCF qui s’occupe des lignes ferrés en france depuis 1997, c’est RFF (Réseau Ferré de France). Si le réseau est pourri, c’est en parti à cause de lui, qui à une vision très ilogique d’aménagement du territoire je trouve... et qu’investit à 70% dans les lignes à grandes vitesses, délaissant le réseau classique dans un piteuse état. Je fait parti de l’association BOURGES-TGV et bien sur je milite en faveur du TGV dans la Région Centre et la Région Auvergne car je trouve inadmissible de laisser ces régions sans TGV, parce que la question du TGV n’est plus seulement une question de transport, parce que l’aménagement du territoire national et européen doit être pensé de manière équilibrée et solidaire, parce que c’est une question de dignité et d’égalité des droits.
Pour rappel : La ligne classique Paris-Gare-De-Lyon-Nevers-Clermont-Ferrand autorise aujourd’hui les trains à y passer à la vitesse de 160km/h. Même avec les aménagements pour augmenter la vitesse, celle là ne pourra jamais dépasser les 200km/h ce qui mettrait Clermont à 3h10 de la capitale.
Pour ce qui est d’un TGV de Paris-Austerlitz-Orléans-Bourges-Clermont-Ferrand, le temps de parcours serait ramener à 1h55 à la vitesse de 300km/h et à 1h35 à la vitesse de 360km/h sachant que d’ici quelques années, les futures lignes à grande vitesses seront construite pour la vitesse de 360km/h.
En l’occurence, si RFF est bien gestionnaire du réseau ferré français, il est tellement endetté qu’il dépend fortement des décisions de l’Etat. En gros l’Etat décide et RFF exécute (études, puis rénovation ou construction ). La SNCF conserve néanmoins un rôle très important et on fait rarement quelque chose sans son avis.
Pour ce qui est du temps de parcours le meilleur temps entre Clermont et Paris est de 3h08. La mise à 200km/h de certain tronçons et l’amélioration des voies (suppression des passages à niveau) va permettre de descendre aux alentours de 2h55. Des améliorations plus conséquentes (surtout sur l’arrivée de Paris et entre Riom et Vichy) et l’utilisation de rames tgv capables d’aller à 220 km/h permettrait d’attendre encore 2h45. Celà quand même pour un cout bien inférieur à la réalisation d’une LGV. Alors bien sûr que je pense que la réalisation d’une LGV serait extrèmement bénéficiable à l’Auvergne mais attention à ne pas engager des dizaines de millions sur un projet qui finalement nous apporterait pas tant que ça (genre un Paris - Nevers - Lyon avec un simple décrochage) en se disant que c’est mieux que rien, après cet argent ferait cruellement défaut pour d’autres investissements. La région Auvergne est une petite région et n’aura pas les moyens de se payer une LGV tous les 10 ans. Donc attention à payer en fonction de ce que l’on obtient.
Le train existe depuis plus de 200 ans et continuera certainement à exister plusieurs siècles durant. Le TGV n’est qu’une étape dans l’amélioration de ce moyen de transport en théorie peu couteux et à grande capacité. Ce ne doit pas être une "chimère technologique" accessible à des élites. C’est pour celà qu’aujourd’hui chaque région française mérite d’être irriguée et correctement reliée avec ses voisines, que ce soit avec des lgv quand le trafic le justifie ou avec des voies à V200-220 ou de simples voies "classiques" à condition qu’elles soient en bon état.
Par contre, vivre en haut de sa montagne isolé du reste du monde est une chimère. S’il est normal de mettre le doigt sur des abérations qui font que certains produits font trois fois le tour de la terre alors qu’ils pourraient être produits à proximité, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse. De tout temps on s’est déplacé et il faut pouvoir continuer à le faire. Aujourd’hui il faut être conscient qu’un étudiant ira suivre une formation à Lille, Rennes ou Nice, puis travaillera à Paris, Bordeaux ou Lyon quand ce n’est pas ailleurs en Europe ; les familles et amis sont de plus en plus dispersées... Il faut permettre à chacun de se déplacer tout en limitant un développement de pratiques irresponsables comme les avions low cost ou le tout voiture. Ne rien faire, ce serait faire pire au final.
"vivre en haut de sa montagne isolé du reste du monde est une chimère" ! Pas de doute, personne ne vous dira le contraire. D’ailleurs qui voudrait de ce luxe ? Les seuls qui pourraient se permettre ce fantasme, sont ceux qui, parcourant à grande vitesse le monde, sont obligés, de temps à autre, de reprendre leur souffle loin du stress et des affres liés à leur activité. Vous usez là d’une rhétorique à laquelle vous ne nous aviez pas habitué ! Un peu facile tout de même venant d’expert en transports en commun. Dites moi, c’est une envie pressante ? Trop d’interventions sur tous ces sites où vous intervenez ? Il vous faut des vacances au loin et en solitaire ? Est-ce ce trop plein de travail, qui vous oblige à expédier ainsi la contradiction ? "De tout temps on s’est déplacé et il faut pouvoir continuer à le faire". Franchement, là encore, qui oserait contredire ce qui me semble une tautologie, un Lapalisse-Clermont à vitesse grand V ?
Rassurez vous personne ne veut interdire la marche à pied et ils sont assez peu nombreux, heureusement, ceux qui voudraient nous interdire d’user de la vitesse et de la motorisation. Par contre il est bel et bien chimérique, comme vous le dites, de "tomber dans l’excès inverse" : l’idéologie ou la sacralisation de la vitesse. Il s’agit donc bien, toujours selon vos propres termes, de "permettre à chacun de se déplacer tout en limitant un développement de pratiques irresponsables". Par contre, le principe affirmé selon lequel "chaque région française mérite d’être irriguée" ne me semble pas franchement aller à contre courant d’une fascination "irresponsable", il est vrai très largement partagée, pour la vitesse. Une promesse électorale ne serait d’ailleurs pas formulée autrement et on comprend assez facilement pourquoi.
Je suis comme vous "conscient (que) les familles et les amis sont de plus en plus dispersées". Pour autant, je ne vois pas en quoi il est impensable que, pour les rejoindre, l’on prenne le temps du trajet et, ce faisant, la mesure de l’éloignement. Chacun ses choix, me direz vous, mais justement nous laisse-t-on vraiment le choix ?
Vous savez très bien qu’on abaisse volontairement la fréquence de certaines dessertes sur les liaisons classiques, chaque fois qu’on inaugure une ligne à grande vitesse. Combien d’habitants des petites villes qui passent ainsi à la trappe pour satisfaire les exigences de mobilité liées aux activités des grandes métropoles ? La différence de tarif entre l’ancien parcours et le nouveau, reste, il est vrai, au libre choix de l’usager-client. Voilà pour la "dignité" et "l’égalité des droits" parfois mis en avant dans cette course à la grande vitesse.
La question prise sous l’angle de la famille, des proches, voire des loisirs est évidemment un leurre. La satifaction des besoins des habitants n’est rien à coté des exigences du buziness. C’est pourtant sur la première que vous appuyez votre raisonnement. L’avez vous fait exprès ou en toute innocence ?
Il ne s’agit pas de culte de la vitesse mais d’avoir une vitesse adaptée aux besoins et aux logiques géographiques. D’ailleurs il me semble bien avoir écrit dans les messages ci-dessus que la grande vitesse vers Paris ne me semble pas être la priorité pour l’Auvergne.
Je ne citerai qu’un chiffre : 7h30, c’est le temps de trajet entre Bordeaux et Lyon aujourd’hui si on veut passer par le Massif Central. Cela m’amène a deux réflexions. Tout d’abord ce temps de parcours est bien trop long, surtout si l’on considère que Bordeaux - Lyon n’est pas une fin en soi mais un tronçon par lequel vont pouvoir passer des voyageurs qui vont de Grenoble à Poitiers ou de Besançon à Cahors par exemple mais qui auront donc un temps de trajet supplémentaire à rajouter. Le deuxième est qu’il est aberrant qu’aujourd’hui il faille une heure de moins pour faire ce trajet par Paris et une heure et demi par Montpellier. On va quand même au delà de toute logique géographique ! Permettre une liaison efficace entre ces deux villes, que ce soit à grande vitesse ou par de "simples" voies nouvelles véritablement dédiées à des relations transversales ne serait pas un luxe. Pour nous intéresser plus particulièrement à notre territoire il me semble que 2h45 (à terme) pour rallier Paris est un temps de parcours amplement suffisant ou du moins pas prioritaire par contre 2h20 pour rejoindre Lyon est inacceptable alors que cette ligne est très fréquentée et qu’il faudra bientôt moins de deux heures en voiture.
Vous me reprochez de vouloir faire passer des lignes à grande vitesse reliant des métropoles dynamiques au milieu d’un désert ferroviaire ; ce n’est absolument le cas. Il s’agit d’offrir une alternative crédible et efficace à l’automobile et donc d’offrir un service au voyageur le plus tot dans son déplacement. Ainsi une liaison est-ouest de type Altro n’irait pas de paire avec l’abandon des lignes classiques. Voici les préconisations que j’ai pu faire à ce sujet pour l’Auvergne et celà à de nombreuses reprises :
mise en place d’une desserte périurbaine cadencée autour de Vichy entre St Yorre et Lapalisse (aujourd’hui complètement abandonnée par les trains)
développement de liaisons cadencées trans-Allier entre les villes de l’Allier avec dans un premier temps des ter entre Montluçon et St Germain en correspondance parfaite avec des ter Vichy - Moulins permettant de rétablir les liaisons entre ces villes qui relèvent aujourd’hui du parcours du combattant. A terme la ligne Montluçon - Moulins devrait être réouverte
amélioration des axes vers le sud de l’Auvergne (Aurillac et Le Puy) permettant de relier via l’axe Clermont - Paris et la transversale Paris (et tout le nord de la France) , Lyon (et tout l’est) et l’ouest.
reprise des axes vers le sud (Béziers et Nîmes) en parallèle avec les régions Midi Pyrénées et Languedoc Roussillon avec notamment le développement d’un frêt de proximité le long de ces axes.
enfin desserte en étoile de Clermont renforcée avec réouverture ou amélioration des lignes vers Le Mont Dore, les Ancizes, Billom et Thiers.
Il ne s’agit donc nullement de faire passer à la trappe les habitants des petites villes. Il s’agit simplement de rééquilibrer les types de déplacement, d’offrir un service public du transport. Je sais que suis peut-être sur ce point un peu utopique mais selon moi chaque habitant devrait pouvoir circuler librement sans avoir besoin d’acheter une voiture et d’en devenir l’esclave. Bien entendu les orientations actuelles de la sncf ou même de la politique de l’Etat ne vont pas dans ce sens mais c’est justement pour celà qu’il faut proposer autre chose.
Je ne vous reproche rien et absolument pas de "vouloir faire passer des lignes à grandes vitesses au milieu d’un (quelconque) désert". Je constate simplement ce qui est réellement à l’oeuvre dans cette histoire de grande vitesse. Contrairement à vous qui tirez quasi-quotidiennement des plans sur ce genre de comètes (et parfois sur les pensées de vos correspondants). Vos propositions sont effectivement comme toujours pleines de bon sens, vous n’êtes pas si "utopiste" que çà en réalité, vous feriez sans doute un très bon décideur, mais cependant vous n’êtes pas encore aux affaires.
Comme vous le savez déjà, il existe pour l’Etat des intérêts supérieurs qui ignorent vos raisons citoyennes et qui font, par exemple, que l’Auvergne est à la traîne pour un certain nombre d’équipements (cf : la querelle Souchon/Hortefeux). Il existe aussi d’autres points de vue opposés à cette collusion consensuelle autour de la vitesse entre les différents partisans du développement durable. Ces points de vues différents devraient-il mettre en sourdine ce que d’autres ne veulent ou ne peuvent pas voir ? Ceux qui les portent doivent-ils éternellement accepter sans broncher les diktats et les tabous qui légitiment de fait la marche du monde et les innombrables travers qui l’accompagnent ?
L’urgence n’est pas en réalité à l’aménagement ou au développement de la mobilité, mais au questionnement de la mobilité elle même, de ce qui la fonde et à quoi elle amène. Au final, on s’apercevrait peut être que la vitesse et les infrastructures qui la portent ne sont qu’un appel d’air à toujours plus d’éloignement entre les choses et les êtres. Ce qui c’est vérifié pour la péri-urbanisation et la délocalisation de la production, ce vérifie évidement ailleurs. N’est-ce pas vous qui remarquiez fort justement que les familles et les amis étaient toujours plus "dispérsés" ? Croyez vous toujours que, sur ces questions, on puisse attaquer le mal par le mal ?