16 et 17 février
Par Bertrand le 16 février 2006

Disparu en 1993, Alwin Nikolaïs fait partie des percuseurs fondateurs de la danse contemporaine. Son oeuvre riche de cent vingt ballets a traversé les cinquante dernières années pour s’inscrire indélébilement dans l’histoire du mouvement...
Nikolaïs privilégiait le mouvement comme véhicule exclusif du sens et réduisait le facteur humain à un élément théâtral parmi d’autres. Dans Masks, Props and Mobiles (1953), ses danseurs portaient ainsi d’amples costumes qui occultaient leurs silhouettes et dans Prism (1956), il utilisait les corps des danseurs comme des écrans sur lesquels étaient projetées des images abstraites animées.
Il est l’inventeur d’un théâtre total dont il fabrique tous les ingrédients : musique, costumes, accessoires, décors, lumières. Dans les années 50 il surprend ainsi par son sens de l’abstraction et de la féérie qui métamorphose la scène en vivan kaléidoscope : foisonnement de couleurs, lumières et trucages.
Mais si Alwin Nikolaïs a totalement bousculé la dynamique traditionnelle de la danse par les éléments visuels ou sonores qu’il crée, c’est sa conception du mouvement qui est nouvelle. Jouant sur les mots "emotion" et "motion" (mouvement) il explique : « Les danseurs sont souvent plus concernées par l’émotion que par le mouvement. Pour moi, le mouvement est primordial, c’est la manière dont le mouvement est conditionné qui culmine dans l’émotion. En d’autres mots, c’est notre succès ou notre échec à agir dans le temps et dans l’espace, qui culmine en émotion. Cette dramaturgie de l’action est universellement comprise par les Chinois, les Africains, les Sud-Américains et les Zoulous. Nous n’avons pas besoin d’apprendre à comprendre le langage abstrait du mouvement, car le mouvement est au coeur de chaque instant de notre vie. Le danseur est donc finalement le spécialiste capable de ressentir, de percevoir et d’exécuter le mouvement. »
Pédagogue réputé il fut à la tête du Centre National de Danse Contemporaine d’Angers à partir de 1978. Il a nourri nombre de chorégraphes, de Susan Buirge et Carolyn Carlson à Dominique Boivin, Philippe Découflé, Daniel Larrieu et tant d’autres.
Fondée en 1964 par des proches de Nikolais, la Ririe-Woodbury Dance Company a beaucoup contribué depuis à la propagation d’une œuvre qui apparaît ici dans toute sa diversité. Dirigée par Murray Louis, danseur emblématique qui collabora avec Nikolais pendant plus de quarante ans, la compagnie fait revivre les pièces les plus impressionnantes de « Nik l’enchanteur »
jeudi 16 et vendredi 17 février à 20h30 - Maison de la Culture de Clermont-Ferrand - Salle Jean-Cocteau
présenté par La Comédie de Clermont