Formule 1
Par Bertrand le 4 septembre 2003
Le succès des voitures équipées en Michelin au grand prix de Hongrie a été total : les 7 premières places à l’arrivée, et Michael Schumacher premier pilote équipé en Bridgestone, avec 1 tour de retard sur les 6 premiers. Depuis son retour en Formule 1, Michelin a appris, et sa technologie est maintenant tellement au point qu’elle dérange son concurrent japonais Bridgestone.
Le barron rouge et la scuderia n’étant bon joueurs que lorsqu’ils gagnent ils ont d’abord mis la pression sur leur fournisseur japonais de pneumatiques qui faute de réponses techniques satisfaisantes a chercher le point faible chez Michelin.
En effet, les Japonais ont analysé les images du dernier Grand Prix de Hongrie et disent avoir les preuves qu’en fin de course, la taille de la bande de roulement des pneus avant, c’est-à-dire la partie des pneumatiques en contact avec le sol, excédait les 270 mm autorisés, ce qui procurerait un meilleur grip aux gommes françaises.
Dans le règlement sportif 2003, il est stipulé que « la largeur de la bande de roulement des pneus avant ne doit pas être supérieure à 270 mm. ». La vérification était faite jusqu’à maintenant avant la course, et les Michelin n’ont jamais posé problème.
D’après Ferrari et Bridgestone le problème viendrait en fait seulement pendant la course, où le pneumatique clermontois s’affaisserai sous la force des appuis aérodynamiques des voitures.
Michelin affirme que ses pneus n’ont pas changé de géométrie depuis 2001 et qu’ils ont toujours été homologués par les commissaires. Mais maintenant que Michelin semble fournir un avantage irrémédiable à ses clients, et Ferrari ne domine plus, et a réagi juridiquement juste avant le Grand Prix de Monza, circuit très rapide où la déformation apporterait le plus d’avantage.
Mais cette affaire montre aussi l’avantage technique pris par Michelin face à Bridgestone, où en tout cas que la collaboration avec les écuries est parfaite. Les japonais qui fournissent des pneux de 220 milimètres de large, n’ont visiblement pas réussi à mettre au point des pneus plus larges, ou en tout cas ces pneus gènent l’aérodynamique de la Ferrari. Au soir de la victoire en Hongrie, Pierre Dupasquier relevait d’ailleurs que l’avantage de Michelin venait de la parfaite maitrise de la technologie Radial, inventée par la firme clermontoise.
La FIA qui tient à conserver du spectacle jusqu’au bout alors qu’il reste trois courses a donc modifier en urgence le réglement. La bande de roulement devra maintenant être inférieure à 270 mm pendant toute la course, et les pneus seront contrôlés à la fin de la course et non au début.
Michelin a bien sûr réagi autant sur le plan médiatique que dans les usines de fabrication. Dans une interview sur le site michelinsport.com Pierre Dupasquier, a d’ailleurs montré la détermination de Michelin a aider ses clients dans la quête du titre : "La nouvelle interprétation du règlement de la FIA nous force à réagir. Vous n’imaginez pas que Michelin restera sans réponse. Depuis mercredi nos équipes travaillent 24 h sur 24 h, et de nouveaux pneus sont actuellement testés à Monza. Pour ceux qui connaissent le monde du pneumatique, faire ce que nous venons de faire est un véritable exploit et c’est grâce à la réactivité et l’implication de toutes nos équipes à Clermont-Ferrand."
La manoeuvre de Ferrari et Bridgestone arrivera-t-elle à destabiliser Michelin ? Réponse à l’arrivée du Grand Prix de Monza, dimanche 14 septembre. Une chose est sûre, la Formule 1 n’en sort encore une fois pas grandie.