Par Bertrand le 27 avril 2003
La compagnie lowcost Ryanair qui vient de s’installer à Clermont fait couler beaucoup d’encre sur ses méthodes pour obtenir des aides à son implantation dans toute la France. La société britannique demande en effet des contreparties financières aux collectivités locales, ce qui est normalement interdit, car considéré comme des subventions déguisées par les lois européennes.
Toutes les villes concernées cherche à se couvrir et arguent que les sommes sont utilisées par Ryanair pour faire la promotion de la région, ce qu’autorise la loi. Pour son implatation à Clermont, la CCI, le conseil régional de l’Auvergne, le conseil général et la Communauté de communes versent 700 000 euros par an pour l’ensemble. Les sommes transiteront par le seul comité régional du tourisme - présidé par Valéry Giscard d’Estaing -, dont la vocation est précisément de promouvoir la région.
Une manoeuvre destinée à éviter les plaintes des concurrents, dont fait partie Air France. Air France qui semble vraiment faire peu de cas de son statut particulier de société d’Etat qui devrait jouer son rôle dans l’aménagement du territoire. Car à Clermont la venue de Ryanair vient bien contrebalancer la fermeture de ligne sur le hub annoncée par Regional, filiale d’Air France.
On se souvient même, qu’il y a quelques jours, la compagnie française avait indiquée qu’elle ne pourrait pas continuer ses lignes sans les aides des collectivités locales. Autrement dit : les subventions pour soi oui, pour les autres non !
En Belgique, le bénéfice net de Ryanair sur l’aéroport de Charleroi, correspond exactement aux subventions octroyées par la région wallone. Ce qui signifie que les belges francophones paient des impôts pour Ryanair et ses passagers.
De qui se moque-t’on ?