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Mercredi, tout l’audiovisuel public s’est mis en grève non pas contre la suppression de la publicité mais bien pour une idée du service public et un vrai droit à l’information du citoyen. Interview de Jean-Paul Vincent, journaliste de France 3 Auvergne.
vendredi 15 février 2008, par , | 2911 lectures

En annonçant lors de sa conférence de presse du 8 janvier son intention de supprimer totalement la publicité des chaînes publiques, Nicolas Sarkozy a tout d’un coup flouté l’avenir de l’audiovisuel public français. Il l’a ainsi plongé dans une période très incertaine où tout est bloqué en attendant de connaître la suite des évènements.
Difficile en effet d’imaginer l’avenir quand un tiers de son budget est parti en fumée sans pour l’instant qu’aucune compensation financière ne soit définie. Pour que France Télévisions conserve un budget identique, il faut maintenant trouver 1,2 milliard d’euros soit 800 millions d’euros de recettes publicitaires et 400 millions d’euros pour créer de nouveaux programmes en remplacement des quatre heures de publicité quotidienne.
Les pistes évoquées sont nombreuses et ont chacune leurs opposants. Taxation des recettes publicitaires supplémentaires des chaînes privées ? Ces dernières s’y opposent. Taxation des opérateurs de téléphonie et Internet ? Même réaction chez les internautes et les acteurs du web. Augmentation de la redevance ? La redevance française est la 20ème au niveau européen, mais l’augmenter est politiquement impossible pour Nicolas Sarkozy alors que les français pleurent leur pouvoir d’achat ! Privatisation ou fermeture de chaînes ? C’est justement ce que redoutent les syndicats qui ont réuni dans la grève l’ensemble de l’audiovisuel public sur un même mot d’ordre : "pérennité du service public, son financement, son périmètre et le respect du pluralisme".
De côté des grévistes, on penche plus du côté d’une augmentation de la redevance qui ne représente que 0,25 euros par jour et par foyer. Si la mesure n’est pas populaire elle serait sûrement plus équitable que la mise en place d’une taxe sur les connexions internet et sur les biens culturels qui finalement coûterait plus cher aux français. L’équation n’est donc pas simple d’autant qu’elle n’est pas seulement arithmétique.
Il en va aussi de la mission du service public mais aussi du droit à l’information, de la liberté d’informer sans la pression des groupes industriels et de la pluralité. Ce point est d’ailleurs plus aigu dans les régions où une autre proposition fait débat : confier les décrochages régionaux aux collectivités locales et à la presse quotidienne régionale. Une solution qui n’est pas acceptable sur le plan éthique et reviendrait dans une région comme la nôtre à confier pratiquement toute l’information locale dans les mains d’un seul groupe de presse.
Bien malin qui pourra dire comment l’audiovisuel public va s’en sortir. S’il est finalement acquis que ne rien toucher à la situation actuelle serait la meilleure solution il est aussi quasiment certain que la publicité disparaitra bien le 1er janvier prochain. Mais toutes ces questions mériteraient assurément un véritable débat public...
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