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L’URSSAF veut-elle la peau du festival du court métrage et du bénévolat dans son ensemble. C’est la question que se pause l’association Sauve qui peut le court-métrage après son troisième contrôle. Une pétition a été lancée...
dimanche 13 juillet 2008, par | 2407 lectures
L’association organisatrice du festival du court-métrage s’inquiète des conséquences d’un troisième contrôle de l’URSSAF qui nie le statut des bénévoles du festival et voudrait les requalifier en salariés. Une volonté grave de conséquences pour le festival mais aussi pour le bénévolat dans son ensemble. Voici le communiqué de Sauve qui peut le court-métrage :
L’organisme social veut requalifier les bénévoles du Festival du Court Métrage en salariés, provoquant ainsi l’asphyxie économique d’une manifestation culturelle sans but lucratif. Au-delà du cas clermontois, c’est l’ensemble du mouvement bénévole qui est remis en cause par ce raisonnement inadapté.
L’association Sauve Qui Peut le Court Métrage vient de subir son troisième contrôle URSSAF (après ceux de 1993 et 1996). Les conclusions de ce dernier risquent d’entrainer de très graves conséquences sur l’avenir du bénévolat en pratique dans de nombreuses associations culturelles, humanitaires ou autres dans toute la France. En effet l’URSSAF du Puy-de-Dôme nie le statut des bénévoles du Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand, qu’elle voudrait requalifier en salariés. Bien entendu le coût d’une telle mesure (171000 €) mettrait gravement en danger les activités de l’association. Mais, au-delà, c’est l’existence même du système associatif et du bénévolat qui est remise en cause.
Chaque année, environ 240 bénévoles se mobilisent pour aider à l’organisation du Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand, grande manifestation populaire qui existe depuis 30 ans et accueille 135000 spectateurs. La manifestation dure 9 jours et se déroule une fois par an. L’association créatrice de cet événement participe aux frais de repas des bénévoles du Festival sur une base forfaitaire de 13€. Lors de deux précédents contrôles en 1993 et 1996, les contrôleurs de l’URSSAF n’ont pas sanctionné ce fonctionnement. L’URSSAF veut désormais s’appuyer sur de supposés "liens de subordination" dans l’encadrement des bénévoles (affectation de lieux, indication d’horaires), ce qui justifierait la requalification de cette participation aux frais de repas en salaires !
Cette sanction se traduirait par un redressement sur les trois dernières années, mais surtout l’URSSAF préconise l’embauche de salariés pour les prochaines éditions du Festival écartant de facto l’option bénévolat. Sauve Qui Peut le Court Métrage revendique le caractère associatif de son action. À ce titre, le bénévolat est un dispositif essentiel dans son système d’organisation. Rappelons par ailleurs que les bénévoles du festival sont pour la plupart des étudiants. Le statut de boursier d’un grand nombre d’entre eux exclut en principe la possibilité d’exercer une activité salariée. Les bénévoles se présentent volontairement pour participer à l’organisation du Festival. Aucune procédure de recrutement n’est mise en place (ni appel à candidature, ni profil de postes, ni CV, ni entretien). Chacun est libre de cesser de participer au Festival à tout moment. Ces quelques raisons suffisent à balayer les soi-disant liens de subordination imaginés par l’URSSAF.
Pour les manifestations sportives encadrées par des associations, la loi a fixé un système de franchise (Les sommes versées à l’occasion d’une manifestation sportive échappent aux cotisations de la Sécurité Sociale lorsqu’elle n’excèdent pas 70% du plafond journalier ; soit 107 euros au 1er janvier 2008, par manifestation et dans une limite de 5 manifestations par mois) et de forfait permettant le remboursement des frais des bénévoles exonérés, dans une certaine limite, de cotisations sociales. Pourquoi de telles solutions n’existent pas pour d’autres types de manifestation annuelle ou régulière organisées par les associations à but non lucratif, de jeunesse ou d’éducation populaire agréées ?
Au cours des douze derniers mois, un contrôle fiscal de la Direction Générale des Impôts et une inspection générale du Ministère de la Culture ont, tous deux, souligné la gestion exemplaire de Sauve Qui Peut le Court Métrage. L’association souhaite alerter le milieu associatif contre les risques encourus si l’interprétation de la réglementation faite par les caisses de recouvrement devait remettre en cause la nature désintéressée des actions menées par des bénévoles. Une telle application des textes se révèle d’autant plus contradictoire qu’un grand nombre d’associations et d’actions menées par celles-ci sont profondément ancrées dans des valeurs sociales, de respect, de partage et de rassemblement.
Le maintien du redressement URSSAF conduirait inévitablement à la mort de très nombreuses manifestations qui font la richesse culturelle de notre pays. L’application à la lettre d’une réglementation inadaptée (et que nous contestons juridiquement) induit tellement d’effets pervers qu’elle ne peut tout simplement pas perdurer.
Nous souhaitions vous alerter sur cette situation alarmante car Sauve qui peut le court métrage a besoin de votre soutien, en son nom et en celui des autres manifestations et actions animées par des intervenants bénévoles.
Avis personnel : Ne doit-on pas s’étonner qu’un État qui aide de moins en moins la culture, viennent en plus par le biais d’un autre service la menacer encore plus ? Il est compréhensible que l’URSSAF souhaite éviter les abus et les escroqueries, mais les conséquences peuvent être grave. Le bénévolat joue un rôle majeur dans notre pays et notre économie. Le remettre en cause serait dramatique pour de nombreuses personnes et pas seulement dans le milieu de la culture. Imaginez par exemple que l’URSSAF veuillent requalifier en salariés les bénévoles des Restos du Coeur...
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Vos commentaires
1. le date jour 14 juillet 2008 a date heure 10:17, par ?
Ca m’étonnerait beaucoup que l’équipe organisatrice de ce festival le fasse à titre bénévole car cela représente un travail à temps plein. Donc à partir du moment où ce festival sert directement l’intérêt de certains je ne vois pas pourquoi d’autres devraient apporter leur contribution à titre gracieux et bénévole. C’est trop facile au nom de la culture et du pseudo caractère non lucratif de cette asso de faire travailler des gens sans les payer.
le date jour 14 juillet 2008 a date heure 19:14, par Minima Moralia
Je trouve votre propos pour le moins tordu. Evidement que personne ne s’est fait tout seul. Vous même, croyez-vous que les seul fruits de votre travail ou de vos affaires suffisent à assurer votre confort ? D’ailleurs, les fourmis n’ont elles pas besoin parfois de cigales et inversement ? Il serait évidement préférable que chacun puisse, ici ou ailleurs, subvenir à ses besoins sans tirer profit de la bonne volonté de quiconque, mais il serait tout autant souhaitable que chacun puisse donner de son temps et de son énergie sans être obligé de la monnayer.
le date jour 17 juillet 2008 a date heure 21:38, par Totem
vous n’allez tout de même pas suggérer que les organisateurs du Court font leur beurre...il est bien évident qu’ils doivent gagner leur vie comme tout le mlonde mais admettez que des bénévoles (donc sans obligation) les aident sans que cela déclenche des contrôles assez inadmissibles.
le date jour 18 juillet 2008 a date heure 12:36, par ?
Dés qu’il y a rémunération ou défraiment il y a salaire ! Ce n’est pas l’emploi des bénévoles qui est en cause
le date jour 19 juillet 2008 a date heure 16:54, par LOL
Relisez attentivement le premier message en date du 14 juillet. Et redites nous ce qui est était alors explicitement "en cause" ? Ce genre de petit trucage manque pour le moins de tenue et de charme. Vous aurez beau replanter l’arbre ailleurs, vous ne cacherez pas la forêt...
le date jour 21 juillet 2008 a date heure 01:04, par ?
Bien évidemment que des tas de responsables associatifs font leur beurre en montant des asso bidon, raflant au passage beaucoup trop de subventions publiques, tout cela au nom de la culture et de l’intérêt général.
le date jour 26 juillet 2008 a date heure 21:16, par ?
200% d’accord avec toi.
le date jour 28 juillet 2008 a date heure 23:22, par ?
Ah la magie des chiffres ! Toujours très efficace !
2. le date jour 17 juillet 2008 a date heure 13:07, par ?
Que l’association "utilise" des bénévoles n’est pas répréensible mais qu’elle attribue des avantages en nature "repas" constitue un salaire qui doit être soumis à cotisations. Il ne faut pas condamner trop vite l’URSSAF sans connaitre la législation sociale et vouloir faire passer l’association et toutes les associations pour des victimes du droit !!!
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