Le blues d’un entrepreneur cantalien

Le Cantal, tout comme le reste de l’Auvergne, a besoin d’entrepreneurs. Pourtant, l’un d’eux parle sur son blog d’y rencontrer un écosystème négatif et de partir vers d’autres territoires moins hostiles...

vendredi 11 janvier 2008 | 1132 lectures
Auteurs
Bertrand

Clermontois et fier de l’être, j’ai conçu Cyberbougnat comme le webmag d’un clermontois pour les clermontois

Mots clés
Cantal - Economie - Emploi - Internet - Sébastien Pissavy

Elu auvergnat de l’année en 2000 et parfois surnommé le Bill Gates du Cantal Sébastien Pissavy est un entrepreneur qui réussi et a déjà créé beaucoup d’emplois à Aurillac avec JeuxVideo.com et l’Odyssée Interactive. C’est aussi un vrai amoureux de son Cantal, qui a choisi d’y vivre et d’y travailler. Il "l’exporte" à travers la boutique en ligne Testadaz dont nous avions parlé lors du lancement.

Mais cette semaine il a publié sur son blog un billet intitulé "Faut-il encore créer des entreprises dans le Cantal ?" et qui montre une vraie lassitude du milieu économique cantalien. Extraits :

"Aucun soutien de la part des institutionnels, aucun soutien de notre banque malgré de belles promesses en public, aucun soutien de la part de la presse (sauf Testu et Modergnat, merci à eux). Vous allez me dire : quand on crée une entreprise, il ne faut compter que sur soi-même, pas sur les autres. Moi je veux bien. Le problème c’est pas l’indifférence, c’est quand certaines personnes vous mettent sciemment des bâtons dans les roues. Là, ça devient forcément beaucoup plus dur.

Beaucoup de râleurs (mais pas nos clients heureusement) qui pensent que c’est pas bien de vendre sur internet, que c’est trop cher, que c’est trop bon marché, que c’est trop compliqué, qu’on concurrence untel ou untel, que le site est pas assez comme ceci ou comme cela, qu’on est des voleurs... Parfois même des menaces, voilées ou non... Des interlocuteurs qui refusent de nous vendre, d’autres qui nous dénigrent quand on a le dos tourné... Et plus récemment, 2 mini-articles de presse de caniveau (entre les avis d’obsèques et la photo des noces d’or de la famille Duchnoc, si vous voyez de quel "papier imprimé" je veux parler)...

Bref, un vrai panier de crabes ici. Un panier de crabes qui donne raison aux mauvaises langues qui répètent à qui veut l’entendre que certains cantalous sont aimables comme des portes de prison, et uniquement dotés d’un esprit étriqué ou malveillant."

Un constat sans appel et une conclusion sévère pour le Cantal :

"Je considère qu’il y a aujourd’hui dans le Cantal un écosystème néfaste pour créer son entreprise ici dès lors qu’on souhaite s’insérer dans le tissu économique local... Et encore, nous on fait dans l’internet, je n’imagine même pas si on avait lancé un commerce physique ! Tiens, d’ailleurs, regardez vous-mêmes : observez les entreprises cantaliennes qui marchent bien. Elles sont toutes tournées vers l’extérieur et n’ont souvent ni gros client ni fournisseur important en local... [...] N’étant pourtant pas un adepte des exploits répétés et des challenges impossibles, il se pourrait que Testadaz amorce prochainement un virage qui nous amène dans des territoires un peu moins hostiles au commerce et à l’économie."

Une prise de position qui me rappelle ce qu’il nous disait en 2005 lors du lancement de Testadaz : "J’aime la prise d’initiative, les gens qui ont une vision optimiste et entreprenante de leur Cantal et qui se bougent pour le faire vivre. J’aime les dizaines de petits producteurs cantalous qui ne ménagent pas leur peine pour fournir des produits extraordinaires (mais malheureusement pas assez connus).[...]A l’opposé, je n’aime pas le Cantal qui se replie sur lui-même, qui a peur de l’avenir, le Cantal frileux qui se dépeuple faute d’avoir su créer les emplois dont nos jeunes ont besoin."

Dans sa situation économique et démographique, le Cantal peut-il se permettre de dégouter les entrepreneurs créateurs de richesse, d’emploi et qui sont les personnes essentielles pour l’avenir du département ? Assurément pas...

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