Par Bertrand le 18 juin 2008

Dominique Schmitt a annoncé ce matin lors de la session publique du Conseil générale qu’il refusait l’autorisation concernant la construction et l’exploitation de l’incinérateur Vernea prévu aux portes de Clermont-Ferrand. Pour justifier sa décision, le préfet a notamment évoqué le surdimensionnement du projet prévu par le Valtom en charge de l’application du schéma départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés, et par Vernéa (filiale de Suez) qui avait répondu à l’appel d’offres.
Le préfet a aussi invité le conseil général à réviser son plan d’élimination, tout en précisant que s’il autorise l’extension du CET de Puy-Long, il refuse la création d’un nouveau centre d’enfouissement technique (CET) prévu sur la commune de Montcel.
Dans un communiqué de presse (PDF), Serge Godard estime que « ces décisions relèvent du bon sens, de la sagesse, du respect de la démocratie et de l’intérêt général, en prenant en compte l’avis de la population et des élus directement concernés. » Pour le maire de Clermont-Ferrand, « l’extension du CET de Puy-Long, portée par Clermont Communauté va permettre de mettre en oeuvre, d’ici à 2014, le projet global de valorisation et de recyclage des matières en conformité avec les préconisations du grenelle de l’environnement. »
Serge Godard indique aussi que « l’agglomération clermontoise participera ainsi activement à la révision du plan départemental de gestion des déchets dans lequel chaque territoire, selon ses spécificités, disposera d’une solution adaptée à ses besoins. »
La décision du préfet concernant l’incinérateur Vernéa à Puy-Long était attendue depuis plusieurs semaines et même mois. L’an dernier Dominique Schmitt avait décidé d’attendre le Grenelle de l’environnement, puis avait organisé un Grenelle local sur le sujet dont les opposants au projet étaient ressortis plutôt furieux.
Cette décision est une bonne nouvelle pour les opposants au projet d’incinérateur mais repose la question du traitement des déchets pour Clermont-Ferrand et le département du Puy-de-Dôme. Clermont Communauté avait présenté le pôle de valorisation Ophrys et Jean-Yves Gouttebel attendait un rapport de la Commission de suivi du plan départemental d’élimination des déchets avec de lancer une éventuelle révision du Plan départemental d’élimination et de traitement des déchets réclamée par beaucoup.
Cette décision du préfet est aussi un large désavoeu pour le Valtom qui vient de reconduire son président André Gay à sa présidence. Ce dernier s’était présenté comme « le candidat pour conduire le projet d’incinérateur et qu’il aille a terme. »
Mieux vaut tard que jamais ! Une question reste cependant en suspens : pourquoi tant de déchets et pour quels bénéfices au final ?
La réponse à ce problème global est la condition nécessaire (mais pas forcément suffisante) pour trouver une solution locale satisfaisante.
Ce n’est évidement pas celle que se posent les différents opérateurs privés se partageant le marché du traitement des déchets. On aurait tort de faire comme si de rien n’était.
Les Porte parole de 531 médecins de l’agglomération clermontoise opposés à l’implantation d’un incinérateur d’ordures ménagères au centre de l’agglomération de Clermont-Ferrand, les docteurs CALUT, CHIAPPONI, LAFFONT et LAVIGNON.
La santé n’est ni de Droite ni de Gauche. Motivés par des seules considérations de santé publique et de prévention sanitaire, les médecins de l’agglomération clermontoise se sont engagés contre la construction d’un incinérateur d’ordures ménagères (IOM) dans la cuvette clermontoise.
L’engagement annoncé du Conseil général dans l’élaboration d’un Agenda 21 puydômois souligne sa volonté d’aménagement et de développement durables.
Il n’y a pas de santé durable sans développement durable.
L’indispensable révision du plan départemental d’élimination des déchets et assimilés excluant l’incinération permettra l’évolution vers l’écocitoyenneté et la mise en place des solutions alternatives du 21ème siècle respectueuses de la santé et l’environnement.
Les connaissances scientifiques ont évolué depuis l’établissement du plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés (PDEDMA) 1995 révisé 2002, qui prévoyant un IOM, est en contradiction avec les principes mêmes du développement et de santé durables.
En mars 2008 l’Institut national de Veille Sanitaire ( InVS ) souligne en effet dans ses conclusions définitives une augmentation considérable du risque de développer certains types de cancers (lymphomes, myélomes, sarcomes des tissus mous, sein) à proximité des incinérateurs.
L’InVS précisant que cette étude ne permet pas d’incriminer un polluant particulier et qu’à notre connaissance, aucune preuve scientifique indiquant que chez l’homme, les dioxines sont à l’origine des lymphomes, des myélomes, des sarcomes du tissus mous retrouvés en surnombre à proximité des incinérateurs de déchets ménagers nous soulignons avec force que l’affirmation « la mise aux normes des incinérateurs pour les dioxines évitera l’apparition des cancers » relève de l’imposture médicale et scientifique.
L’incidence élevée des cancers à proximité des incinérateurs d’ordures ménagères ne peut s’expliquer que par la présence d’autres substances CMR (Cancérigènes, Mutagènes, Reprotoxiques ) produites par la combustion des déchets ménagers.
Les médecins de l’agglomération clermontoise ne souhaitent pas le déplacement de l’IOM vers un autre site du département pour des raisons de morale et d’éthique médicale car c’est bien la combustion qui fait que l’incinération est plus à risque de toutes les autres méthodes d’élimination des déchets.
Nous avons entendu le 25 octobre 2007 Monsieur Nicolas SARKOZY, Président de la République : « Notre ambition [...] ce n’est pas d’être dans la moyenne. Notre ambition c’est d’être en avance, d’être exemplaire. » et Monsieur Jean-Louis BORLOO, Ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables le 2 février dernier : « il faut désormais regarder toutes les alternatives sereinement… ».
Aux femmes et aux hommes politiques de Droite et de Gauche d’avancer ensemble pour voir le Puy de Dôme être exemplaire et en avance.
N’oublions pas de créer un Registre des cancers dans le Puy de Dôme. Cet outil, nécessaire à l’étude de toute incidence de procédés industriels toxiques sur la santé humaine, est du ressort de Monsieur le Préfet de la région Auvergne.