Par Bertrand le 5 septembre 2008
Dans son édition de mercredi 3 septembre, le Canard enchaîné revient sur le séminaire ministériel commun de Brice Hortefeux et Fadela Amara cet été à Thuret. Un château dont le propriétaire a été mis en examen, entre autre, pour travail clandestin...
Le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire et la secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la ville ont conjointement animé, les 22 et 23 août dernier, un « séminaire ministériel » au château de La Canière à Thuret (Puy-de-Dôme). Mais le détail qui intéresse le Canard n’est pas le contenu du séminaire mais le lieu et son propriétaire.
Le séjour au château de la Canière, qui s’affiche comme « le plus beau quatre étoiles, le plus raffiné de la région », aurait ainsi coûté 20 000 euros pour une quarantaine de convives. Mais surtout le gérant de la Canière a été mis en examen pour travail illégal, travail dissimulé et abus de biens sociaux.
Le Canard enchaîné donne ensuite les détails de l’affaire :
Au printemps dernier, pour « rafraîchir » l’imposante demeure du XIXème siècle, ses 47 chambres (de 90 à 525 euros la nuit), son restaurant de 70 couverts et son parc de 8 hectares, le tenancier a fait appel à un bataillon d’une trentaine d’ouvriers polonais. Tous employés au noir, payés en liquide. « Lorsqu’ils l’étaient ! précise un enquêteur, pour moi, ce sont des esclaves. »
Les travailleurs clandestins ont été priés par la gendarmerie locale d’aller se faire exploiter au-delà des frontières de l’Hexagone. Le gérant, lui, a été placé en garde à vue, puis en détention provisoire, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire, moyennant – tout de même – une caution de 150 000 euros. La justice soupçonne aussi l’utilisation d’argent d’origine douteuse. Chez les enquêteurs, on ajoute : « C’était étonnant de voir M. Hortefeux et Mme Amara venir au château. L’un et l’autre ne pouvaient pas ne pas être au courant des investigations en cours. » L’enquête est en effet ouverte au tribunal de Riom depuis début 2008 : « La Chancellerie est donc naturellement au courant, la préfecture aussi. »
Le journal rappelle au passage que la restauration du château s’est faite en partie, aux frais des contribuables auvergnats :
Le conseil régional a décidé, en avril 2006, de financer la rénovation de l’édifice à hauteur de 110 000 euros. Il a également accordé au gérant deux « avances remboursables ». l’une de 45 000 euros, l’autre de 42 600. Des subventions votées par Brice Hortefeux, conseiller régional non clandestin.
Les deux aspects ne sont pas réellement liés entre eux mais permettent de poser la question : l’abus de bien sociaux concernait-il des travaux financés par les aides locales ? Et si tel était le cas, les collectivités et donc les auvergnats peuvent ils se faire "rembourser" ?
Encore une fois les contribuables auvergnats apprécieront l’usage qu’il est fait de leurs deniers par le Conseil Régional. Ceci s’ajoute aux 700.000€ donnés à une association filiale de Limagrain favorisant les OGM, et donc du transfert de fonds publics à la recherche privée. Heureusement que ce Conseil Régional est "socialiste" car, s’il était UMP, qu’en serait-il alors ? Exigeons la récupération des financements publics ainsi galvaudés et organisons un contrôle plus démocratique de leur attribution en fonction des intérêts et des besoins véritablement collectifs des auvergnats.La Montagne ne manquera sans doute pas de livrer un complément d’enquête suite au publi-reportage qu’elle avait effectué cet été sur Le Château de la Canière et son sympathique propriétaire !
Je ne vois pas ce qu’il y a de génant à ce que des fonds publics financent de la recherche privée. Je dirais même que c’est un excellent emploi de l’argent public, dans le sens où il s’agit d’investissements de long terme, garants de la croissance de demain. C’est d’ailleurs le principe de programmes européens comme le PCRD. Concernant Céréales Vallée, on ne peut que constater l’indigence des crédits que l’Etat affecte aux pôle de compétitivité en général.
La parenthèse vous aura fait rebondir et le sujet semble vous convenir. Dès lors, peut-on avoir votre avis "libéral décomplexé" sur le sujet qui précisément nous préoccupe ?
Dans cette affaire, trouvez-vous que le soutien à l’économie locale aura été à la hauteur ? Dans le cas de cet entrepreneur, peut-on imaginer d’autres solutions performantes pour l’aider à redresser durablement son entreprise ? Le gouvernement doit-il aller encore plus loin ? Peut-on concevoir, par exemple, un Conseil des Ministre dans ce Château ? Une fois devenu patrimoine inaliénable de tous les auvergnats, une réévaluation conséquente de ce bien vous semble-telle envisageable ?
Je ne vois pas trop où vous voulez en venir. Juste pour votre gouverne, ce que j’ai dit n’est pas du tout libéral décomplexé, mais au contraire très interventionniste. Quant à ce chateau, peu importe. Je parlais de la question des fonds publics dans la recherche privée.
Prenons acte de cet interventionisme plutôt décomplexé.
Comment "peu importe" ? Vous avez cliqué sur cet article par hasard ?
Cette réaction est tout simplement pitoyable. Reprendre, dans un objectif de politique politicienne, un refrain du type "ce CR est incompétent car de gauche" alors que, dans le même temps, M. Hortefeux et sa clique ont également voté ces subventions, c’est faire preuve d’une mauvaise foi comme seul les neo-cons et apparentés savent le faire. On peut être partisan, mais certaines fois il faut quand même savoir faire preuve d’un minimum d’honnêteté intellectuelle. Sans rien connaître d’autre à cette histoire que ce qui est dit sur cyberbougnat, je suis dejà en mesure de pouvoir dire que, si la droite comme la gauche ont voté des subventions pour la rénovation de ce château, c’est qu’il y a eu concensus. Donc probablement que ce château est digne d’intérêt historique et donc pour le patrimoine auvergnat. Donc qu’on accorde des subventions à son propriétaire pour le rénover ne me choque pas du tout. Ce qu’il fait de l’argent qu’on lui donne, ce n’est pas la faute du CR (droite et gauche comprise). Mais cela doit être contrôlé (par des hommes de droite comme de gauche)... Ce qui visiblement a été fait puisque le Monsieur se retrouve en liberté surveillée (donc jusque là ni les hommes de gauche comme de droite n’ont failli). Le CR va certainement se porter partie civile dans cette affaire pour demander des comptes à ce "brave homme". A la limite, ce qui est choquant c’est que M. Hortefeux et sa chère Fadela sont allés séjourner dans ce château alors qu’eux avaient pleine connaissance des agissements du propriétaire (puisque c’était après la mise en examen). Ce qui est encore plus choquant, c’est la position occupé par M. Hortefeux au gouvernement ou les prises de positions politiques que Mme Amara avaient traditionnelement. Enfin bon, c’est vrai que, quand on peut avoir l’occasion de séjourner au frais de la princesse dans un grand et beau château, on n’est pas forcément regardant sur le pédigrée du propriétaire des lieux.
PS : M. Clavier ferait peut etre mieux de s’en retourner à ses films car, visiblement, les discussions, où il faut essayer de comprendre ce que dit son interlocuteur, sont un peu trop compliquées pour lui. Vous tombez faux à chaque fois par rapport à ce qu’a dit Sireneli et dans un style assez agressif de surcroit.
Sans agressivité aucune, permettez moi de vous remercier de ce si sympathique renvoi dans les cordes.
Ps : Je ne crois tomber si faux en rappelant qu’entre l’interventionnisme et le libéralisme, il y a désormais comme l’épaisseur d’un papier à cigarette. Disons qu’en ce domaine, les temps seraient plutôt à la désinhibition !