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Dans son édition de mercredi 3 septembre, le Canard enchaîné revient sur le séminaire ministériel commun de Brice Hortefeux et Fadela Amara cet été à Thuret. Un château dont le propriétaire a été mis en examen, entre autre, pour travail clandestin...
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Le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire et la secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la ville ont conjointement animé, les 22 et 23 août dernier, un « séminaire ministériel » au château de La Canière à Thuret (Puy-de-Dôme). Mais le détail qui intéresse le Canard n’est pas le contenu du séminaire mais le lieu et son propriétaire.
Le séjour au château de la Canière, qui s’affiche comme « le plus beau quatre étoiles, le plus raffiné de la région », aurait ainsi coûté 20 000 euros pour une quarantaine de convives. Mais surtout le gérant de la Canière a été mis en examen pour travail illégal, travail dissimulé et abus de biens sociaux.
Le Canard enchaîné donne ensuite les détails de l’affaire :
Au printemps dernier, pour « rafraîchir » l’imposante demeure du XIXème siècle, ses 47 chambres (de 90 à 525 euros la nuit), son restaurant de 70 couverts et son parc de 8 hectares, le tenancier a fait appel à un bataillon d’une trentaine d’ouvriers polonais. Tous employés au noir, payés en liquide. « Lorsqu’ils l’étaient ! précise un enquêteur, pour moi, ce sont des esclaves. »
Les travailleurs clandestins ont été priés par la gendarmerie locale d’aller se faire exploiter au-delà des frontières de l’Hexagone. Le gérant, lui, a été placé en garde à vue, puis en détention provisoire, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire, moyennant – tout de même – une caution de 150 000 euros. La justice soupçonne aussi l’utilisation d’argent d’origine douteuse. Chez les enquêteurs, on ajoute : « C’était étonnant de voir M. Hortefeux et Mme Amara venir au château. L’un et l’autre ne pouvaient pas ne pas être au courant des investigations en cours. » L’enquête est en effet ouverte au tribunal de Riom depuis début 2008 : « La Chancellerie est donc naturellement au courant, la préfecture aussi. »
Le journal rappelle au passage que la restauration du château s’est faite en partie, aux frais des contribuables auvergnats :
Le conseil régional a décidé, en avril 2006, de financer la rénovation de l’édifice à hauteur de 110 000 euros. Il a également accordé au gérant deux « avances remboursables ». l’une de 45 000 euros, l’autre de 42 600. Des subventions votées par Brice Hortefeux, conseiller régional non clandestin.
Les deux aspects ne sont pas réellement liés entre eux mais permettent de poser la question : l’abus de bien sociaux concernait-il des travaux financés par les aides locales ? Et si tel était le cas, les collectivités et donc les auvergnats peuvent ils se faire "rembourser" ?
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