Par Bertrand le 29 août 2008

Jean-Hugues Bourgeois ne pensait sûrement pas que cela irait si loin. Depuis son arrivée en janvier dernier à Teilhet, hameau de 294 habitants dans le canton de Menat dans les Combrailles, cet éleveur bio ovin et caprin originaire des Hautes-Alpes, doit faire face aux pires menaces. Dans la nuit du 31 mars au 1er avril le meurtre des ses chèvres est accompagné d’une message explicite : "La Bauge aux paysans. Va-t-en !"
S’en suivent des sabotages, des machines cassées, des pneus crevés et une campagne de dénigration dans le village. Avec ses boucles d’oreille et des tatouages on l’accuse d’être un criminel qui plante du cannabis, que sa mère a couché avec le propriétaire pour avoir la ferme ou qu’il a lui même tué ses chèvres pour toucher les assurances. Malgré ses diplômes de Marmilhat et sa présence dans la région depuis 4 ans il reste l’« étranger ».
Mais le pire est à venir. Début août son bâtiment et sa voiture, située 20 mètres plus loin, sont incendiées puis il retrouve une lettre de menaces de viol envers sa fille de 8 ans et sa compagne. Ne ne sentant pas à même d’assurer la sécurité de sa fille, il l’a éloigné et ne fera pas la rentrée. Et lui vit dans la peur permanente.
Le cœur de cette histoire est sûrement une question de terres agricoles et de jalousie comment les campagnes en ont beaucoup connu. L’agriculteur qui lui loué ses 50 hectares l’avait d’ailleurs prévenu que "cela allait grincer des dents" mais comment imaginer une telle escalade et surtout une telle violence.
L’information d’abord révélée par Le Paysan d’Auvergne puis La Montagne a ensuite été traitée par Le Post qui a interviewé Jean-Hugues Bourgeois. Les commentaires à la suite de cet article y sont nombreux et pas tendres, avec le monde rural surtout, pour notre région un peu aussi. Ainsi, pour Freddosan « le monde agricole agricole n’est pas sinistré, il est sinistre » alors que Marganema témoigne : « je vis dans un milieu rural, très rural même (Drôme), mais heureusement, on est pas archaïque de cette manière... »
Archaïque le mot est lâché mais semble plus viser la campagne en général que le Puy-de-Dôme. Ainsi pour maumau la campagne est loin d’être idyllique : « Je suis né, vis à la campagne et n’ai jamais cru que le monde rural était angélique, bucolique, bien au contraire, tout ce qui est nouveau, inhabituel est suspect pour les autochtones. C’est la politique de la porte fermée à double tour, la peur de celui que l’on ne connait pas, le couvre-feu dans les villages à 19 heures, la rentabilité à tout prix, l’élevage, la culture intensive, la chasse entre initiés, des clans tous comptes faits... »
Cependant quelques commentaires ciblent plus particulièrement la région. Si pour Jipe78680 cette histoire c’est « Jean de Florette version "Auvergne profonde" » d’autres sont plus incisifs. Natachachabada ne garde ainsi pas une bonne image du département : « Le Puy-de-Dôme je connais j’y passais des vacances très souvent depuis des années... le jour où j’ai voulu acheter une grange avec un bout de terrain... Holà ! Il jouxtait celui de l’aubergiste, si par malheur une maisonnette s’y construisait ! Mais le village n’aurait plus eu de vue ! Urgence : réunion du conseil municipal ! Niet niet et niet ! J’ai téléphoné à la DDE mais le conseil municipal a du poids ! Oui, ils se bouffent entre eux et l’étranger que nenni, même Français, il ne faut pas l’intégrer. » Un argument que l’on retrouve aussi sur le forum de France 3, qui a aussi diffusé un reportage, à travers le commentaire de jlautour « je suis resté dix ans dans cette région et ça ne m’étonne pas,les agriculteurs ne veulent pas évoluer et ils refusent tout ce qui n’est pas de chez eux. »
Même la rivalité locale ressort légèrement avec le commentaire de titi03 : « Il aurait mieux fait de choisir l’Allier, nous sommes de loin plus accueillants. »
Certains commentaires défendent aussi la campagne et la région à l’image de Marie-Laure : « J’habite le Puy-de-Dôme (de chez mes parents où je suis née et de chez moi - je suis à moins de 10 kms de Teilhet).(...) J’habite cette "France profonde", ces "contrées perdues", et je peux affirmer que certains paysans peuvent être parfois arriérés sur certaines choses, méfiants aussi. (...) Mais, s’il vous plait, STOP aux idées reçues sur le mode de vie des "campagnards". On est comme tout le monde, on bosse, on sort, on voit du monde, on a des idées (bonnes ou mauvaises, mais on en a), on est propre, on mange proprement (et nous au moins on a la chance de pouvoir manger des produits SAINS et de pouvoir respirer un air SAIN), on entretient nos maisons (intérieur et extérieur). »
Et finalement nous terminerons sur l’avis de Baba Yaga qui résume assez bien les choses : « petite-fille de paysans auvergnats, ce n’est pas d’habitude de cette manière qu’on accueille les gens. Il y a beaucoup d’étrangers (hollandais) qui vivent là bas et qui sont heureux. Mais il y a des tarés partout. »
Voilà une histoire qui est plus que navrante et souhaitons à cette famille de retrouver rapidement la tranquillité et qu’elle puisse rapidement vivre et travailler comment elle le souhaite.
Correctif : le cas de Jean-Hughes Bourgeois a d’abord été révélé par Le Paysan d’Auvergne
Photo caramel
Un peu plus près du sujet.
avec un éclairage sur les questions d’instalation
je voudrais m’adresser aux habitants de Teilhet qui souffrent en ce moment d’être assimilé à un abruti ou au pire à une poignées d’abrutis... ! Il faut qu’ils se désolidarisent rapidement de ces crétins. ce ne sera pas une trahison de leur camp comme ils le croient (peut-être) mais une délivrance et rien n’est plus agréable et jouissif que d’aider la justice à éclater et à pietiner les mesquins petits et laches qui nous gachent la vie.
Un peu de courage videz l’abcés !