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feuilleton judiciaire

Etre et Avoir à nouveau devant les tribunaux

Par Bertrand le 24 mai 2004

Le succès du film Etre et Avoir tourné dans la région suscite des envies. Après l’instituteur, c’est au tour des familles des enfants de demander leur part du gâteau.

Le film qui raconte l’histoire de la classe unique de M. Lopez dans le petit village de Saint-Etienne-sur-Usson (Puy-de-Dôme) a connu un franc succès dans les salles. "Etre et avoir" avait attiré 1,8 million de spectateurs en France, gagné le prix Louis Delluc et remporté un vif succès au festival de Cannes 2002.

Mais la belle histoire entre le cinéma et cette classe unique tourne à la bataille judiciaire, un véritable feuilleton qui viendrait prouver que l’Auvergnat est près de ses sous, ou en tout cas attiré par ce qui brille.

C’était d’abord l’instituteur Georges Lopez qui avait ouvert le bal mais il a été débouté en avril dans sa demande de 22 500 € pour sa contribution à la promotion du film. Le tribunal de grande instance de Paris doit encore trancher en juin sur les 250 000 € qu’il exige pour sa participation au tournage.

Documentaire ou film de cinéma ?

C’est désormais au tour de sept des neuf familles des enfants du film d’assigner devant le tribunal de grande instance de Paris le réalisateur, les diffuseurs et les producteurs du film à qui elles reprochent de ne pas avoir tenu leurs engagements.

L’argument principal serait que le documentaire n’en serait pas tout à fait un. « Le projet a évolué au fil du tournage. (...) D’un documentaire au départ, le film a été transformé en tout autre chose. (...) Philibert provoquait de nombreuses scènes et demandait expressément aux élèves et à l’instituteur de se comporter de telle ou telle façon. ». Même les taches de peintures sur les mains de Jojo auraient été amplifiées pour les besoins de l’affiche.

Les parents d’élèves reprochent ensuite à la production d’avoir utilisé des images de la présentation du film à Cannes dans un DVD vendu en bonus d’un numéro spécial de Télérama sur le film, comme l’explique Michel Pontet, l’un des parents : « La production nous avait dit de ne pas prendre de caméscope et d’appareil photo pour notre voyage à Cannes. Ils nous ont dit que ces images devaient être exclusivement pour nous. Un film que l’on garderait en souvenir. ».

Part du gâteau

Mais il est difficile d’imaginer que cette nouvelle demande ne soit pas liée à l’énorme succès commercial du film. Les familles demandent d’ailleurs des comptes précis sur les gains financiers du film, et les 20.000 euros demandés pour chacun des enfants, ne le sont qu’au « titre de provision à valoir sur la réparation intégrale du préjudice ».

Même si les familles s’en défendent, l’appât du gain semble bien motiver en partie la demande. Valérie Ronches, mère de deux des jeunes acteurs n’a-t-elle pas ainsi déclaré : « Au départ, on nous a présenté le film comme un documentaire. On se retrouve avec un film de cinéma qui a commercialement très bien marché. En retour nous n’avons rien eu ». Affaire à suivre...

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