Par Bertrand le 13 décembre 2007
L’INSEE a publié son analyse de l’attrativité démographique de l’Auvergne. Si globalement elle s’est renforcée, le départ des jeunes célibataires et diplômés reste le point faible de notre région.
L’Auvergne est attractive ! C’est l’INSEE qui le dit dans sa lettre de décembre 2007 qui analyse les flux de population entre l’Auvergne et le reste de notre pays et du monde. En 2005, notre région compte ainsi 97.900 nouveaux habitants qui n’y résidaient pas cinq ans auparavant. De plus le flux migratoire est positif vis-à-vis des autres régions métropolitaine avoisine les 15.000 personnes, soit tout de même l’équivalent d’une ville de la taille d’Issoire.
En 2005, les gains annuels de population dus aux migrations situent ainsi l’Auvergne au 10ème rang des 22 régions métropolitaines, soit trois places de mieux qu’à la fin des années quatre-vingt-dix. Les taux d’entrée et de sortie sont similaires à ceux des régions Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Pays de la Loire et Bretagne. Proportionnellement à sa population, l’Auvergne est même désormais plus attractive que les régions Rhônes-Alpes, Centre et Alsace.
Contrairement à une idée reçue, notre région n’attire pas seulement des séniors. En volume, l’excédent migratoire est supérieur chez les actifs et en particulier les familles. L’Auvergne attire ainsi les familles qui s’installent avec leurs enfants ce qui a pour effet de compenser la faible natalité auvergnate.
Toutefois, cette progression globale ne doit pas occulter le départ des forces vives de notre région. Ainsi 35% des échanges migratoires concernent les jeunes de 18 à 29 ans. Malheureusement pour cette tranche d’âge vitale pour l’avenir démographique et économique de l’Auvergne, le solde migratoire est négatif et se creuse avec des taux annuels d’entrée qui progressent moins vite que les taux de sortie.
L’Auvergne parvient bien à attirer de jeunes Rhônalpins mais Paris continue à aimanter de nombreux jeunes auvergnats, et en particulier les jeunes diplômés. Ainsi, le solde migratoire est négatif pour les jeunes actifs possédant un diplôme de 2ème ou 3ème cycle. Si notre système productif important est un véritable atout pour l’attractivité, l’Auvergne n’offre pas de débouchés suffisants pour ses jeunes cadres diplômés dans les domaines juridiques, comptables ou d’ingénierie.
Géographiquement, c’est avec l’Île-de-France et Rhônes-Alpes que les échanges sont les plus importants. Rhônes-Alpes concentre 25% des échanges (entrées et sorties) touchant l’Auvergne, alors que l’Île-de-France canalise 17% des flux. C’est bien entendu la proximité qui explique ce chiffre. La surprise vient du solde excédentaire avec Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le solde migratoire avec cette région est positif et 10% des séniors nouvellement arrivés en Auvergne viennet de cette région.
Par contre, l’attractivité de notre région est très limitée à l’étranger. L’Auvergne a accueilli seulement 1% des immigrés nouvellement installés en France métropolitaine soit la part la plus faible des régions françaises avec le Limousin et la Corse. Contrairement au Limousin, l’Auvergne n’a pas eu les faveurs des Britanniques mais est la première région française pour l’accueil des ressortissants des Pays-Bas et reste très attractive pour le Portugal.
L’étude confirme un regain attractif de l’Auvergne depuis la fin des années 1990 mais qui n’est toutefois pas suffisant. En effet, en Auvergne le nombre de décès est supérieur au nombre de naissances et m’excédent migratoire est donc le seul moteur de la croissance démographique auvergnate. Pourtant en 2015, le niveau actuel des migrations ne serait plus suffisant pour contrecarrer le déficit naturel. Il faut donc poursuivre le développement de l’attractivité de la région et
En voilà des bonnes nouvelles ! J’ai l’impression qu’en ce qui concerne l’Auvergne, les démographes de l’INSEE font toujours des projections pessimistes qui sont souvent démenties. Tant mieux. Cela dit, c’est clair qu’il y a un problème sur les étudiants qui quittent Clermont. Il peut y avoir certes un manque de débouchés, mais je pense aussi que les établissements d’enseignement supérieur ne sont pas assez proches des entreprises... Vaste débat !