Par Bertrand le 18 mars 2008

Si on dit que les élections cantonales constituent la mesure la plus fiable du rapport droite-gauche dans notre pays, la situation du Parti socialiste du Puy-de-Dôme semble tout à fait en rapport avec les querelles qui divisent publiquement le parti régulièrement au plan national.
Comme le PS national se retrouvait avec trois candidats pour les présidentielles, le PS local a enregistré trois candidatures pour la président du Conseil général et affiche clairement ses divisions. A la différence près que le gagnant de la confrontation sera lui en principe certain d’être élu...
Conformément au statuts du PS, les militants devront désigner aujourd’hui et demain qui sera le nouveau président du Conseil général dans ce que l’on pourrait appeler le troisième tour des cantonales. Jean-Yves Gouttebel, président actuel, se verrait bien rester à son poste et ne voit d’ailleurs pas vraiment pourquoi il le quitterait. La coalition de gauche a d’ailleurs encore un peu plus augmenté son emprise sur le département avec désormais 50 conseillers répartis entre le PS et le PC contre 46 avant dimanche. Bertrand Pasciuto, président du groupe à l’assemblée départementale, rappelait ainsi dimanche soir que Jean-Yves Gouttebel les avait conduit à la victoire.
Les deux autres candidats contestent bien entendu cette vision des choses : la sénatrice Michèle André et Alexandre Pourchon, réélu dans le canton nord de Clermont-Ferrand dès le premier tour. Difficile toutefois de dire de l’extérieur pour nous simple citoyen ce que l’on reproche finalement à Jean-Yves Gouttebel. Alexandre Pourchon avait profité du débat sur le petit train pour sortir du bois, alors que Michèle André souhaite "harmoniser l’équipe départementale" mais après ?
Jean-Yves Gouttebel peut revendiquer le soutien d’entre 25 et 30 des 44 élus du groupe. Pas mal pour quelqu’un décrié pour "son autoritarisme et sa manière de ne pas prendre en compte les idées du groupe socialiste" ! D’autres élus se sont positionnés en faveur de Michèle André dont Serge Godard. La sénatrice présidait son comité de soutien mais Jean-Yves Gouttebel a apporté plusieurs fois son soutien au maire de Clermont-Ferrand.
François Hollande est suffisament inquiet de la situation pour avoir demandé l’apaisement dans une lettre envoyée aux candidats. Le premier secrétaire demande aussi le respect strict de la procédure : les 2200 militants de la fédération du Puy-de-Dôme doivent trancher et les candidats se plier au vote. Pierre Sabatier, premier secrétaire fédéral, a d’ailleurs rappelé que "tout candidat qui passerait outre au choix des militants sera suspendu voir exclu". Mais peut-on vraiment parier sur l’exclusion du président du Conseil général ou de la vice-présidente du Sénat... ?
Cette cacophonie ne fait en tout cas pas honneur au PS et ses élus qui feraient mieux de travailler pour les puydomois !
Mise à jour de mercredi : Jean-Yves Gouttebel est arrivé en tête mais le report des voix d’Alexandre Pourchon vers Michèle André pourrait faire basculer l’équilibre lors du second tour ce soir. Détails
Mise à jour de jeudi : Avec 50,74 des voix, Michèle André a été désignée mercredi soir comme candidate officielle par la militants. L’assemblée départementale élira son président et son exécutif ce jeudi à 15h. Détails
C’est clair que ce débat ne glorifie guère nos édiles...
Quelques réflexions me viennent :
Est-il bon ou est-il grave que les militants PS désignent le président du CG plutôt que ce soit les élus socialistes qui le fasse ?
A priori il y a un risque que nos élus soient en désaccord avec les 2200 adhérents du PS et dans ce cas la démocratie sera court-circuité par ces "grands électeurs" auto-désignés...
Il m’a semblé comprendre sur France 3 que l’on reproche à Gouttebelle son manque de transparence et que celui-ci reproche à ses adversaires d’être des corrompus, ou des corruptibles en puissance.
Si cela est vrai c’est très grave et il serait bon que nous sachions de quoi il retourne exactement... Cela regarde le peuple électeur, pas seulement les adhérents du PS !
Si il n’y a rien de grave à reprocher à nos élus, alors il faut en conclure que les candidats actuels se battent pour exercer un pouvoir, sans beaucoup de considération pour la chose commune, mais plutôt pour leur place et leur avenir personnel, ce qui me choque profondément.
Bref, je suis interloqué, amusé et écœuré à la fois par ce débat en cours... Mais je n’y vois pour l’instant rien qui m’intéresse en tant que puydomois électeur.